Logo L'action du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés - Près de la moitié des réfugiés sont des enfants et des adolescents

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Logo Près de la moitié des réfugiés assistés par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) sont des enfants et des adolescents. L'action du HCR visant à protéger et à assister ces enfants occupe une place centrale dans la réalisation de son mandat. En accord avec la Convention internationale sur les droits de l'enfant, qui sert de cadre de référence à son action avec les jeunes, les activités du HCR concernent non seulement les jeunes enfants, mais aussi les adolescents jusqu'à l'âge de 18 ans.

Le travail du HCR avec les réfugiés et les autres victimes de déplacements forcés constitue en quelque sorte un baromètre de la situation des droits des enfants dans le monde. Les statistiques sont très parlantes. Des quelque 21,5 millions de réfugiés et personnes déplacées de par le monde actuellement, plus de 10 millions sont des enfants. Les statistiques relatives à certaines de nos opérations en sont une illustration : en Ethiopie, 130 000 des 240 000 réfugiés somaliens ont moins de 18 ans, de même qu'environ 30.000 des 57.000 réfugiés soudanais. En Guinée-Conakry, 140.000 des 240.000 réfugiés libériens ont moins de 18 ans. Et au sein de la population afghane réfugiée au Pakistan, estimée à 1,2 million de personnes, se trouve presque un demi million d'enfants. Les récents événements au Kosovo et au Timor-Oriental ont frappés les enfants de manière particulièrement dure, leur laissant des traumatismes inneffaçables.

PhotoPour ces enfants, les droits inscrits dans la Convention n'ont souvent que peu d'impact. Que pouvons-nous faire, dès lors, afin de mieux concrétiser ces droits et leur donner une valeur réelle pour les enfants réfugiés?

Nous devons commencer par placer les droits définis par la Convention au coeur de toute notre réflexion et de toute notre action - que ce soit dans l'élaboration de textes juridiques, dans l'établissement de mesures ou dans la planification, ainsi que dans la programmation de nos diverses activités d'assistance humanitaire sur le terrain.

Pour le HCR, une approche fondée sur les droits de l'enfant en ce qui concerne la protection des enfants réfugiés contribue à fournir un cadre structurel à son action humanitaire et à mieux la clarifier. En termes d'approche fondée sur les droits de l'homme pour la protection des enfants - y compris les enfants réfugiés - la Convention est l'instrument primordial dans le domaine des droits de l'homme. Chacun de ses articles est également applicable aux enfants réfugiés. En accord avec la Convention, l'intérêt supérieur de l'enfant doit toujours être sauvegardé. Le HCR croit fermement que l'adoption du Protocole facultatif additionnel à la Convention sur la participation des enfants aux conflits armés est d'une importance cruciale.

Une approche fondée sur les droits de l'enfant s'avère pertinente à chaque étape dans le cycle des déplacements forcés.

 Premièrement, les causes principales de tout déplacement de réfugiés sont invariablement liées aux conflits armés, à la persécution et au non-respect des droits de l'homme. Les enfants réfugiés, de même que leurs homologues adultes, fuient pour échapper à la guerre, à la persécution et aux bouleversements causés par l'homme. Les enfants ont toujours été plus "facilement" victimes d'abus des droits de l'homme et ils sont de plus en plus pris pour cible, particulièrement dans les conflits inter-ethniques à l'intérieur des Etats. L'étude Graca Machel de 1996 pour le compte des Nations unies sur les effets des conflits armés sur les enfants a apporté la confirmation que les enfants ne sont plus seulement d'innocents spectateurs pris sous les feux du conflit, mais sont soumis au génocide calculé, à l'enrôlement militaire forcé, à la violence fondée sur leur sexe, à la torture et à l'exploitation à une échelle systématique et massive. Que ce soit au Congo, au Sierra Leone, en Ouganda du nord, au Sri Lanka, en Afghanistan, en Colombie, et sur la frontière entre la Thaïlande et le Myanmar (Birmanie), des groupements militaires et armés recrutent activement les enfants, pour les contraindre soit à participer directement aux hostilités, soit à effectuer diverses activités, par exemple comme porteurs militaires. L'enrôlement d'enfants dans les conflits armés, comme bombardiers-suicides au Sri Lanka, comme boucliers humains en Ouganda du nord, ou comme démineurs en Iraq, est particulièrement préoccupant.

 Deuxièmement, la vulnérabilité des enfants déplacés aux violations des droits de l'homme ne cesse pas dès lors qu'ils traversent une frontière internationale. Dans toute population de réfugiés, les enfants restent la catégorie la plus vulnérable au sein d'un groupe déjà vulnérable. Au cours de leur fuite, les enfants réfugiés perdent souvent toute la protection sociale et familiale dont ils jouissaient dans leur foyer. Les systèmes de soutien établis, telles que les écoles, se désintègrent et les structures traditionnelles que constituent la communauté et la famille s'écroulent. Par exemple, de nombreux enfants réfugiés traversant la frontière depuis le Sierra Leone vers la Guinée ont été traumatisés par l'amputation de certains de leurs membres, une forme de torture abominable perpétrée par les forces rebelles. Il est essentiel d'identifier les besoins de cette population afin de réagir de manière appropriée et de minimiser les risques de préjudices ultérieurs - d'ordre physique ou psychologique. Encore une fois, notre approche doit se fonder sur les droits, conformément à l'article 24 de la Convention qui stipule que tout enfant a le droit de jouir du meilleur état de santé possible et d'avoir accès aux soins médicaux.

 Enfin, dans la recherche de solutions aux déplacements - notamment durant la phase du retour au cours du cycle accompli par le réfugié - une approche fondée sur les droits de l'homme s'est avérée fondamentale dans les mesures que nous envisageons, nos opérations et nos programmes. La réinsertion d'enfants réfugiés dans leurs communautés d'origine présente souvent des complications spécifiques, et la priorité donnée aux droits de l'enfant garantit une évaluation et une allocation adéquates de ressources limitées.

Dans un processus de réinsertion, le rétablissement du système scolaire et des services de santé dans les pays touchés par la guerre constitue un facteur clé. De nombreuses familles hésitent à effectuer un rapatriement devant le manque de services médicaux ou de possibilités d'éducation pour leurs enfants dans leur pays d'origine. Pour ces enfants, l'éducation n'est pas seulement un droit fondamental - et une nécessité -, elle joue aussi un rôle de protection majeur pour la prévention du recrutement d'enfants. Les réfugiés expriment souvent leur crainte que les ex-enfants soldats ne reprennent les armes par manque d'alternatives. Le but de notre travail doit être d'empêcher cela à tout prix.

Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Genève, novembre 1999.