NATIONS UNIES, JUILLET 2005 / LA PROTECTION DES ENFANTS DANS LES CONFLITS ARMES
__Le Conseil de sécurité met en place un mécanisme de surveillance destiné à lutter contre l'exploitation des enfants comme soldats par les gouvernements et groupes armés dans les zones de conflit
Lors d'un vote salué comme "historique" par
Olara Otunnu, le responsable des Nations unies pour les
enfants et les conflits armés, le Conseil de sécurité
a adopté, le 26 juillet 2005, une résolution
qui met en place un système de suivi des crimes visant
l'utilisation d'enfants dans les conflits armés, et prévoit
des mesures contre leur auteurs, notamment des sanctions.
Pour la première fois, le Conseil de sécurité
a adopté un mécanisme d'ensemble qui permettra
de signaler les graves violations commises tant par les gouvernements
que par les groupes armés qui tuent ou mutilent des enfants,
qui les recrutent ou les exploitent, qui attaquent des écoles
ou des hôpitaux, commettent des actes de violence sexuelle,
des rapts ou enfin qui privent les enfants de l'accès humanitaire.
Près de 2 millions d'enfants ont été
tués et 6 millions handicapés ou blessés
lors de conflits armés ces dix dernières années,
tandis que 250'000 d'entre eux continuent d'être exploités
à l'heure actuelle.
Les rapports signalant ces crimes iront au Conseil de sécurité,
qui continuera pour sa part à nommer et à identifier
clairement les parties qui continuent leurs violations, mais aussi
à l'Assemblée générale, à la
Commission des droits de l'homme, à la Cour pénale
internationale (CPI) et aux gouvernements et organisations régionales,
a précisé le Représentant spécial
des Nations unies.
Le dernier rapport présenté, en février
2005, par Kofi Annan au Conseil de sécurité cite
54 parties, dans le cadre de 11 situations de conflit, a indiqué
Olara Otunnu. "Avec l'adoption de cette résolution,
un mécanisme de surveillance et de suivi sera effectivement
mis en place au niveau de chaque pays concerné. Et au-delà
des couloirs des Nations unies, il faudra lancer une campagne
de sensibilisation dans le public pour renverser cette terrible
tendance à l'exploitation des enfants", a-t-il
ajouté.
Enfin, le Conseil de sécurité ordonne aux parties
qui figurent déjà sur la liste de mettre en place
des mesures pour mettre fin aux violations signalées. Des
équipes des Nations unies sont déjà désignées
pour entamer un dialogue avec ces groupes et mettre en place un
plan assorti d'un calendrier. Les parties qui ne répondraient
pas pourraient être soumises à des mesures ciblées,
telles qu'interdiction de voyager, embargos sur les armes et mesures
financières.
Le Conseil exprime en outre sa détermination à
suivre ces situations en créant son propre groupe de travail
sur la question.
"C'est une évolution très importante, et
la première du genre aux Nations unies", a souligné
Olara Otunnu, pour qui "il n'est pas suffisant de condamner,
il faut aussi mettre en place des mesures pour faire appliquer
ces condamnations".
Interrogé sur les incitations à coopérer
qui pourront peser sur les auteurs des crimes visés, qui
sont principalement des acteurs non-étatiques, Olara Otunnu
a estimé que chaque jour davantage, ces groupes étaient
des acteurs politiques, qui bénéficiaient de réseaux
très sophistiqués d'influence de par le monde, par
lesquels il obtenaient un appui, un financement et des armes.

"Cela nous donne un levier pour agir à leur encontre",
"notamment par l'intermédiaire du pillage des ressources
naturelles, qui ne sont pas écoulées dans le pays,
mais à l'extérieur". "Il n'est donc pas
possible pour eux d'agir sans appui extérieur".
Au-delà, la pression politique permet de faire changer
les choses, a-t-il indiqué, citant l'exemple des Tigres
tamouls qui ont contacté les Nations unies, indiquant
leur préoccupation et leur désir d'entamer un dialogue
après avoir été cités dans la liste
établie par l'ONU.
Le Représentant spécial a toutefois reconnu qu'un
groupe tel que l'Armée de la résistance
du Seigneur (LRA), qui sévit dans le Nord de l'Ouganda, était difficilement sensible aux mesures prévues dans la résolution, parce qu'ils sont quasiment autonomes. "Mais c'est une exception", a-t-il ajouté.
LA RESOLUTION DU CONSEIL DE SECURITE
Réuni le 26 juillet 2005, à New York,
le Conseil de sécurité a condamné
fermement le recrutement et l'emploi d'enfants soldats et s'est
prononcé sur une série de mesures pour la protection
des enfants touchés par les conflits armés. Le
Conseil a adopté à cet effet, à l'unanimité
de ses 15 membres, sa résolution 1612 (2005) par
laquelle, soulignant que c'est aux gouvernements qu'il incombe
au premier chef d'offrir cette protection et rappelant qu'en tant
qu'organe responsable du maintien de la paix, il est résolu
à s'attaquer à la question générale
de l'impact des conflits sur les enfants, prend note du plan d'action
présenté par le Secrétaire général
tendant à mettre en place un mécanisme chargé
de surveiller et de transmettre des informations objectives et
fiables sur l'emploi d'enfants soldats et toutes autres violations
dont les enfants sont victimes en période de conflit armé.
Un tel mécanisme avait été demandé
par le Conseil en 2004. Dans le rapport susmentionné, il
était indiqué que les pratiques suivantes devaient
retenir l'attention en priorité : massacre ou mutilation
d'enfants; attaques dirigées contre des écoles ou
des hôpitaux; viols et enlèvements d'enfants; refus
d'autoriser l'accès des organismes humanitaires aux enfants.
Dans la résolution adoptée, le Conseil
prie le Secrétaire général d'instituer
sans tarder ce mécanisme qui fonctionnera avec la participation
et la coopération des gouvernements et des acteurs concernés
de l'ONU et de la société civile, y compris au niveau
des pays. Dans un premier temps, le mécanisme sera appliqué,
dans la limite des ressources disponibles, aux parties aux conflits
armés dont la liste figure en annexe du rapport du Secrétaire
général.
En outre, le Conseil a décidé ce matin de créer
un groupe de travail composé de tous ses membres,
qui sera chargé d'examiner les rapports du mécanisme,
ainsi que les progrès accomplis dans l'élaboration
et l'exécution de certains termes de la résolution
1539 de 2004 concernant des plans d'action. Dans cette résolution,
le Conseil demandait aux parties aux conflits armés de
préparer dans les trois mois, des plans d'action concrets
et à délais pour arrêter le recrutement
et l'utilisation d'enfants soldats en violation des obligations
internationales, en collaboration étroite avec les missions
de maintien de la paix et les équipes de pays de l'ONU,
conformément à leurs mandats respectifs. Le Conseil
charge en outre le groupe de travail créé
par la résolution de lui recommander des mesures susceptibles
de favoriser la protection des enfants touchés par des
conflits armés, y compris des recommandations touchant
le mandat d'une opération de maintien de la paix ou intéressant
les parties à un conflit.
Pour l'examen de la question des enfants dans les conflits
armés, le Conseil de sécurité était
saisi du rapport du Secrétaire général
y relatif, et qui lui a été présenté
le 23 février 2005.
LES ENFANTS ET LES CONFLITS ARMES
Texte du projet de résolution (S/2005/477)
Le Conseil de sécurité,
Réaffirmant ses résolutions 1261 (1999)
du 25 août 1999, 1314 (2000) du 11 août 2000, 1379
(2001) du 20 novembre 2001, 1460 (2003) du 30 janvier 2003 et
1539 (2004) du 22 avril 2004, qui constituent un cadre général
pour la protection des enfants touchés par les conflits
armés,
Tout en prenant note des progrès accomplis dans
le sens de la protection des enfants touchés par les conflits
armés, en particulier dans les domaines de la sensibilisation
du public et de l'élaboration de règles et normes,
demeurant profondément préoccupé par l'absence
de progrès sur le terrain, où les belligérants
continuent de violer impunément les dispositions du droit
international relatives aux droits et à la protection des
enfants dans les conflits armés,
Soulignant que c'est aux gouvernements qu'il incombe
au premier chef d'offrir à tous les enfants touchés
par les conflits armés une protection et des secours efficaces,
Rappelant la responsabilité qu'ont tous les Etats
de mettre fin à l'impunité et de poursuivre quiconque
est responsable de génocide, de crimes contre l'humanité,
de crimes de guerre et autres crimes odieux commis sur la personne
d'enfants,
Convaincu que la protection des enfants dans les conflits
armés devrait constituer un volet important de toute stratégie
d'ensemble de règlement des conflits,
Rappelant qu'il a la responsabilité principale
du maintien de la paix et de la sécurité internationales
et, à cet égard, qu'il est résolu à
s'attaquer à la question générale de l'impact
des conflits armés sur les enfants,
Soulignant sa détermination à faire respecter
ses résolutions et les autres règles et normes internationales
relatives à la protection des enfants en période
de conflit armé,
Ayant examiné le rapport du Secrétaire
général en date du 9 février 2005 (S/2005/72)
et soulignant que la présente résolution n'a pas
pour objet de se prononcer en droit sur le point de savoir si
les situations visées dans le rapport du Secrétaire
général sont ou non des conflits armés au
sens des Conventions de Genève et des Protocoles
additionnels auxdites conventions, et qu'elle ne préjuge
pas le statut juridique des parties non étatiques en présence,
Gravement préoccupé par les liens avérés
qui existent entre l'emploi d'enfants soldats en violation du
droit international applicable et le trafic illicite d'armes légères
et soulignant la nécessité pour tous les Etats de
prendre des mesures pour prévenir et faire cesser ce trafic,
1. Condamne fermement le recrutement et l'emploi
d'enfants soldats par les parties à un conflit armé
en violation des obligations internationales mises à leur
charge, ainsi que toutes autres violations et tous autres sévices
commis sur la personne d'enfants en période de conflit
armé;
2. Prend note du plan d'action présenté
par le Secrétaire général tendant à
mettre en place le mécanisme de surveillance et de communication
de l'information sur les enfants et les conflits armés
demandé au paragraphe 2 de sa résolution 1539 (2004)
et, à cet égard :
a) souligne que ce mécanisme sera chargé
de recueillir et communiquer rapidement des informations objectives,
exactes et fiables sur le recrutement et l'emploi d'enfants soldats
en violation du droit international applicable ainsi que sur les
autres violations et sévices commis sur la personne d'enfants
en période de conflit armé, et de rendre compte
au groupe de travail visé au paragraphe 8 de la présente
résolution;
b) souligne aussi que ce mécanisme devra fonctionner
avec la participation et la coopération des gouvernements
et des acteurs concernés de l'Organisation des Nations
Unies et de la société civile, y compris au niveau
des pays;
c) précise que toutes mesures prises par les organismes
des Nations Unies dans le cadre du mécanisme de surveillance
et de communication de l'information doivent viser à soutenir
et compléter, le cas échéant, les prérogatives
des gouvernements en matière de protection et de réadaptation;
d) précise aussi que tout dialogue établi
dans le cadre du mécanisme de surveillance et de communication
de l'information par des organismes des Nations Unies avec des
groupes armés non étatiques en vue d'assurer la
protection des enfants et d'avoir accès à ces derniers
doit s'inscrire dans le cadre du processus de paix qui existerait
et de la coopération générale entre l'Organisation
des Nations Unies et le gouvernement concerné;
3. Prie le Secrétaire général d'instituer sans tarder le mécanisme susmentionné de surveillance et de communication de l'information, et de l'appliquer dans un premier temps, dans la limite des ressources disponibles et en étroite consultation avec les pays concernés, aux parties aux conflits armés dont le Conseil est saisi mentionnées dans la liste annexée au rapport du Secrétaire général (S/2005/72), puis, en étroite consultation avec les pays concernés, aux parties aux autres conflits armés mentionnées dans la liste annexée au rapport du Secrétaire général (S/2005/72), en gardant à l'esprit les débats au Conseil de sécurité et les vues exprimées par les Etats Membres, notamment lors du débat annuel consacré aux enfants et aux conflits armés, et en tenant également compte des constatations et recommandations issues d'un examen indépendant de la mise en uvre du mécanisme qui devront être communiquées au Conseil de sécurité le 31 juillet 2006 au plus tard, cet examen indépendant devant comprendre :
a) une évaluation de l'efficacité d'ensemble
du mécanisme indiquant en quoi les informations qu'il aura
recueillies sont exactes, objectives, fiables et fournies en temps
utile;
b) des informations renseignant sur l'efficacité
des liens que le mécanisme aura su établir entre
ses travaux et ceux du Conseil de sécurité et d'autres
organes des Nations Unies;
c) des informations renseignant sur l'intérêt
et la clarté de la division des tâches;
d) des informations sur les incidences budgétaires
et autres pour les organismes des Nations Unies et les organisations
financées par contributions volontaires qui financeront
le mécanisme;
e) des recommandations tendant à parfaire la mise en uvre du mécanisme;
4. Souligne que le mécanisme de surveillance
et de communication de l'information mis en place par le Secrétaire
général aura pour vocation et finalité uniques
de protéger les enfants touchés par les conflits
armés, sa mise en place ne préjugeant ni n'impliquant
quelque décision du Conseil de sécurité tendant
à le saisir de telle ou telle situation;
5. Salue les initiatives prises par le Fonds
des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et d'autres organismes
des Nations Unies de recueillir des informations sur le recrutement
et l'emploi d'enfants soldats en violation du droit international
applicable ainsi que sur les autres violations et sévices
commis contre des enfants en période de conflit armé
et invite le Secrétaire général à
tenir dûment compte de ces initiatives pendant la phase
initiale de la mise en place du mécanisme visé au
paragraphe 3;
6. Note que les informations recueillies par
ce mécanisme aux fins de l'établissement de rapports
du Secrétaire général à l'Assemblée
générale et au Conseil de sécurité
pourront servir à d'autres organes internationaux, régionaux
et nationaux, chacun dans les limites de son mandat et de son
champ de compétence, en vue d'assurer la protection, le
respect des droits et le bien-être des enfants touchés
par les conflits armés;
7. Exprime la grave préoccupation que
lui inspire l'absence de progrès dans l'élaboration
et l'exécution des plans d'action qu'il a demandés
au paragraphe 5 a) de sa résolution 1539 (2004) et, en
conséquence, demande aux parties concernées d'arrêter
et d'exécuter sans plus tarder leurs plans d'action, en
étroite collaboration avec les missions de maintien de
la paix et les équipes de pays de l'Organisation des Nations
Unies, dans le respect de leurs mandats respectifs et la limite
de leurs moyens; et prie le Secrétaire général
de définir des critères propres à faciliter
l'élaboration de ces plans d'action;
8. Décide de créer un groupe de
travail du Conseil de sécurité composé de
tous les membres du Conseil qui sera chargé d'examiner
les rapports du mécanisme visé au paragraphe 3 de
la présente résolution; les progrès accomplis
dans l'élaboration et l'exécution des plans d'action
visés au paragraphe 7 de la présente résolution;
et toutes autres informations qui lui seront communiquées;
décide en outre de charger le groupe de travail de :
a) recommander au Conseil des mesures susceptibles de
favoriser la protection des enfants touchés par des conflits
armés, y compris des recommandations touchant le mandat
d'une opération de maintien de la paix ou intéressant
les parties à un conflit;
b) demander, le cas échéant, à d'autres
organismes des Nations Unies de prendre, chacun selon son mandat,
des mesures propres à faciliter l'application de la présente
résolution;
9. Rappelle le paragraphe 5 c) de sa résolution
1539 (2004) et réaffirme qu'il a l'intention d'envisager
d'imposer, par des résolutions visant spécialement
tel ou tel pays, des mesures ciblées et calibrées,
dont l'interdiction d'exporter ou de livrer des armes légères
et d'autres matériels militaires et de l'assistance militaire,
à l'encontre de parties à des conflits armés
dont le Conseil est saisi qui violeraient les dispositions du
droit international relatives aux droits et à la protection
des enfants en période de conflit armé;
10. Souligne la responsabilité qui incombe
aux missions de maintien de la paix et aux équipes de pays
des Nations Unies, selon leurs mandats respectifs, de veiller
à ce qu'il soit effectivement donné suite aux résolutions
du Conseil de sécurité, de répondre de manière
coordonnée aux problèmes que posent les enfants
touchés par un conflit armé, de suivre la situation
et de faire rapport à ce sujet au Secrétaire général;
11. Se félicite des efforts déployés
par les opérations de maintien de la paix des Nations Unies
pour appliquer la politique de tolérance zéro du
Secrétaire général à l'égard
de l'exploitation et de la violence sexuelles et s'assurer que
leur personnel respecte strictement le code de conduite de l'Organisation
des Nations Unies, prie le Secrétaire général
de continuer de prendre toutes mesures nécessaires à
cet égard et d'en tenir le Conseil informé, et exhorte
les pays qui fournissent des contingents à prendre les
mesures préventives qui s'imposent, notamment en menant
avant le déploiement des actions de sensibilisation à
ces questions et en prenant des mesures, y compris disciplinaires,
pour amener les personnels mis en cause à répondre
pleinement de leurs actes;
12. Décide de continuer d'insérer
des dispositions visant spécifiquement à protéger
les enfants dans les mandats des opérations de maintien
de la paix des Nations Unies, y compris, selon le cas, l'affectation
de conseillers en protection de l'enfance, et prie le Secrétaire
général de veiller à ce que l'utilité,
le nombre et le rôle de ces conseillers soient systématiquement
évalués à l'occasion de la préparation
de chaque opération de maintien de la paix; et accueille
avec satisfaction l'analyse détaillée de leurs fonctions
et activités qui a été entreprise en vue
d'en tirer les enseignements et d'en dégager les meilleures
pratiques;
13. Salue les initiatives prises récemment
par des organisations et des accords régionaux et sous-régionaux
pour protéger les enfants en période de conflit
armé et les encourage à : continuer de faire une
place à la protection des enfants dans leurs activités
de sensibilisation, leurs politiques et leurs programmes; mettre
au point des mécanismes d'examen par les pairs, de suivi
et de communication de l'information; instituer des mécanismes
de protection des enfants au sein de leurs secrétariats;
affecter à leurs opérations de paix et à
leurs opérations sur le terrain des spécialistes
de la protection de l'enfance, et prévoir des activités
de formation dans ce domaine; prendre des initiatives aux niveaux
régional et sous-régional pour mettre un terme aux
activités dangereuses pour les enfants en période
de conflit, notamment leur recrutement et leur enlèvement
à travers les frontières, le trafic d'armes légères
et le commerce illicite des ressources naturelles, en arrêtant
et en faisant appliquer des directives concernant les enfants
en période de conflit armé;
14. Demande à toutes les parties concernées
de veiller à ce que les processus de paix, les accords
de paix et les plans et programmes de relèvement et de
reconstruction au lendemain de conflits prennent systématiquement
en compte la protection, les droits et le bien-être des
enfants;
15. Demande à toutes les parties concernées
de respecter les obligations internationales à elles faites
concernant la protection des enfants touchés par les conflits
armés ainsi que les engagements concrets qu'elles ont pris
envers le Représentant spécial du Secrétaire
général pour les enfants et les conflits armés,
l'UNICEF et d'autres organismes des Nations Unies et de coopérer
pleinement avec les missions de maintien de la paix et les équipes
de pays des Nations Unies, selon les modalités prévues
par le cadre de coopération convenu entre les Nations Unies
et le gouvernement concerné, le cas échéant,
pour assurer le suivi et l'exécution de ces engagements;
16. Demande instamment aux Etats Membres, aux
organismes des Nations Unies, aux organisations régionales
et sous-régionales et aux autres parties concernées
de prendre les mesures voulues pour contrôler les activités
illicites sous-régionales et internationales dangereuses
pour les enfants, notamment l'exploitation illégale de
richesses naturelles, le trafic illicite d'armes légères,
l'enlèvement d'enfants ainsi que leur recrutement et leur
emploi comme soldats, et les autres violations et sévices
commis sur la personne d'enfants en période de conflit
armé en violation du droit international applicable;
17. Demande instamment toutes les parties concernées,
y compris les Etats Membres, les organismes des Nations Unies
et les institutions financières, d'appuyer le développement
et le renforcement des capacités des institutions nationales
et des réseaux locaux de la société civile
en matière de sensibilisation du public, de protection
et de réadaptation des enfants touchés par un conflit
armé, en vue d'assurer la viabilité à long
terme des initiatives locales de protection de l'enfance;
18. Prie le Secrétaire général
de donner instructions à tous les organismes compétents
des Nations Unies de prendre des mesures concrètes, dans
la limite des ressources existantes, pour prendre systématiquement
en compte, chacun en ce qui le concerne, la question des enfants
dans les conflits armés, notamment en veillant à
ce que des ressources financières et humaines suffisantes
soient affectées à la protection des enfants touchés
par la guerre dans tous les bureaux et départements concernés
et sur le terrain; et de renforcer, dans le cadre de leurs mandats
respectifs, leur coopération et leur coordination au service
de la protection des enfants en période de conflit armé;
19. Prie de nouveau le Secrétaire général
de veiller à ce que la protection des enfants soit expressément
traitée dans tous ses rapports consacrés à
la situation dans un pays donné et entend prêter
toute l'attention voulue aux informations qui y figurent lorsqu'il
examine celles de ces situations dont il est saisi;
20. Prie le Secrétaire général
de lui présenter en novembre 2006 au plus tard un rapport
sur l'application de la présente résolution et de
ses résolutions 1379 (2001), 1460 (2003) et 1539 (2004),
qui comprenne notamment :
a) des informations sur le respect par les parties de
l'obligation à elles faite de mettre fin au recrutement
ou à l'emploi d'enfants dans des conflits armés
en violation du droit international applicable ainsi qu'aux autres
violations commises contre des enfants en période de conflit
armé;
b) des informations sur les progrès accomplis dans
la mise en place du mécanisme de surveillance et de communication
de l'information visé au paragraphe 3;
c) des informations sur l'état d'avancement de l'élaboration
et de l'exécution des plans d'action visés au paragraphe
7 de la présente résolution;
d) une évaluation des fonctions et activités
des conseillers en protection de l'enfance;
21. Décide de demeurer activement saisi
de la question.
Source : Nations unies, New York, juillet 2005.
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