Les droits de l'enfant

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Astérix, ambassadeur
des droits de l'enfant

 L’ALBUM  


Astérix et les droits de l’enfant
[ 2.6 Mo]

 DEI-France 

Le point de vue de Jean-Pierre Rozenczveig
Le communiqué DEI

 DOCUMENT 

La Convention en 89 questions
[DEI et Défenseure des enfants]

[ 590 ko]

FRANCE, MAI 2007 | L’ALBUM DES DROITS DE L’ENFANT D’UDERZO
__Voilà qu'une polémique se dessine sur la mise en cause d'Astérix comme hérault des droits des enfants...
par Jean-Pierre Rozenczveig

La défenseure des enfants, Dominique Versini, utilise l'irréductible Gaulois dans "L'Album des droits de l'enfant". Jean-Pierre Rozenczveig, qui dirige la section française de l'ONG Défense des enfants international, dénonce une "vision gauloise". Sur son blog, il s’interroge….

Dans quelle bassine de potion - magique ou pas - sommes nous tombés ? Voilà qu’une polémique se dessine sur la mise en cause d’Astérix comme hérault des droits des enfants quand le fond du sujet est ce que véhicule le texte de la bande dessinée d’Uderzo commandée et diffusée par le Defenseur des enfants.

Il est de fait qu’on peut s’interroger avec une pointe d’humour … sérieux sur le personnage d’Astérix le fier et irréductible gaulois, assiégé, se defendant contre l’envahisseur romain, pour symboliser la France et les français d’aujourd’hui ! Il y a quand même pas de quoi en faire un plat. On a échappé à Bécassine ou aux pieds Nickelés (dont le père d’ailleurs était un collègue magistrat) et encore plus au Français avec béret sur la tête et baguette sous le bras.

La critique majeure du document diffusé par la Defenseure des enfants tient en ce qu’il recèle une vision réductrice dans tous les sens du terme de la Convention des Nations unies sur les droits de l’enfant adoptée le 20 novembre 1989 par les Nations unies à deux exceptions près : les USA, gendarmes du monde et la Somalie, pays privé de gouvernement.

Réduire ce traité à 10 droits est déjà très simplificateur. Admettons que l’exercice de la bande dessinée destinée à des enfants l’impose. Tellement d’adultes lisent Astérix - dont je suis - qu’on aurait pu être plus ambitieux ! Passons.

Plus préoccupant, nous semble-t-il, est de ne faire quasiment pas d’allusions au coeur de l’innovation de la Convention qu’est la reconnaissance de l’enfant comme une personne et non comme un objet de protection. Comme personne l’enfant est un être de chair et de sang, dont les affects sont reconnus, qui a une conscience, qui pense, qui croit, qui s’exprime individuellement et collectivement. Comme personne dont il peut être l’acteur de ses droits avant ses 18 ans.

Bref, ce sont dans les articles 12 à 15 (sur les 40 de fond) avec la reconnaissance pour la première fois dans l’histoire de l’humanité de la liberté de conscience et d’opinion, la liberté d’expression et la liberté d’association. Au lieu de cela on insiste à l’ancienne, versus Déclaration de la SDN de 1924 rectifiée Déclaration des Nations unies 1959, sur le droit à être protégé contre tous les maux qui le menace. On verra plus bas nos “critiques” dans le détail.

Chacun appréciera.

Il nous semble dommage qu’alors que nous avons tant besoin de supports d’information sur la Convention - pour respecter nos engagements visant à promouvoir ce traité - l’institution qui aujourd’hui a à être garant des droit des enfants ne véhiculent pas la Convention dans toute sa richesse, dans ses innovations, en ce qu’elle est tournée vers le 21e siècle et non pas vers le 19e.

Nous découvrons au passage que la plupart des médias ne connaissent pas ce traité ratifié par la France et désormais intrégré le droit français et a eu tant d’influence ces deux dernières decennies sur la mise à jour de droit. Encore recemment - qui en a parlé - la loi du 5 mars 2007 sur la protection de l’enfance en reférence à l’article 12 de la CIDE a reconnu le droit de l’enfant à être entendu.

Cela pour dire que notre critique n’est pas théorique. L’approche proposée nous fait passer à côté de la substantifique moelle du traité international qui est “le” texte sur les droits de l’homme du 20e siècle

Quand on a un dessinateur comme Uderzo sous la main il est bien dommage de passer à côté. Bref, l’idée était bonne, on pouvait faire mieux !

Il n’y a pas de quoi polémiquer quand tant d’enfants souffrent ici et ailleurs !

Gardons notre calme. J’invite ceux qui seraient interessés par le sujet de lire le fascicule “la Convention en 89 questions 15 ans après ” diffusé par DEI-France (41 rue de la République 93 200 - Saint Denis)

Source : http://jprosen.blog.lemonde.fr/
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