La Convention internationale sur les droits de lenfant reflète, dans ses différents articles, deux grands principes : lintérêt supérieur de lenfant et la non-discrimination. Dans lintérêt supérieur de lenfant, elle garantit à celui-ci le droit dexprimer ses opinions, de jouir de la liberté de conscience et de participer activement à la vie de la communauté à travers la liberté dexpression et dassociation. Cest surtout par le biais de léducation quune attitude de participation sociale peut être développée chez lenfant pour quil soit préparé à exercer ces droits et à devenir un citoyen actif et responsable.
Quant à la non-discrimination, elle signifie que tout enfant, quels que soient sa nationalité, sa race, son sexe ou son groupe socio-économique, a droit à une éducation complète. Tous les enfants ont besoin de recevoir une éducation afin de pouvoir jouir pleinement des droits fondamentaux cités dans la Convention: droit à une identité, à une nationalité, à un nom et à des relations familiales; droit à la protection et à laide humanitaire, à des services médicaux, à la protection contre le travail des enfants ou toute autre forme dexploitation ou de mauvais traitement; droit aux loisirs et aux activités récréatives, etc. Léducation libère et responsabilise. Elle apporte la connaissance et permet aux citoyens de contribuer de façon efficace à la société à travers tous les aspects de leur activité. Droit fondamental, elle doit être une priorité politique et budgétaire. Cest en effet seulement grâce à léducation de sa population quun pays peut assurer à long terme son développement intégral, endogène et durable et humain. Si de nombreux textes normatifs font mention de lenfant, seule la Convention énonce dans le détail tout un ensemble de normes concernant les droits à la survie, à la protection, au développement et à la participation des enfants au sein de la collectivité humaine. Dans les domaines de léducation et de la culture, elle reprend et étend des droits déjà énoncés. Certains articles se situent naturellement dans le droit fil de laction de lUnesco - sagissant, par exemple, de laccès à léducation, de lenseignement des droits de lhomme, des droits des minorités culturelles et de la pratique éducative en général. Si nous pensions toujours à lenfant à propos des droits de lhomme, nous aurions sans doute des réactions, des attitudes, des jugements et des souhaits différents. Nous serions sans doute plus près de la simplicité, du concret, de la tendresse. En cette année du 10e anniversaire de la Convention, cest un voeu que jajoute à tous les autres, dans lespoir que le monde se fasse plus accueillant, plus juste, plus humain. Federico Mayor. Directeur général de lOrganisation des Nations unies pour léducation, la science et la culture (Unesco), Paris, novembre 1999.
|