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Le 50e anniversaire des Conventions de Genève __Pour plus d'humanité en temps de guerre Lorsque, le 12 août 1999, on [a] célébré à Genève le 50e anniversaire des Conventions de Genève sur la protection des victimes de guerre, l'euphorie [n'était] pas de mise. Certes, les quatre conventions et leurs protocoles additionnels ont été ratifiés par presque tous les Etats et ils protègent les victimes de guerre par des règles claires. Mais ces dernières sont, encore et toujours, gravement violées. Un appel entendu
Alors que les trois premières Conventions s'appuyaient sur des traités existants, la quatrième abordait un domaine nouveau : la protection des populations civiles soumises au pouvoir d'un belligérant, notamment dans les territoires occupés. Les quatre Conventions sont applicables en cas de conflit armé à caractère international. Toutefois elles comportent et c'était une nouveauté dans le droit de la guerre une disposition sur les conflits internes, une sorte de "mini-convention" (art.3). Humanité, impartialité, neutralitéLes 429 articles des Conventions concrétisent trois principes à vocation universelle, qui figurent parmi les principes fondamentaux du mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge : l'humanité, l'impartialité et la neutralité. Ratifiées par 188 Etats, les Conventions ont une portée quasi universelle. Un grand nombre de leurs dispositions a acquis un statut coutumier. A la fin du XXe siècle, les conflits armés continuent à prendre le pas sur la négociation. Les Conventions de Genève ont été adoptées il y a cinquante ans pour protéger les victimes de la guerre. Elles constituent le fondement du droit international humanitaire. Différents développements survenus dans la seconde moitié de ce siècle ont fait apparaître la nécessité d'un nouvel effort normatif. Il s'agit de l'élargissement de la communauté des Etats, des progrès de la technique, des nouvelles méthodes de combat, de la multiplication des conflits internes liés à la décolonisation, ainsi que du besoin croissant de protéger l'individu contre l'arbitraire de l'Etat. [La Suisse] a décidé de convoquer une conférence diplomatique sur le développement du droit international humanitaire. Cette conférence s'est réunie de 1974 à 1977. A l'issue de ses travaux, elle a adopté deux Protocoles additionnels, portant respectivement sur les conflits internationaux et les conflits non internationaux. Les Conventions de Genève et leurs Protocoles additionnels constituent les piliers du droit international humanitaire ce droit qui tend à protéger les personnes et les objets civils des terribles conséquences des conflits armés. Ils sont complétés par des traités internationaux concernant, notamment, l'usage des armes biologiques, bactériologiques, chimiques et conventionnelles -, la protection des biens culturels et la répression des violations du droit humanitaire. On y compte, par exemple, la Convention sur l'interdiction globale des mines antipersonnel et le Statut de la Cour pénale internationale. Difficile mise en œuvreLe droit international humanitaire est un ensemble normatif bien développé ; seuls quelques domaines, tels que l'utilisation d'enfants soldats, ne sont pas réglés de manière appropriée. La plupart des règles concernent toutefois les conflits internationaux, alors qu'à l'heure actuelle la majorité des conflits armés ne présentent pas un caractère international. Une tâche essentielle aujourd'hui est la mise en oeuvre du droit en vigueur. Or, celle-ci est difficile, principalement pour trois raisons :
Dans les années à venir, il conviendra de mieux faire connaître les principes du droit humanitaire, et ce à tous les niveaux : dans les armées, auprès des autorités politiques, mais aussi dans les écoles et les universités. Cette diffusion devra tenir compte à la fois des coutumes locales et des moyens de communication modernes. Alain-Denis Henchoz, chef de la Section Droits de l'homme et droit humanitaire, Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), Berne. Article publié dans la revue La Suisse et le monde, numéro 3, 1999. |