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BIT, GENEVE, JUIN 2005 / LA JOURNEE MONDIALE CONTRE LE TRAVAIL DES ENFANTS
__L'OIT lance un appel pressant à l'interdiction mondiale du travail forcé des enfants dans la petite exploitation de mines et de carrières
La dure réalité des enfants de la mine
Un million d'enfants âgés de 5 à
17 ans travaillent dans les mines et les carrières à
travers le monde dans des conditions inhumaines. Quinze pays se
sont engagés à abolir cette pratique d'ici dix ans,
a annoncé, le 9 juin 2005, à Genève,
le Bureau international du travail (BIT).
La Journée mondiale contre le travail des enfants,
célébrée le 12 juin, est consacrée
cette année aux enfants qui, parce qu'ils sont plus petits
que les adultes, sont poussés à descendre dans les
tunnels d'exploitations artisanales au péril de leur vie.
Le BIT veut leur trouver des alternatives.
"Le danger est tel pour les enfants qui travaillent dans
les mines et dans les carrières - où ils risquent
leur santé, leur sécurité et, en effet, leurs
vies - qu'il faut agir sans plus attendre", a déclaré
Juan Somavia, directeur général du BIT. "Un
million d'enfants portent des charges trop lourdes pour leur corps
et endossent des responsabilités écrasantes compte
tenu de leur âge. Aussi, devons-nous ensemble ôter
ce poids qui pèse sur leurs épaules en les retirant
des mines et des carrières pour les scolariser".
Parmi les 15 pays qui se sont engagés à éliminer
le travail des enfants dans le secteur de la petite exploitation
de mines et de carrières, se trouvent le Brésil,
le Burkina Faso, la Colombie, la Côte d'Ivoire, l'Equateur,
le Ghana, la Mongolie, le Nicaragua, le Pakistan, les Philippines,
le Sénégal, la Tanzanie et le Togo.
Outre un million d'enfants, treize millions d'adultes travaillent
dans ce secteur, faisant vivre 80 millions de personnes, selon
les estimations du BIT. L'effondrement des galeries, les explosions
accidentelles, la manipulation de substances toxiques comme le
mercure et le plomb, les maladies chroniques telles que la silicose,
sont autant de facteurs obérant toute chance pour les enfants
de devenir un jour des adultes en bonne santé.
Ajouté à la saleté et à des conditions
de travail dangereuses, le transport de lourdes charges au cours
de longues heures de travail augmente le risque d'accident et
de maladie et obère toute chance pour les enfants de devenir
un jour des adultes en bonne santé.
Selon le BIT, près de 250 millions d'enfants travaillent
dans le monde, dont 179 millions dans des conditions dangereuses.
L'APPEL DE L'OIT
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Groupe de jeunes filles travaillant dans une mine à ciel ouvert. Photo E. Gianotti, BIT, Genève.
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Comme le souligne la documentation de base publiée
par le Programme international pour l'abolition du travail
des enfants (IPEC), la plupart des enfants impliqués
dans la petite exploitation de mines et de carrières opèrent
sur des sites artisanaux. On trouve souvent ces sites dans des
zones isolées, difficiles d'accès, rebelles à
la réglementation, ce qui entrave les efforts déployés
pour venir en aide aux enfants qui y travaillent. La plupart
du temps, les enfants travaillent dans les mines et dans les carrières
parce qu'ils sont pauvres, comme leur famille, et parce qu'il
n'y a pas d'établissements scolaires. Les régions
où l'on trouve la petite exploitation minière n'offre
que peu de perspectives d'emploi et on attend des enfants qu'ils
contribuent personnellement au revenu familial.
"C'est la pire forme de travail dangereux et nous sommes
convaincus qu'un effort concerté de nos mandants peut nous
permettre d'envoyer le travail des enfants dans les mines et dans
les carrières à la poubelle de l'histoire",
souligne Guy Thijs, directeur du Programme international pour l'abolition du travail des enfants (IPEC). "La quasi-totalité de ce million d'enfants se trouve dans des régions pauvres et isolées, échappant à toute réglementation. De manière générale, nous savons localiser ces enfants et nous avons démontré que les populations concernées peuvent mettre fin au travail des enfants dans les mines et dans les carrières grâce à la mise en uvre de stratégies intégrées de développement rural. Ces stratégies visent à améliorer les services essentiels et l'accès au marché, à renforcer la gouvernance et à assurer le respect des règles relatives à la sécurité et à l'âge minimum. Elles font en sorte que les enfants puissent accéder à l'éducation et à la formation professionnelle".
Sur certains sites d'exploitation minière, les enfants
travaillent jusqu'à 90 mètres de profondeur simplement
munis d'une corde pour descendre et monter, sans aération,
et avec pour seule source d'éclairage une bougie ou une
lampe torche. Dans les petites exploitations minières,
les enfants creusent des tunnels et transportent de lourdes charges
de pierres, plongent dans les rivières ou dans des tunnels
inondés à la recherche de minerai, préparent
les explosions souterraines et circulent dans des galeries si
étroites qu'elles ne sont pas plus larges que leur corps.
Dans les carrières, les enfants creusent le sable, la roche
et la terre, transportant ensuite de lourdes charges sur leur
tête ou sur leur dos. Pourvus d'outils conçus pour
des adultes, ils passent des heures à concasser des pierres
pour en faire du gravier, afin de produire des matériaux
de construction pour les entreprises de travaux publics et du
bâtiment.
Les blessures et les malformations vertébrales liées
au transport de lourdes charges, les chutes de pierres pouvant
entraîner la mort et les maladies chroniques sont l'éventail
de risques pour la santé des enfants. A cela s'ajoutent
des dangers d'ordre environnemental comme la pollution de la terre,
de l'eau et de l'air par des substances toxiques telles que le
mercure. Souvent, on ne trouve ni eau potable, ni services de
santé, ni école, particulièrement dans les
régions les plus isolées. Et dans les endroits où
il est possible de trouver des écoles et des dispensaires,
les enfants ne peuvent généralement pas en bénéficier
en raison de leurs obligations professionnelles. En outre, le
travail des enfants dans les mines et dans les carrières
les amène à participer au commerce de la drogue
et de l'alcool ou à se prostituer. Autant d'activités
également considérées comme les pires formes
de travail par la Convention n° 182 de l'Organisation
internationale du travail (OIT).
L'OIT a élaboré des règles spécifiques concernant l'exploitation minière. La convention (n° 176) sur la santé et la sécurité dans les mines et la recommandation (n° 183), toutes deux de 1995, en sont les exemples les plus récents. En 1999 et en 2002, les réunions tripartites de l'OIT sur l'exploitation minière ont recommandé l'adoption de mesures énergiques contre le travail des enfants dans le secteur de la petite exploitation minière. Depuis lors, le Programme de l'OIT pour l'abolition du travail des enfants a mis en uvre nombre de projets de coopération technique afin de démontrer que l'on peut mettre fin au travail des enfants dans les mines et dans les carrières.
Les projets pilotes de l'IPEC en Mongolie, en Tanzanie, au
Niger et dans les pays andins de l'Amérique du Sud ont
montré que le meilleur moyen de venir en aide aux enfants
est de travailler avec les communautés dont ils sont issus
et de promouvoir la viabilité, la sécurité
et la durabilité de l'environnement économique et
de tracer de nouvelles perspectives d'avenir pour les enfants
en favorisant leur accès à des écoles décentes,
à la formation et aux services essentiels.
Selon l'OIT, près de 250 millions d'enfants travailleraient
dans le monde. Un million d'entre eux environ travailleraient
dans les mines et dans les carrières, accomplissant des
tâches considérées comme les pires formes
de travail des enfants par la convention n° 182 de l'OIT.
Adopté en 1999, cet instrument vise notamment "les
travaux qui s'effectuent dans un milieu malsain pouvant exposer
des enfants à des substances toxiques, des procédés
dangereux ou à une extrême température".
La convention n° 182 et l'instrument qui la précède,
à savoir, la convention n° 138 sur l'âge minimum
adoptée en 1973, figurent parmi les conventions de l'OIT
les plus largement ratifiées.
Source : OIT, Genève, juin 2005.
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