Message Federico Mayor


Droits de l'enfant
F. MayorLa Convention internationale sur les droits de l’enfant reflète, dans ses différents articles, deux grands principes : l’intérêt supérieur de l’enfant et la non-discrimination. Dans l’intérêt supérieur de l’enfant, elle garantit à celui-ci le droit d’exprimer ses opinions, de jouir de la liberté de conscience et de participer activement à la vie de la communauté à travers la liberté d’expression et d’association. C’est surtout par le biais de l’éducation qu’une attitude de participation sociale peut être développée chez l’enfant pour qu’il soit préparé à exercer ces droits et à devenir un citoyen actif et responsable.

Quant à la non-discrimination, elle signifie que tout enfant, quels que soient sa nationalité, sa race, son sexe ou son groupe socio-économique, a droit à une éducation complète. Tous les enfants ont besoin de recevoir une éducation afin de pouvoir jouir pleinement des droits fondamentaux cités dans la Convention: droit à une identité, à une nationalité, à un nom et à des relations familiales; droit à la protection et à l’aide humanitaire, à des services médicaux, à la protection contre le travail des enfants ou toute autre forme d’exploitation ou de mauvais traitement; droit aux loisirs et aux activités récréatives, etc.

L’éducation libère et responsabilise. Elle apporte la connaissance et permet aux citoyens de contribuer de façon efficace à la société à travers tous les aspects de leur activité. Droit fondamental, elle doit être une priorité politique et budgétaire. C’est en effet seulement grâce à l’éducation de sa population qu’un pays peut assurer à long terme son développement intégral, endogène et durable et humain.

Si de nombreux textes normatifs font mention de l’enfant, seule la Convention énonce dans le détail tout un ensemble de normes concernant les droits à la survie, à la protection, au développement et à la participation des enfants au sein de la collectivité humaine. Dans les domaines de l’éducation et de la culture, elle reprend et étend des droits déjà énoncés. Certains articles se situent naturellement dans le droit fil de l’action de l’Unesco - s’agissant, par exemple, de l’accès à l’éducation, de l’enseignement des droits de l’homme, des droits des minorités culturelles et de la pratique éducative en général.

Si nous pensions toujours à l’enfant à propos des droits de l’homme, nous aurions sans doute des réactions, des attitudes, des jugements et des souhaits différents. Nous serions sans doute plus près de la simplicité, du concret, de la tendresse. En cette année du 10e anniversaire de la Convention, c’est un voeu que j’ajoute à tous les autres, dans l’espoir que le monde se fasse plus accueillant, plus juste, plus humain.

Federico Mayor. Directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), Paris, novembre 1999.

Crédit photo Photo Michel Sarti, Inde, 1982.