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DECEMBRE 2002 / LES ENFANTS ET LA GUERRE, UN RAPPORT DE LONU
__Kofi Annan désigne les gouvernements et groupes rebelles coupables de recruter des enfants-soldats
LE RAPPORT [ 148 ko]
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Les forces gouvernementales et les groupes rebelles du Burundi, de la République démocratique du Congo (RDC), du Libéria et de la Somalie recrutent des enfants pour combattre dans leurs rangs. C'est ce qu'affirme un rapport de Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, qui désigne les zones de combat où les enfants servent régulièrement comme combattants.
Outre les quatre pays mentionnés, le rapport, publié le 16 décembre 2002, à New York, cite l'Afghanistan comme pays dont certaines factions utilisent des enfants-soldats. Olara Otunnu, responsable aux Nations unies du dossier des enfants en temps de conflit armé, note pour sa part que c'était la première fois qu'un rapport officiel désigne nommément les auteurs de violations des normes de protection des enfants victimes des conflits armés. "C'est un message adressé aux gouvernements et aux groupes d'insurgés qu'ils seront responsables du bien-être des enfants recrutés dans leurs rangs".
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LE RAPPORT DE KOFI ANNAN
Kofi Annan, a soumis, à l'examen du Conseil de
sécurité des Nations unies, un rapport qui dresse
la liste des parties en conflit qui continuent de recruter et
d'utiliser des enfants soldats. Cette liste, indique le secrétaire
général des Nations unies dans son rapport, représente
"un pas important dans nos efforts visant à encourager
les parties en conflit à se conformer à leurs obligations
internationales en matière de protection de l'enfant".
Elle met en évidence "la volonté de la communauté
internationale" de montrer à ceux qui violent les
normes en matière de protection de l'enfant qu'ils "ne
peuvent plus se le permettre dans l'impunité".
Ce rapport fait suite à une requête du Conseil
de sécurité et contient une liste de 23 parties,
gouvernements et insurgés, dans cinq situations de conflits
- Afghanistan, Burundi, République démocratique
du Congo, Libéria et Somalie qui
recrutent ou utilisent des enfants.
"Ce rapport franchit une nouvelle étape",
souligne Olara Otunnu, secrétaire général
adjoint et Représentant spécial du Secrétaire
général pour les enfants et les conflits armés.
"Pour la première fois dans un rapport officiel à
l'attention du Conseil de sécurité, ceux qui violent
les normes de protection des enfants affectés par la guerre
sont nommément cités et listés". 
Le Conseil de sécurité, ajoute-t-il, envoie un
message clair aux gouvernements et aux groupes insurgés,
en remarquant que la communauté internationale est attentive,
et qu'ils auront à rendre des comptes sur le bien-être
des enfants en situation de conflit et post-conflit. "C'est
le point de départ d'un effort systématique, dans
cette nouvelle ère de suivi de la conduite des parties
au cours des conflits et comment elles traitent les enfants".
Le rapport met également en évidence d'autres
conflits qui ne figurent pas à l'ordre du jour du Conseil
de sécurité la Colombie, le Myanmar,
le Népal, les Philippines, le Soudan, le
nord de l'Ouganda, et le Sri Lanka où
les enfants sont recrutés et utilisés comme des
combattants, ou encore des conflits récemment arrivés
à leur terme - Angola, Kosovo, République
du Congo, Sierra Leone et Guinée-Bissau
- où des programmes de démobilisation et/ou de réintégration
des enfants combattants sont en cours.
Des progrès impressionnants en matière de protection des enfants
Le rapport de Kofi Annan indique également que
des "progrès impressionnants" ont été
accomplis ces dernières années en matière
de codification et standardisation des normes internationales
en ce qui concerne la protection des enfants pendant les conflits,
comme en témoigne notamment les trois résolutions
(1261, 1314 et 1379) du Conseil de sécurité.
Particulièrement importants sont les deux traités
internationaux clés, entrés en vigueur cette année.
Le Protocole facultatif à la Convention sur les
droits de l'enfant concernant l'implication des enfants dans les
conflits armés, établissant un âge minimum
d'au moins dix-huit ans pour le recrutement et la participation
directe à des hostilités, et demandant aux Etats
Parties d'augmenter l'age minimum d'engagement volontaire à
au moins 16 ans. Le Statut de Rome de la Cour pénale
internationale classifie la conscription des enfants de moins
de 15 ans, leur enrôlement ou utilisation dans des hostilités,
comme un crime de guerre qu'il s'agisse de conflits interne ou
international, ou encore d'attaques contre des écoles ou
des hôpitaux et autres graves actes de violence à
caractère sexuel.
Le représentant spécial de Kofi Annan pour les
enfants et les conflits armés a demandé et obtenu
des engagements importants pour la protection et le bien être
des enfants dans des situations de conflit et post-conflit dans
plusieurs pays. Ceux-ci incluent des engagements à ne pas
utiliser des mines antipersonnel, à ne pas attaquer
des écoles ou des hôpitaux, à libérer
les enfants enlevés, et à ne pas recruter ou utiliser
des enfants comme des enfants soldats. Durant la Session spéciale
2002 consacrée à l'enfant, l'Assemblée générale
avait renouvelé son engagement en faveur de la protection
des enfants affectés par des conflits armés.
"Le défi d'aujourd'hui", selon le rapport,
est d'assurer l'application des normes arrêtées.
Dans le même ordre d'idées, le rapport souligne la
nécessité de promouvoir et de diffuser ces normes
et standards et de stimuler une prise de conscience et une sensibilité
à l'égard de ces normes et standards sur le terrain.
Il s'agit donc de "renforcer les mécanismes d'observation
et d'identification afin de prendre des mesures adéquates
contre ceux qui violent ces normes" - tous les éléments
nécessaires au passage à une ère de la mise
en uvre.
Source: Nations unies, New York, 16 décembre
2002.
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