Logo L'Organisation internationale du travail et le travail des enfants

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Logo L'Organisation internationale du travail (OIT) réunit les gouvernements et les organisations de travailleurs et d'employeurs de 174 Etats Membres pour élaborer des politiques et des programmes internationaux qui font progresser les droits fondamentaux de l'homme au travail, améliorent les conditions de vie et de travail tout en renforçant les possibilités d'emploi et la création d'entreprises.

Elle crée des normes internationales du travail et en contrôle l'application, mène des activités de coopération technique, dispense une formation, fournit des services éducatifs, réalise des recherches et des publications à l'appui de ces efforts. Elle prône un travail décent et productif pour tous. L'OIT a été créée il y a 80 ans, avant l'Organisation des Nations unies. Son secrétariat permanent est le Bureau international du travail (BIT) dont le directeur général est M. Juan Somavia.

Les organes directeurs de l'OIT (et du BIT) sont composés de délégués des gouvernements, des employeurs et des travailleurs de chaque Etat Membre. Le Conseil d'administration du BIT est composé de 28 gouvernements, 14 membres travailleurs et 14 membres employeurs. L'OIT est la seule institution tripartite du système multilatéral.

En ratifiant une convention de l'OIT, un pays est tenu en droit international de donner effet à ses dispositions dans la législation et la pratique nationales. L'OIT a établi une procédure pour contrôler l'application des conventions ratifiées. Cette procédure est basée sur l'établissement de rapports périodiques, sur un apport indépendant des organisations d'employeurs et de travailleurs, sur une évaluation objective par des experts indépendants et sur l'examen de cas par le organes tripartites de l'Organisation.

 Le travail des enfants : faits et chiffres

Le BIT estime à quelque 250 millions les enfants de 5 à 14 ans qui, dans les seuls pays en développement, se livrent à une activité économique. Pour 120 millions d'entre eux, il s'agit d'un travail à temps plein. Le reste combine le travail avec l'école ou d'autres activités non économiques. Soixante millions de ces enfants sont concernés par les pires formes de travail.

Si c'est essentiellement dans les régions en développement que le travail des enfants se situe, les pays industrialisés n'en sont pas totalement exempts. En Europe centrale et orientale, par exemple, le travail des enfants est réapparu suite aux bouleversements sociaux et économiques résultant du passage à l'économie de marché.

En chiffres absolus, c'est l'Asie, région la plus peuplée du monde, qui compte le plus grand nombre de jeunes travailleurs. Soixante-six pour cent d'entre eux sont en Asie, 32 pour cent en Afrique et 7 pour cent en Amérique latine.

En chiffres relatifs, toutefois, c'est l'Afrique qui connaît le taux le plus élevé de participation des enfants à l'activité économique: d'après les estimations, on y trouve 41 pour cent de l'ensemble des enfants de 5 à 14 ans, contre 22 pour cent en Asie et 17 pour cent en Amérique latine.

Les garçons sont plus nombreux que les filles à travailler : la proportion est, en moyenne, de près de 3 garçons pour 2 filles. De toutes les régions du monde en développement, c'est l'Afrique qui compte la plus forte proportion de filles au travail (37 pour cent). Les études ne prennent pas toutefois en compte les travaux domestiques effectués dans le cadre de la famille de l'enfant travailleur, ni les soins dispensés aux membres malades ou infirmes. Les filles sont plus nombreuses que les garçons à effectuer ce type de travail, et un grand nombre de ces enfants ont de 8 à 12 ans. Si l'on tenait compte de ces activités, l'écart entre les sexes serait minime, voire nul, pour l'ensemble des enfants travailleurs, et le nombre de filles pourrait même dépasser celui des garçons.

Ce type de travail peut être tout aussi dommageable pour l'enfant que celui qu'il effectue en dehors du foyer, puisqu'on signale qu'il est la raison principale de l'absence de scolarisation d'un tiers des enfants environ. Le travail familial présente lui aussi des risques, notamment ceux liés à la préparation des repas sans surveillance et aux soins prodigués aux frères et soeurs, ce qui peut être une responsabilité bien trop grande pour un jeune enfant.

Le Programme international pour l'élimination du travail des enfants (IPEC)

On peut le définir ainsi : fondé en 1992 avec sept pays partenaires; 155 programmes d'action en 1992-93 ; plus de 1000 programmes d'action lancés au cours de six dernières années ; plus de 20 donateurs internationaux contribuent au budget ; élabore des modèles que d'autres utilisent; travaille en partenariat avec près de 90 pays aujourd'hui ; est géré par des experts spécialisés dans différents domaines, dont beaucoup sont originaires de pays où la main-d'œuvre enfantine est exploitée;

En outre, un Programme d'information statistique et de suivi sur le travail des enfants (SIMPOC) a été lancé en 1998 pour aider les pays à rassembler des données de qualité et à renforcer leurs capacités.

La nouvelle convention sur les "pires formes de travail des enfants"

La Convention n° 182 invite les Etats membres de l'OIT à la ratifier et à prendre des mesures immédiates et efficaces pour assurer l'interdiction et l'élimination des pires formes de travail des enfants âgés de moins de 18 ans, ce qui correspond au critère d'âge retenu dans la convention des Nations unies sur les droits de l'enfant. Elle définit quatre catégories de pires formes de travail des enfants, à savoir:

 toutes les formes d'esclavage ou pratiques analogues (servitude pour dettes, travail forcé ou obligatoire, recrutement forcé ou obligatoire des enfants en vue de leur utilisation dans des conflits armés, etc.);

 l'utilisation, le recrutement ou l'offre d'un enfant à des fins de prostitution, de production, de matériel ou de spectacles pornographiques;

 l'utilisation, le recrutement ou l'offre d'un enfant aux fins d'activités illicites, notamment pour la production et le trafic de stupéfiants;

 les travaux qui par leur nature ou les conditions dans lesquelles ils s'exercent sont susceptibles de nuire à la santé, à la sécurité ou à la moralité de l'enfant.

La nouvelle recommandation

La nouvelle recommandation indique la démarche à suivre pour appliquer la Convention. Elle propose:

 des moyens spécifiques par lesquels les dispositions de la convention peuvent trouver une application concrète;

 des programmes d'action qui devraient prendre en considération les vues des enfants directement concernés, de leurs familles et des ONG qui luttent pour l'élimination du travail des enfants;

 que certaines des pires formes de travail des enfants soient considérées comme des infractions pénales, punissables en vertu de la législation nationale;

 une liste détaillée de mesures de nature à aider à l'abolition des pires formes de travail des enfants.

La ratification de la Convention

En dépit de la lenteur habituelle du processus de ratification des traités internationaux, y compris des normes internationales du travail, de nombreux pays ont déjà commencé le processus de ratification de la Convention. Des organisations régionales telles que l'OUA et le MERCOSUR ont également pris des décisions invitant tous leurs membres à ratifier ladite convention avant un certain délai.

Le Gouvernement des Seychelles a déjà ratifié la Convention n° 182.

L'OIT est prête à travailler avec tous ceux qui cherchent à libérer les enfants de toutes les formes d'exploitation économique. Ensemble éliminons les pires formes de travail des enfants!

Participez dès maintenant à la campagne !

Bureau international du Travail. Bureau de la campagne (IPEC), 4, route des Morillons, CH-1211 Genève 22. Tél. : (+41.22) 799.81.81. Téléfax : (+41.22) 799.87.71. E-mail : childlabour@ilo.org

Site Web: http://www.ilo.org/childlabour