Le CICR a ainsi recueilli les opinions de milliers de personnes dans onze pays touchés, ou ayant été touchés, par la guerre : Afghanistan, Afrique du Sud, Bosnie-Herzégovine, Colombie, El Salvador, Géorgie/Abkhazie, Israël/TO/TA, Liban, Nigéria, Philippines et Somalie. La récolte des informations a été réalisée sur la base de questionnaires individuels, d'interviews et de groupes de discussion. Parallèlement, un sondage " miroir ", moins détaillé, a été effectué auprès de populations vivant dans des situations de paix aux États-Unis, en Fédération de Russie, en France, au Royaume-Uni et en Suisse. Une société américaine experte dans les sondages d'opinions, "Greenberg Research Inc.", a été chargée de définir la méthodologie la plus apte à ce projet unique en son genre, et de procéder à l'analyse des résultats. Une première "radioscopie" de l'état du droit international humanitaireChaque pays consulté fera l'objet d'un rapport spécifique, alors qu'une étude consolidée et comparative sera publiée à une date ultérieure. Ce sera, en quelque sorte, la première "radioscopie " globale de l'état du droit international humanitaire, dont les Conventions de Genève constituent la clef de voûte. Pour le CICR, - et pour tous ceux qui sont concernés, de près ou de loin, par le développement de l'action humanitaire et qui veulent résoudre les problèmes brûlants qui nuisent à son efficacité -, le projet " Les voix de la guerre " devrait, dans les mois à venir, apporter un certain nombre d'éléments utiles. En lançant un débat international sur la validité des principes du droit international humanitaire, en donnant aux cercles intéressés la première étude comparative sur l'état des connaissances de Les premiers témoignagesUn ancien guérillero de El Salvador. "Si vous vous trouvez pris dans un conflit, n'oubliez pas que vous êtes un être humain. Ne perdez pas vos qualités humaines. Cela vous aidera à ne pas faire d'erreurs et à ne pas gâcher des vies. Et c'est ce que vous pouvez espérer de mieux dans un conflit : de garder vos qualités humaines." Un ancien combattant dans un township d'Afrique du Sud. "Ça fait du mal de tuer. Nous sommes des tueurs - nous avons tué. Nos mains sont rouges de sang. Nous pensions protéger la communauté. Mais maintenant on nous considère comme des tueurs." Une femme au Liban, dont le mari est porté disparu. "Je voudrais dire combien il est important que les gens connaissent le droit pour qu'il soit appliqué. Malheureusement, il y a beaucoup de gens qui ne connaissent pas ces règles, ces lois. Ils deviennent eux-mêmes des victimes ... quand on leur fait du mal. Ils croient que c'est normal. Ils croient que c'est comme ça que les choses doivent se passer, que c'est la vie, parce qu'ils sont ignorants." Un civil en Bosnie-Herzégovine. "Ma soeur avait 57 ans et elle vivait seule à Sarajevo. Elle a été tuée là-bas. Si j'avais trouvé celui qui a tué ma soeur, je lui aurais tranché la gorge immédiatement. Et ne croyez pas que je ne l'aurais pas fait. Je vois les choses différemment maintenant que les passions sont moins fortes. Mais sur le coup, je ne sais pas ce que je lui aurais fait...de rage." Une femme déplacée en Somalie. "Si on tue les prisonniers, ça ne fera pas revenir un parent mort, et ça ne résoudra pas la guerre. Au lieu de cela, c'est dégradant et c'est contre l'Islam. Ils devraient les remettre aux organisations humanitaires." Une femme âgée en Géorgie. "Si un pays est attaqué, les habitants deviennent plus unis. Dans une guerre civile, la nature bestiale des gens ressort. Ils deviennent même capables de tuer des enfants." Un guérillero en Colombie. "Une guerre sans règles, ce serait une guerre barbare, où rien ne compterait à part le fait de gagner. Et gagner, ce n'est pas tout."
Source : Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Genève, 11 août 1999. | Le projet phare du CICR | Octobre 99 : les premiers rapports |
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