L'adoption des Conventions par la Conférence diplomatique, leur signature par les gouvernements marquent un pas décisif vers l'application pratique de ces instruments juridiques. Cependant, pour qu'ils acquièrent leur pleine valeur et leur pleine efficacité, il faut encore qu'ils soient ratifiés. C'est l'affaire des parlements. Il reste donc une oeuvre de persuasion à accomplir et c'est, dans chaque cas, l'opinion publique qui devra faire pression sur ses mandataires pour que ce dernier pas décisif soit accompli dans les délais les plus brefs. Il ne faut pas que les Conventions de Genève restent lettre morte. Le désir de paix qui réside dans le cur de chaque hommeUne telle éventualité est au reste inconcevable. Dans son discours de clôture, M. Le conseiller fédéral Max Petitpierre, président de la Conférence diplomatique, a souligné que l'idéal de la Croix-Rouge découle d'une pensée absolument pure et répond au profond désir de paix qui réside dans le cur de chaque homme. Il doit être interprété surtout comme une condamnation de la guerre. "Nous ne voulons pas désespérer, a-t-il ajouté, qu'un jour la condition des hommes soit libérée de ce fléau. Et notre voeu le plus ardent serait que ces quatre Conventions n'eussent jamais l'occasion d'être appliquées, ne connussent jamais l'épreuve de la réalité." Ainsi, il n'y a aucune échappatoire possible pour aucun gouvernement. Les peuples ne comprendraient pas que leurs dirigeants puissent refuser de donner force de loi aux Conventions qu'ils ont adoptées, qui constituent un des rares terrains sur lequel toutes les nations de la terre ont montré qu'elles pouvaient s'entendre, et qui sont, dans leur essence, un geste de paix. René Bovey. Journal de Genève, 13-14 août 1949.
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