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Des dizaines de millions de mines antipersonnel sont dispersées dans le monde, dans 64 pays au moins, attendant une victime. Particulièrement lâches, ces armes frappent indistinctement des innocents, souvent des enfants, tuant ou blessant de manière horrible. Les mines antipersonnel tuent ou mutilent près de 10'000 enfants dans le monde par année, en moyenne 27 enfants chaque jour
Même des années après la fin des conflits, les mines antipersonnel restent des "armes sans maître" dont personne ne sait plus ni où elles se cachent ni combien elles sont. Conçues pour mutiler plutôt que pour tuer, ces armes provoquent une véritable tragédie humaine, menaçant la survie de populations de régions entières. Des milliers d'hectares de terre sont rendus incultivables. Le retour des réfugiés après les conflits devient risqué, voire impossible. Les mines sont une entrave majeure au développement social et économique, une menace constante pour la paix et un désastre pour l'environnement. En 1992, six organisations non gouvernementales (ONG) ont lancé une Campagne internationale destinée à faire pression pour obtenir une interdiction des mines antipersonnel. Cette campagne a pris une ampleur considérable, puisqu'elle regroupe aujourd'hui plus de 1.200 ONG. Après des périodes difficiles et des échecs dans de nombreuses négociations onusiennes, le mois de décembre 1997 a connu deux événements historiques :
La Campagne suisse actrice de la signature du Traité d'Ottawa
Avec la signature de la Convention d'Ottawa, un grand pas a été franchi. Le succès a été indéniable, mais il doit être nuancé toutefois par :
Le travail reste donc considérable. Les priorités sont désormais d'élargir la signature de la Convention à tous les pays, de faire respecter son contenu, et de l'adapter en permanence à l'évolution de la technologie, des conflits et de leurs acteurs. C'est pourquoi l'engagement de toutes et de tous demeure indispensable pour essayer de construire "un monde sans mines".
Le court récit des histoires d'Ismail, de Haroon et de Fardin démontre comment l'explosion d'une seule des millions de mines éparpillées sur la planète peut avoir des conséquences dramatiques. Ismail Ali, un footballeur pas comme les autresIsmail Ali n'oubliera jamais son dernier match de football. C'était le 5 septembre 1998. Lors d'une partie dans un village de montagne kurde, Ali, capitaine de l'équipe et âgé de 14 ans, a marché sur une mine et a vu sa jambe gauche arrachée. "Ce n'est pas facile de jouer avec une jambe, n'est-ce pas?" disait Ali, en avril 1999, lors d'une interview à l'hôpital, tournant sa tête pour cacher ses larmes. (Sulaimaniya, Irak (20 avril 1999). Source : Associated Press). Jouer peut être dangereux Une mine antipersonnel a explosé à Kaboul, la capitale de l'Afghanistan, et a blessé sérieusement deux enfants qui s'amusaient à planter des fleurs. Haroon, âgé de 14 ans, a perdu ses deux jambes, tandis que l'état de Fardin, son frère cadet de 12 ans, était jugé critique par les médecins de l'hôpital de la Croix-Rouge. "Des milliers de mines sont dispersées dans Kaboul. C'est l'héritage de quatre années de guerre entre des groupes islamiques rivaux qui s'est terminée en 1996". Kaboul est considérée comme l'une des villes les plus fortement infestées de mines au monde. Depuis qu'une paix relative s'y est installée, beaucoup parmi les dizaines de milliers de personnes déplacées ont commencé à revenir, mais la plupart des lieux sont infestés de mines. (Kabul, Afghanistan, 6 avril 1999. Source : CNN). |