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Je suis heureuse que la Ville de Genève ait saisi cette importante occasion de commémorer le 10e anniversaire de la Convention internationale sur les droits de l'enfant. Durant ces dix dernières années, la Convention a eu le mérite d'attirer l'attention sur les droits des enfants et des adolescents, y compris dans le domaine de la santé. Cependant, beaucoup reste à faire pour que les droits des enfants et des adolescents du monde deviennent une réalité.
11 millions d'enfants de moins de cinq ans meurent encore chaque année de maladies qu'on aurait pu prévenir ou soigner. Ce qui représente plus de trois mille enfants chaque jour. Ces enfants ont été privés de leur droit le plus fondamental: le droit de survivre. Et beaucoup des enfants qui vont survivre ne peuvent grandir et développer tout leur potentiel. Les adolescents, dont on pense souvent qu'ils sont les plus robustes, portent leur fardeau de maladies eux aussi. Plus d'un million d'entre eux perdent la vie chaque année le plus souvent par accident, suicide, violence, complications liées à la grossesse et maladies qui auraient pu être prévenues ou traitées. En outre, l'an prochain, plus de deux millions et demi de jeunes gens seront infectés par le virus HIV/Sida, alors que près de 30 millions d'adolescents vont commencer à user de tabac. Le manque de soutien apporté par l'environnement, dans la famille et la communauté, la discrimination, le manque d'éducation, la violence et l'exploitation: tous ces facteurs contribuent à la dégradation de la santé. Le manque d'accès aux services de santé appropriés rendent la situation encore pire. Et là où il y a mauvaise santé et pauvreté, il y aura mauvais développement. Les articles de la Convention sur les droits de l'enfant prennent en compte les nombreux facteurs qui jouent un rôle dans la capacité d'un enfant ou d'un adolescent à pouvoir jouir d'une bonne santé. La Convention reconnaît le droit des enfants à survivre et être à même de bénéficier du meilleur développement possible. Elle reconnaît aussi le droit des enfants à la santé et aux soins, en insistant sur l'importance des premiers soins. Mais la Convention a de plus larges implications sur la santé des enfants et des adolescents. Ses principes de base - traiter les enfants sans discrimination, agir dans leur intérêt supérieur, garantir leur droit à la survie, à la vie et au développement, et tenir compte de leurs opinions - doivent servir de guide pour assurer leur santé. La Convention porte aussi une attention spéciale aux besoins des enfants et des adolescents à risques: ceux qui sont malades, ceux qui sont exploités, sexuellement, et au travail; ainsi que ceux qui usent de drogues. Et le respect de beaucoup d'autres articles ont aussi des implications sur la santé: comme le droit de l'enfant à l'éducation, au bien-être et à un environnement protecteur. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a reconnu la diversité des facteurs qui contribuent à permettre à l'enfant d'avoir des chances de santé. Elle fait usage de la Convention dans ses activités pour le respect de la santé et du développement des enfants et des adolescents. Elle s'est engagée à inscrire les droits de l'enfant et de l'adolescent dans ses travaux et commence à intégrer cette prise de conscience dans ses activités avec les différents pays. Quand elle travaille avec les pays à planifier des services de santé, elle exige l'assurance que ces services aient l'obligation de prendre en compte les besoins particuliers des enfants et des adolescents, ainsi que leur droit à être entendus et traités sans discrimination. Les programmes pour enfants et adolescents développés par l'OMS reconnaissent également la nécessité de définir les facteurs sociaux qui ont une influence sur la santé et la maladie. Des programmes spéciaux ont attiré l'attention sur les conséquences des abus sur les enfants, en collaboration avec l'OMS et en utilisant la Convention comme guide de base. L'OMS ne peut travailler seule pour améliorer la santé des enfants et des adolescents là où les droits et le non-respect des droits jouent un rôle si déterminant pour la santé et la maladie. L'OMS collabore avec ses Etats membres pour définir les besoins spécifiques pour assurer la santé et le développement des enfants dans chaque pays. Elle collabore de près avec ses partenaires des Nations unies, et particulièrement l'UNICEF, pour définir les points où la santé des enfants et leurs droits se rejoignent. L'OMS collabore également avec des organisations non gouvernementales et des professionnels de la santé pour s'assurer que la reconnaissance et le respect des droits des enfants font partie intégrante du soutien et de la promotion de la santé des enfants et des adolescents, et que la prise en compte des opinions des enfants et des adolescents est crucial pour parvenir à ce respect. J'aimerais conclure en réaffirmant l'engagement de l'OMS de travailler à obtenir les meilleures conditions de santé possibles pour les enfants et les adolescents du monde entier. La structure de la Convention doit nous servir de guide dans cette tache. Dr Gro Harlem Brundtland. Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Genève, novembre 1999.
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