12 août 99, Genève : 50e anniversaire des Conventions de Genève

Mme Ruth Dreifuss: "Nous réaffirmons que le droit international
humanitaire appartient au patrimoine universel
et qu'il doit être concrétisé par l'action."


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Allocution de Mme Ruth Dreifuss, Présidente de la Confédération suisse, le 12 août 1999, au Bâtiment des Forces Motrices, à Genève.

Aujourd'hui, 12 août 1999, cinquante ans après l'adoption des Conventions de Genève, nous [entendons] un appel solennel prononcé au nom des millions de victimes de la guerre. C'est à la responsabilité des Etats comme à celle des individus que s'adresse cet appel; il doit retenir toute notre attention.

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Le droit international humanitaire, dont les Conventions de Genève sont un pilier central, se base sur les principes fondamentaux du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. La Suisse est fière que son nom et ses couleurs soient portés dans le monde comme le symbole de ce droit qui matérialise la volonté de respecter la vie humaine et la dignité des personnes, même dans les pires circonstances.

Ayant contribué avec d'autres Etats à l'élaboration des Conventions de Genève et étant l'Etat dépositaire de ces conventions, elle ressent une responsabilité particulière à leur égard.

Le droit est l'instrument indispensable pour lutter contre le crime

Si le droit humanitaire a maintenant une longue histoire, si 188 Etats sont désormais parties aux Conventions de Genève, les actes de barbarie, les crimes de guerre et ceux contre l'humanité n'ont pas pour autant disparu. Au contraire. Les dernières décennies ont vu un nombre croissant de conflits internes, des atteintes de plus en plus graves aux populations civiles. Est-ce à dire que le droit humanitaire est vide de sens, voué à l'échec ? Est-ce à dire que l'accumulation des souffrances nous amène à tolérer le pire ? Certainement pas!

Le droit international humanitaire comporte des règles généralement reconnues et acceptées par tous. Sans ce droit, les actes de cruauté, les crimes contre l'humanité ne pourraient être ni dénoncés ni réprimés. Le droit ne peut supprimer le crime, mais il est l'instrument indispensable pour lutter contre lui.

La vengeance individuelle n'est jamais porteuse de paix et de réconciliation

PhotoLa Suisse s'engage en faveur de la promotion et de la diffusion du droit international humanitaire. Car pour devenir plus encore instrument de prévention des souffrances, le droit international humanitaire doit avant tout être connu et reconnu. Or, trop souvent les valeurs sur lesquelles se basent les Conventions de Genève sont défiées voire niées au nom de particularismes et d'histoires spécifiques. Malheureusement, les moyens matériels d'agression - telles les armes légères ou les mines antipersonnel - sont distribués bien plus rapidement que l'éducation de base ou les soins de santé pour tous.

Il est également essentiel de nous engager en faveur d'une meilleure connaissance du droit international humanitaire dans les périodes suivant les conflits. Nous le savons, aux temps de guerre succède une situation instable et fragile, dans laquelle le retour à la vie normale est fortement hypothéqué par les souffrances subies. Ce retour aux joies et aux soucis quotidiens, si nécessaire, si urgent, peut être fortement favorisé par le jugement et la condamnation des auteurs de crimes. La vengeance individuelle n'est jamais porteuse de paix et de réconciliation ; la justice, elle, l'est, quand elle s'exerce selon un droit reconnu, accepté et légitime.

Eduquer au respect de la dignité humaine en toutes circonstances

Prévenir les conflits, éduquer au respect de la dignité humaine en toutes circonstances, être présent lors des phases de reconstruction et de pacification et réprimer les infractions seront les priorités des actions humanitaires de la Suisse dans les prochaines années.

Par là, avec la Communauté internationale, nous affirmons notre conviction que ce qui rassemble les êtres humains est plus fort que ce qui les sépare, nous réaffirmons que le droit international humanitaire appartient au patrimoine universel et qu'il doit être concrétisé par l'action.

HautUn engagement renouvelé, cinquante ans après l'adoption des Conventions de Genève, est plus que jamais nécessaire. Il en va de notre responsabilité face à celles et ceux dont nous entendons aujourd'hui l'appel.

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