| Les allocutions : Kofi Annan - Mme Dreifuss - Mme Brunschwig Graf - M. Pierre Muller | | Message | Allocution |
Ici, tout nous rappelle l'engagement acharné et l'esprit visionnaire d'Henry Dunant, fondateur de la Croix-Rouge. Ici subsistent les symboles telle que la charrue de la paix, issue des armes fondues à jamais. Ici encore l'on trouve copie de la cloche qui marqua l'ouverture de la première séance de la Société des Nations. Ici enfin s'est fondée, il y a plusieurs mois, la Fondation internationale destinée à renforcer le déminage à des fins humanitaires. Assurer le respect des droits élémentaires des humains
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Martine Brunswig Graf : Aujourd'hui, le nom de Genève est synonyme,
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| Allocution de bienvenue de Madame Martine Brunschwig Graf, présidente du Conseil d'Etat de la République et canton de Genève, à l'occasion de la commémoration du 50e anniversaire des Conventions de Genève de 1949, jeudi 12 août 1999, au Bâtiment des Forces motrices. |
Au nom du Conseil d'Etat de la République et canton de Genève, j'ai le plaisir de vous apporter aux uns et aux autres un chaleureux message de bienvenue, dans une ville et canton qui n'ont cessé, au fil de l'Histoire, de ressentir leur attachement aux valeurs fondamentales de l'être humain et au respect des droits de l'homme.
Le CICR - ces quatre lettres qui nous sont devenues familières - résonne en chacun de nous, comme un constant rappel fait à chacun des responsabilités qui sont les siennes. Comment ne pas se sentir interpellé par l'engagement de celles et ceux qui, sur le terrain s'engagent au quotidien pour le respect des droits les plus élémentaires des humains.
Ces délégués que l'ancien président sud-africain, M. Nelson Mandela , a appelés un jour "les combattants de la liberté", font acte de courage et de force morale qui doivent nous conduire à notre tour à prendre notre part de responsabilité dans la lutte pour le respect de chacun.
Je tiens, en ce jour anniversaire et alors que ces délégués poursuivent leur mission envers et contre tout, à leur rendre hommage, ainsi qu'à vous, M. le président Sommaruga, infatigable voyageur combattant obstiné des violations des normes humanitaires à travers le monde.![]()
Cette journée consacrée à la commémoration des Conventions de Genève - expression concrète de règles qui devraient être respectées dans l'ensemble de la planète - nous conduit à saluer l'uvre d'Henry Dunant, citoyen visionnaire et courageux dont l'obstination et la volonté ont triomphé de tant d'obstacles pour nous amener à la première Convention de Genève et à la fondation de la Croix-Rouge.
Aujourd'hui, le nom de Genève est synonyme, pour nombre d'êtres humains, du dernier recours face à la barbarie. L'invocation des Conventions, même si souvent hélas, elle ne provoque pas les effets que l'on est en droit d'en attendre, nous rappelle néanmoins que le droit humanitaire voulu par les nations ne constitue pas qu'un texte juridique. Les attentes qu'elles éveillent et le rempart qu'elles devraient constituer nous prouvent constamment que la tâche n'est jamais terminée.
Ainsi, Henry Dunant le relevait en évoquant la fondation de la Croix-Rouge et la rédaction de son "Souvenir de Solferino" :
"J'étais soulevé", raconte-t-il, "et poussé par un sentiment extraordinaire, par une force supérieure qui me donnait comme le pressentiment de ce que mon uvre était appelée à devenir avec le temps."
Nous pouvons penser qu'aujourd'hui, il constaterait comme il l'écrivait au siècle dernier, que "le dernier mot de cette uvre n'est pas encore dit..."
Il nous revient à tous de poursuivre le chemin qu'il a tracé et de faire preuve de la même obstination, de la même tranquille conviction que le combat pour les humains n'est jamais terminé car l'Homme porte en lui le meilleur et le pire.
L'histoire récente nous le montre : la Croix-Rouge n'est pas reconnue par tous comme le symbole de la protection due aux personnes menacées et aux délégués qui leur viennent en aide.
De fait, l'espace humanitaire se voit contesté, et c'est précisément cet espace que les acteurs de l'humanitaire doivent à tout prix préserver, consolider et étendre.
M. le secrétaire général des Nations unies, dès votre entrée en fonction vous avez voulu renforcer Genève comme centre humanitaire international. Les autorités genevoises tiennent à contribuer à cet effort et à assumer, avec l'appui et la volonté de la Confédération, la part d'action qui leur incombe.
La tâche, j'en conviens, est immense. Mais la lucidité ne contrecarre pas l'espoir, elle en dessine la toile de fond. Le reste est affaire de volonté et de courage !
Martine Brunschwig Graf, Présidente du Conseil d'Etat, Genève, 12 août 1999.![]()
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