Logo Le programme commun des Nations unies sur le VIH/SIDA / ONUSIDA Placer les jeunes au cur de la lutte contre l'épidémie

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|  La Journée internationale du Sida |

Logo Le programme commun des Nations unies sur le VIH/SIDA / ONUSIDA s'est fait le principal champion d'une action globale sur le VIH/SIDA. Il réunit sept agences des Nations unies autour d'une action commune pour lutter contre l'épidémie : le Fonds des Nations unies pour l'Enfance (UNICEF), le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), le Programme des Nations unies pour le contrôle international des drogues (PNUCID), l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et la Banque mondiale.

Depuis sa création en tant que programme co-sponsorisé, ONUSIDA a promu la participation des enfants et des adolescents dans les actions engagées face à l'épidémie du Sida. ONUSIDA insiste depuis longtemps sur le fait que l'épanouissement des droits de l'homme, en plus d'être une valeur en soi, joue un rôle crucial dans la lutte contre la propagation du virus et dans l'allégement du fardeau qui pèse sur ceux qui sont déjà infectés.

Une menace mortelle sur la vie des enfants et des adolescents

Le thème adopté pour la campagne mondiale contre le Sida, en 1999, est "Listen, Learn, Live! World AIDS Campaign with Children and Young People" - "Ecoute, Apprends, Vis ! Campagne mondiale contre le Sida avec les enfants et les jeunes". Nous avons choisi ce thème car nous sommes profondément convaincus que les besoins des enfants et des adolescents ne sont pas pris en compte dans les actions plus générales, ciblées en majeure partie en fonction des adultes. En fait, toutes les campagnes mondiales contre le SIDA de ces trois dernières années ont axé leurs efforts sur une sensibilisation accrue au fait que le VIH fait peser une menace mortelle sur toute la vie des enfants et des adolescents.

Le taux d'enfants et de jeunes gens infectés et affectés par le VIH/SIDA ne cesse d'augmenter de façon alarmante. Les enfants et les jeunes sont exposés au risque de contamination par le VIH à chaque étape de leur jeune existence.

Les nourrissons contractent le VIH par la transmission du virus par leurs mères séropositives. La transmission peut se produire avant ou pendant la naissance, de même que, plus tard, lors de l'allaitement. Quelque 590.000 bébés ont été contaminés de cette manière en 1998. Il existe maintenant des traitement médicaux qui peuvent aider les mères à empêcher la transmission du virus à leurs enfants.

Toutes les minutes, six personnes de moins de 25 ans sont infectées par le VIH

En 1998, plus de trois millions d'enfants et de jeunes gens ont été infectés par le VIH dans le monde à cause de sang ou de produits sanguins peu fiables, d'injections médicales non-stériles, du partage de seringues lors de la prise de drogues par voie intraveineuse ainsi qu'au cours de relations sexuelles. Ceci concerne quelque 590.000 enfants de moins de 15 ans et plus de 2,5 millions de jeunes gens de 15 à 24 ans. Toutes les minutes, six personnes de moins de 25 ans sont infectées par le VIH.

A fin 1997, on estimait à 6,2 millions le nombre d'orphelins de moins de 15 ans dans le monde dont la mère ou les parents étaient morts du Sida.

Un recensement national estime qu'en 2010, si la propagation du VIH n'est pas maîtrisée, le Sida risque d'augmenter le taux de mortalité infantile d'au moins 75% et celui de la mortalité chez les enfants de moins de cinq ans de plus de 100% dans les régions les plus durement touchées par la maladie.

Les enfants vivant dans des conditions difficiles
courent un plus grand risque face au Sida

Ainsi, des millions d'enfants et d'adolescents sont eux-mêmes infectés par le VIH. Ces jeunes ont besoin de soins et de soutien, ainsi que de protection contre la discrimination et autres violations des droits de l'homme. L'un des facteurs majeurs accroissant la vulnérabilité des jeunes réside dans le manque d'accès à l'information appropriée, à l'éducation et aux services de santé pouvant les aider à se mettre à l'abri de la contamination. Les enfants vivant dans des conditions particulièrement difficiles courent un plus grand risque face au VIH car leurs droits sont déjà bafoués.

Il s'agit d'enfants qui ont été séparés de leurs parents contre leur volonté et privés de leur environnement familial; d'enfants soumis à des violences physiques ou psychologiques, victimes d'abus ou de négligence; d'enfants réfugiés et d'enfants affectés par des conflits armés; d'enfants, et plus particulièrement de filles, qui sont l'objet d'un trafic pour l'industrie du sexe; et d'enfants vivant dans le plus grand dénuement, notamment les gamins des rues. Ainsi les enfants dont les droits sont déjà érodés sont beaucoup plus vulnérables : pris au piège d'un cycle de discrimination, de violation des droits de l'homme et d'une plus grande propagation du VIH.

Les plus jeunes sont également affectés parce que l'un de leurs parents, ou les deux, ou d'autres membres de leur famille ou de leur cercle d'amis, ont contracté le VIH ou le SIDA. Les enfants de foyers touchés par le VIH/SIDA peuvent avoir à affronter la perte de leur famille, la discrimination, la détresse psychologique, une malnutrition plus aiguë, la suppression de soins médicaux, de plus fortes exigences les poussant à travailler, des chances d'éducation réduites, la migration forcée et le risque de se retrouver sans abri.

Les enfants et les adolescents impliqués dans l'industrie du sexe en danger

Un autre facteur d'augmentation de la vulnérabilité réside dans le refus de voir la réalité. Il existe un refus très généralisé de reconnaître que les adolescent sont actifs sexuellement, ou, de même, que certains prennent des drogues par voie intraveineuse. Et la croyance que l'éducation sexuelle favorise la promiscuité est toujours bien ancrée, alors que l'on sait que c'est le contraire qui est vrai. Ces attitudes constituent des freins à l'éducation et aux services de santé préventifs dont les adolescents ont besoin afin d'être en mesure de se protéger.

En ce qui concerne les enfants, leur vulnérabilité est accrue en raison de leur constitution biologique moins développée. Les filles et les jeunes femmes courent un risque nettement plus grand. De récentes études dans quatre villes africaines ont démontré qu'au sein d'une population adolescente entre 15 et 19 ans, les filles étaient contaminées par le VIH à un taux plus de quatre fois supérieur à celui des garçons du même âge. Les enfants et les adolescents impliqués dans l'industrie du sexe courent un danger extrêmement grand d'être infectés. En tant qu'enfants, leur poids dans la négociation de l'usage du préservatif est réduit. De plus, leur implication dans un travail de nature sexuel peut les faire objets de discrimination et de stigmatisation.

La capacité des jeunes à changer le cours de l'épidémie

Pourtant des progrès importants ont été accomplis dans la résolution de ces problèmes.

Au cours des 18 ans qui ont vu l'émergence de l'épidémie du Sida, nous avons été les témoins de l'énorme potentiel dont font preuve les jeunes eux-mêmes pour changer le cours de l'épidémie. Ils constituent une puissante force de changement dans leurs propres foyers, auprès de leurs pairs et au sein de la communauté. Il nous faut cesser de considérer les jeunes uniquement comme des "objets" d'interventions. Nous disposons maintenant de preuves que la prévention du VIH auprès des jeunes gens peut donner de bons résultats - qui sont même parfois très spectaculaires. Il n'est que de considérer, par exemple, le recul de 40% de la prévalence du VIH chez les jeunes adolescentes dans les zones urbaines en Ouganda entre 1990 et 1996, et l'augmentation significative de comportements évitant les risques. Des succès similaires ont été enregistrés chez les jeunes hommes thaïlandais.

Dans le cas d'adolescents et de la prévention contre l'infection par le VIH, les solutions qui fonctionnent sont connues. Voici quatre des leçons que nous avons apprises :

 Premièrement, les adolescents sont de bons éducateurs auprès de leurs pairs en faveur de la prévention contre le VIH.

Par exemple, l'Association pour le sport et la jeunesse de Mathare (MYSA) à Nairobi, au Kenya, a formé ses footballeurs pour en faire des éducateurs sur le VIH auprès de leurs pairs. Ces adolescents prônent l'abstinence sexuelle et, pour ceux qui sont sexuellement actifs, l'importance d'utiliser des préservatifs et de rester fidèle à un seul partenaire.

Ces jeunes éducateurs de la MYSA parlent des problèmes dans les relations garçon - fille, des problèmes qui surgissent lorsque les garçons fondent leur estime de soi sur les conquêtes sexuelles, et que les filles fondent la leur sur le fait d'avoir un amoureux. Ils combattent l'épidémie du VIH par une vie saine, un travail d'équipe, et leur engagement dans des activités pour l'amélioration de la communauté.

La première leçon concerne donc la nécessité de mobiliser les adolescent comme éducateurs auprès de leurs pairs.

 Deuxièmement, les écoles doivent fournir une éducation qui permettent aux enfants de s'armer d'outils vitaux pour l'existence.

Cela signifie des enseignements qui permettent aux adolescents d'acquérir la capacité de communiquer et de parler de la sexualité et d'un mode de vie sain. Malheureusement, les parents et les chefs de communautés croient parfois qu'il est mieux de laisser les jeunes dans l'ignorance à propos de la sexualité. Trop souvent, lorsque des efforts sont faits pour inclure une éducation qui permettent aux enfants de s'armer d'outils vitaux pour l'existence, l'opposition manifestée à son encontre la fait échouer. En général, les craintes exprimées affirment que les discussions sur la sexualité encouragent la promiscuité. Il faut se débarrasser de telles croyances.

 Troisièmement, il est nécessaire d'établir des services de santé adaptés aux jeunes.

Malheureusement, dans de nombreux pays, les services de santé adaptés aux jeunes sont rares. Trop souvent, les adolescents sexuellement actifs se trouvent de ce fait même confrontés aux préjudices et au mépris du personnel. Ils se trouvent aux prises avec des lois interdisant aux mineurs de recourir de façon indépendante aux services de santé. Ils ont affaire à un personnel qui ne sait comment parler aux adolescents.

D'un autre côté, les services de santé adaptés aux jeunes fonctionnent. En Zambie, par exemple, un groupe d'organisations non-gouvernementales (ONG) se sont alliées avec le Ministère de la Santé, le Conseil de District et l'UNICEF afin d'accroître l'engagement direct des jeunes dans les dispensaires de services. Engager les jeunes comme conseillers pour leurs pairs a eu le double avantage d'augmenter le taux de fréquentation en clinique -puisque les services étaient devenus plus adaptés aux besoins des jeunes- et d'établir des liens plus forts entre les adultes et les jeunes au sein de la communauté.

 Quatrièmement, les enfants et les adolescents doivent être inclus dans les actions envisagées et entreprises.

Ils doivent être appelés à participer à l'évaluation de leurs propres besoins, à l'élaboration des programmes, et à la mise en application des programmes. Une bonne illustration de cette approche est le centre de Kulena pour les droits des enfants à Mwanza, en Tanzanie, fondé il y a plus de dix ans. Le centre à mis sur pied des mesures et des programmes avec la participation pleine et entière de jeunes gens, et il a mené des recherches axées principalement sur la contribution des enfants. En conséquence, un plus grand nombre d'enfants tanzaniens savent qu'ils comptent et qu'ils ont le droit de croire à la création d'une vie meilleure pour eux-mêmes.

Toutes ces démarches ont un objectif commun : armer les adolescents afin qu'ils puissent se mettre à l'abri du VIH. Une éducation scolaire permettant aux enfants de s'armer d'outils vitaux pour l'existence, des éducateurs au niveau de leurs pairs, des services de santé adaptés aux jeunes, et la participation des jeunes, sont des initiatives qui doivent toutes être intégrées aux orientations nationales de la puissance publique et à un plan d'action national solidement financé dans chaque pays.

Une action renforcée en direction des jeunes

Comme l'a souligné le Dr Peter Piot, directeur exécutif de ONUSIDA, dans son message pour le 10ème anniversaire de la Convention internationale sur les droits de l'enfant, les anniversaires sont non seulement l'occasion de dresser le bilan de nos acquis, mais doivent aussi nous motiver à redoubler d'efforts pour nos actions futures.

ONUSIDA a identifié Dix initiatives pour renforcer le Programme du Sida avec les enfants et les jeunes :

     des mesures politiques qui protègent les droits des enfants et des jeunes et qui réduisent leur vulnérabilité au VIH/SIDA;

     la participation des enfants et des jeunes à la prise de décision et dans le soutien et l'éducation auprès de leurs pairs;

     une forme de communication qui remette en cause les normes sociales qui augmentent le risque d'infection par le VIH pour les enfants et les jeunes;

     un dialogue de qualité entre les adultes, les jeunes et les enfants;

     des conditions économiques et de formation professionnelle visant à réduire la vulnérabilité des jeunes et des enfants face au VIH;

     une éducation sur les outils pour une vie de qualité, sur la santé sexuelle et sur le VIH/SIDA, dispensée au sein des écoles et en dehors;

     des services de santé adaptés aux enfants et au jeunes;

     du soutien et des soins pour les enfants et les jeunes vivant avec, affectés par, ou orphelins du VIH/SIDA;

     la réduction des stigmates et de la discrimination entourant le VIH/SIDA;

     a prévention de la transmission du VIH entre mères et enfants.

Droits de l'enfant : le droit à la santé

 Pour toutes ces initiatives, la Convention internationale sur les droits de l'enfant est un allié pertinent et puissant. Affronter le VIH/SIDA et son impact sur les droits des enfants exige la prise en compte d'un large éventail des droits de l'homme y compris - mais allant aussi plus loin - le droit à la santé.

 D'abord, nous pouvons promouvoir les droits inscrits dans la Convention ainsi que dans d'autres traités des droits de l'homme comme fondement pour le développement de mesures et de programmes et pour la mise en application de normes et de lois. Un grand nombre d'articles de la Convention sont directement applicables aux stratégies de prévention et de soins dans le cadre du VIH/SIDA.

 Ensuite, nous pouvons promouvoir les droits de l'homme comme réponse face à l'épidémie en participant plus activement au processus d'élaboration des rapports. Il est important que tous les gouvernements et toutes les organisation impliquées au niveau du VIH travaillent en étroite collaboration dans la préparation des rapports que les Etats vont soumettre au Comité des droits de l'enfant. Il s'agit d'une occasion idéale pour tous les partenaires au niveau national d'aider les Etats à évaluer les progrès accomplis dans la prévention et les soins, et de planifier les moyens d'action futurs. Les organisations actives dans le secteur du VIH/SIDA devraient transmettre leurs données sur le VIH aux divers comités qui suivent la situation, favorisant ainsi l'inclusion de la question du VIH/SIDA dans leur dialogue avec les Etats.

En moins de 20 ans, l'épidémie du VIH a atteint des proportions mondiales qui balaient les acquis du développement - y compris au niveau de la santé de l'enfant - dans de nombreux pays. Les mesures et programmes publics doivent placer les jeunes gens au centre des actions qui sont entreprises : à cause de leur haut degré de vulnérabilité à l'infection par le VIH, mais aussi parce qu' a été prouvé leur impact sur la prévention auprès des jeunes et, par conséquent, sur l'épidémie de façon globale. Ce n'est qu'en investissant la majeure partie de nos ressources dans l'avenir des enfants et des jeunes, et en leur donnant les moyens d'être des moteurs de changement, que nous réussirons à faire reculer l'épidémie du VIH/SIDA.

ONUSIDA. Genève, novembre 1999.

INFORMATION.

Campagne mondiale contre le Sida : Manisha Bharti, Focal Point, email : bhartim@unaids.org / VIH/SIDA et droits de l'homme : Julian Fleet ou Miriam Maluwa, Human Rights Advisers, e-mails : fleetj@unaids.org et maluwam@unaids.org

UNAIDS, 20 avenue Appia, CH-1211 Genève 27

Droits de l'homme et VIH/SIDA (et Convention internationale sur les droits de l'enfant) : Cecilia Thompson, HIV/AIDS Focal Point, e-mail : thompson.hchr@unog.ch

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