Durban 2001


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Durban II

NATIONS UNIES, GENEVE, 20-24 AVRIL 2009 | LA CONFERENCE D’EXAMEN DE DURBAN
__La méfiance à l'égard de la Conférence sur le racisme n'est pas justifiée, selon la haut commissaire aux droits de l'homme, Navi Pillay

La Conférence "Durban II" sur le racisme doit se dérouler du 20 au 24 avril 2009 au Palais des Nations à Genève. Elle doit assurer le suivi de celle qui s'était déroulée en 2001 dans la ville sud-africaine et s'était terminée dans la confusion et sur des accusations d'antisémitisme.

La haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a réitéré, le 2 mars 2009, sa conviction selon laquelle la conférence ne permettra pas une répétition du comportement antisémite de certaines organisations non gouvernementales (Ong) comme cela avait été le cas à Durban en 2001.

"Je suis pleinement consciente du fait que l'héritage de la Conférence de Durban a été entaché par le comportement antisémite de certaines organisations non gouvernementales (ONG) en marge de la conférence. Et que maintenant la Conférence d'examen est la cible de commentaires négatifs dans les médias et d'une campagne de lobbying de la part de ceux qui craignent une répétition de ces déclarations antisémites. Ce n'est pas justifié", a déclaré Navi Pillay, à l'ouverture de la 10ème session du Conseil des droits de l'homme, à Genève.

"En tant que secrétaire générale de la Conférence, j'ai réagi à ces distorsions afin que la situation soit claire", a souligné Navi Pillay, qui a insisté une fois de plus pour que le document final de la Conférence de Durban dépasse "les approches qui divisent, ainsi que celles qui sont intolérantes".

Elle s'est inquiétée du fait que l'absence d'accord général à la Conférence d'examen dépassant des intérêts étroits "aurait des répercussions négatives sur l'ensemble des droits de l'homme et des mécanismes connexes, pendant des années".

La "diffamation des religions"

Plusieurs pays ont décidé de ne pas participer à la conférence sur le racisme, à moins que le document final élimine toute référence à une situation particulière, celle d'Israël, ainsi qu'à la notion de diffamation des religions introduite par un certain nombre de pays islamiques.

Navi Pillay a déjà exhorté les Etats à "transcender leurs différences et à associer leurs efforts pour confronter le racisme et la xénophobie".

Elle s'est dite aussi en tant que haut commissaire préoccupée par la notion de "diffamation des religions" que plusieurs Etats islamiques tentent de voir consacrée, tandis que certains Etats occidentaux y sont réticents en ce qu'elle peut avoir un impact négatif sur la liberté d'expression.

Navi Pillay a suggéré que la question soit envisagée sous le cadre d'incitation à la haine religieuse, dans le cadre existant du droit international des droits de l'homme.

Certains pays ne participeront pas à la conférence 

Israël
et le Canada avaient annoncé, dès 2008, qu'ils boycotteraient la conférence de Genève. Les Etats-Unis ont également annoncé qu'ils ne participeraient pas à la conférence en raison de désaccords avec le projet de déclaration qui "focalise la critique sur Israël" et restreint "de façon inacceptable la liberté d'expression sous couvert de diffamation de la religion".

L'Italie a annoncé, le 6 mars, qu’elle ne participerait pas à la Conférence. "Le ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini, a décidé que l'Italie retirait sa délégation car elle n'approuve pas le projet de déclaration qui contient des phrases inacceptables, agressives et antisémites", a déclaré à l'Agence France-Presse (AFP) un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Le Royaume-uni a conditionné son soutien à "Durban II" à un "changement de cap" dans la préparation du projet de déclaration, tandis que la France a affirmé qu'elle n'hésiterait pas à s'en retirer si Israël devait être "stigmatisé".

"Nous n’accepterons pas que l’Etat d’Israël soit stigmatisé, que sa politique soit calomniée, ni que la communauté juive dans son ensemble soit flétrie. […] Nous n’hésiterons pas, dans le cas contraire, en lien avec nos partenaires européens, à en tirer toutes les conséquences et, si nécessaire, à nous retirer de cet exercice", à déclaré le Premier ministre français, François Fillon, le 2 mars devant le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF).

Le Congrès juif européen a appelé, le 3 mars, les pays de l'Union européenne à boycotter la conférence, qu'il a qualifiée de "tribunal anti-israélien".

09.03.2009.
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