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22 JANVIER 2003, PARIS ET BERLIN / DECLARATION COMMUNE FRANCO-ALLEMANDE A LOCCASION DU 40e ANNIVERSAIRE DU TRAITE DE LELYSEE
__L'amitié franco-allemande au service d'une responsabilité commune pour l'Europe

1. Le Traité de l'Elysée, signé
voici quarante ans entre la France et la République
fédérale d'Allemagne par le Général
de Gaulle et le Chancelier Adenauer, a scellé
la réconciliation entre nos deux nations et posé
les fondements d'une paix durable sur le continent. |
2. La France et l'Allemagne, membres fondateurs
des Communautés européennes, ont joué un
rôle moteur en donnant une impulsion aux grandes avancées
de la construction européenne, en particulier au cours
des vingt dernières années : l'Acte unique
européen, le Traité de Maastricht,
l'Euro, l'espace Schengen. Tout récemment,
l'Allemagne et la France ont eu à coeur de contribuer à
la réussite des négociations d'adhésion de
dix pays candidats conclues à Copenhague. La France et
l'Allemagne sont conscientes d'exercer une responsabilité
historique commune au service de l'Europe. Leur ambition est de
continuer de représenter une force de proposition susceptible,
sans rien imposer, d'entraîner leurs partenaires.
3. Le Traité de l'Elysée a également
inauguré une ère de coopération sans précédent
entre nos deux pays. Notre dialogue étroit et notre coopération
dans tous les domaines favorisent des échanges de plus
en plus intenses entre nos sociétés. Aujourd'hui,
nous rendons hommage à tous les acteurs qui ont contribué
au développement et l'approfondissement de ce dialogue,
qu'il s'agisse des personnalités politiques, des collectivités
territoriales, des entreprises, des associations, des établissements
éducatifs, scientifiques et culturels.
4. Nous saluons également l'action de l'Office
franco-allemand pour la jeunesse qui a permis à plus de
sept millions de jeunes de se rencontrer, de l'Université
franco-allemande, au sein de laquelle chaque année, plus
de 3.000 étudiants suivent des cursus binationaux intégrés,
et de la chaîne de télévision ARTE, symbole
de la volonté de coopération de nos deux pays et
qui vient de célébrer son dixième anniversaire.
Dans le domaine militaire, nous soulignons le rôle joué
par la brigade franco-allemande, à l'origine du corps européen,
qui nous permet de conduire conjointement des opérations
de gestion de crise. Au moment où la France et l'Allemagne
décident, à l'occasion de cet anniversaire, de renforcer
le lien qui les unit, ces institutions et l'ensemble des structures
de la coopération franco-allemande doivent adapter leurs
missions à cette nouvelle ère de rapprochement et
inscrire encore davantage leurs actions dans une perspective européenne.
5. Depuis 40 ans, le contexte de la coopération
franco-allemande a profondément évolué. La
fin de la guerre froide et l'unification allemande ont marqué
le début de la réunification de l'Europe. La conjonction
de l'élargissement de l'Union européenne et de l'adoption
d'une Constitution commune place nos deux pays devant des défis
considérables. Dans le contexte de la mondialisation, l'acquis
de 40 ans de coopération augure bien de notre capacité
à assumer les tâches de la nouvelle Europe. Aussi
sommes-nous déterminés à engager une nouvelle
étape dans la coopération entre nos deux pays.
Exercer notre responsabilité commune en Europe
6. La France et l'Allemagne sont liées
par une communauté de destin. Notre avenir commun
est indissociable de celui d'une Union européenne approfondie
et élargie. Aussi voulons-nous proposer à nos partenaires
une vision commune de l'Europe de demain et sommes-nous déterminés
à tout mettre en oeuvre pour promouvoir le renforcement
de cette Union.
7. Après une histoire douloureuse, nous nous
réjouissons des retrouvailles européennes scellées
au Conseil européen de Copenhague et sommes résolus
à faire de l'élargissement un succès, en
aidant les nouveaux pays membres à s'intégrer harmonieusement
au sein de l'Union européenne et à promouvoir, à
nos côtés, les valeurs qui sont l'essence du projet
européen. Nous préparerons ensemble les futures
adhésions, notamment celles de la Bulgarie et de la Roumanie,
et favoriserons la mise en place d'un partenariat privilégié
avec les Etats qui sont aux frontières de l'Union, pour
garantir la stabilité et la prospérité de
l'Europe et de ses voisins.
8. Cette Union élargie, plus diversifiée,
et donc plus complexe, doit conserver sa capacité de décision
et d'action. A cette fin, nous souhaitons la réussite de
la Convention sur l'avenir de l'Europe. Nous avons remis à
la Convention notre contribution sur les moyens permettant à
l'Union européenne de relever les défis internes
et externes auxquels elle est confrontée. Nous l'appelons
à établir les bases d'une Union plus forte, plus
démocratique, plus lisible, plus solidaire, plus efficace,
jouissant d'une plus grande crédibilité sur la scène
mondiale. Nous souhaitons que les institutions de l'Union puissent
être dotées d'une plus large capacité d'action,
d'une légitimité et d'une stabilité plus
assurées. Nous souhaitons également bâtir
une véritable Union des citoyens. C'est l'une des raisons
pour lesquelles la Charte des droits fondamentaux devrait être
intégrée dans le texte de la Constitution, donnant
toute leur force aux valeurs et aux principes qui sont le socle
de notre projet européen.
9. Nous sommes déterminés à faire
franchir à la politique étrangère et de sécurité
commune et à la politique européenne de sécurité
et de défense une nouvelle étape, afin de mettre
l'Union en mesure d'assumer pleinement son rôle sur la scène
internationale et de promouvoir à l'échelle mondiale
la liberté, la paix et la démocratie en accord avec
les valeurs qui sont les siennes. Nous proposons la création
d'une Union européenne de sécurité et de
défense, qui confèrera une forme concrète
et une efficacité à la solidarité et la sécurité
commune de ses membres et doit également contribuer au
renforcement du pilier européen de l'Alliance atlantique.
Pour marquer notre détermination en faveur de la poursuite
en ce sens d'une évolution de la politique européenne
de sécurité et de défense, nous engagerons
les efforts nécessaires à l'amélioration
des capacités militaires et, ce faisant, intensifierons
sensiblement notre coopération bilatérale.
10.Nous nous attacherons également à promouvoir
une nouvelle solidarité avec les pays du Sud afin d'assurer
en particulier le développement des pays les plus pauvres,
notamment dans le cadre des négociations engagées
sous l'égide de l'Organisation mondiale du commerce.
11. Il est de notre responsabilité conjointe
de développer les politiques communes de l'Union et de
les adapter aux réalités nouvelles de la construction
européenne car ces politiques constituent le fondement
essentiel de la solidarité entre les pays de l'Union. Aussi,
nous nous préparerons ensemble au grand débat qui
va s'ouvrir sur les perspectives financières de l'Union
et sur l'avenir des politiques communes après 2006, en
ayant à l'esprit le souci de globalité qui a inspiré
les conclusions du récent Conseil européen de Bruxelles
(24-25 octobre 2002).
12. Nous veillerons au respect du pluralisme linguistique
dans les institutions de l'Union et sommes déterminés
à prendre les mesures nécessaires en faveur de l'emploi
de l'allemand et du français dans les instances de l'Union
européenne, par exemple en favorisant l'apprentissage des
deux langues par les futurs fonctionnaires européens, en
particulier ceux des nouveaux pays membres, dans le cadre de programmes
de formation universitaires ou professionnels.
13. Nous souhaitons renforcer l'Europe comme espace
de liberté, de sécurité et de justice afin
que tous les citoyens européens vivent en sécurité
sur l'ensemble du territoire de l'Union, en particulier face au
développement de nouvelles menaces. L'Union européenne
doit être une communauté de droit et un espace citoyen.
Aussi entendons-nous favoriser la liberté de circulation
dans l'Union par la suppression des titres de séjour pour
les citoyens européens. Nous agirons également en
faveur d'une politique européenne commune du droit d'asile
et de l'immigration. Nous nous engageons aussi à mener
une politique active pour l'instauration d'un parquet européen,
la création d'un casier judiciaire européen, le
renforcement des capacités d'Europol, et la mise en place
d'une police européenne des frontières, qui permettra
de lutter efficacement contre les migrations clandestines.
Rendre la France et l'Allemagne plus solidaires par une coopération plus intense
14. Pour jouer pleinement leur rôle de force d'impulsion
et d'entraînement au sein de l'Union européenne,
nos deux pays doivent développer leur coopération
de manière exemplaire au sein de l'Union européenne.
Notre objectif est que nos projets puissent servir de base aux
politiques européennes. Nous prendrons donc des initiatives
bilatérales permettant d'expérimenter, dans des
domaines d'action prioritaires, une union plus étroite
entre nos citoyens, nos sociétés et nos institutions.
Jeunesse, éducation et sport
15.La diversité des langues est une richesse
pour l'Union et leur apprentissage ne peut être qu'une source
d'épanouissement et un atout pour les jeunes générations.
Nous souhaitons mener une action déterminée pour
l'enseignement de la langue du pays partenaire et, plus généralement,
nous entendons promouvoir ensemble un modèle d'éducation
qui permette aux jeunes d'acquérir la maîtrise de
deux langues étrangères européennes.
16. Nous déclarons le 22 janvier "journée
franco-allemande". Nous souhaitons qu'à l'avenir,
cette journée soit consacrée, dans toutes les institutions
de nos systèmes éducatifs, à une présentation
de nos relations bilatérales, à la promotion de
la langue du pays partenaire, et à une action d'information
sur les programmes d'échanges et de rencontres ainsi que
les possibilités d'études et d'emploi dans le pays
partenaire.
17. Notre objectif est d'encourager les jeunes de nos
deux pays à considérer la France et l'Allemagne
comme un cadre unique pour l'accomplissement de leurs études
et l'exercice de leur profession. Pour faciliter les échanges
d'étudiants et de jeunes en formation ainsi que la mobilité
professionnelle, nous continuerons d'oeuvrer à une pleine
et entière reconnaissance réciproque de nos diplômes
et à favoriser la transparence et la comparabilité
de nos qualifications professionnelles. Les ministres compétents
identifieront les obstacles qui restent à surmonter, arrêteront,
d'ici le prochain Sommet franco-allemand, un calendrier précis
pour la réalisation de cet objectif et devront rendre compte
régulièrement des progrès enregistrés
en ce sens. Il conviendra de promouvoir le développement
de l'Université franco-allemande et de la mettre en mesure
d'accueillir le plus grand nombre d'étudiants possible.
La France et l'Allemagne souhaitent lui donner une nouvelle dimension
en proposant à leurs partenaires européens de favoriser
la constitution de groupements d'établissements d'enseignement
supérieur. A l'avant-garde de l'Europe universitaire, ceux-ci
offriront aux étudiants un parcours académique intégré
au plan européen.
18. En vue d'intensifier les échanges sportifs,
nous souhaitons que soit présentée la candidature
commune de la France et de l'Allemagne à l'organisation
de compétitions sportives internationales. Nous appelons
à la mise en place de grandes manifestations franco-allemandes,
transfrontalières, sportives et populaires.
Société civile, culture et médias
19. Une coopération renforcée entre la
France et l'Allemagne suppose une meilleure connaissance mutuelle
de nos sociétés et de nos cultures. Afin de permettre
un dialogue accru entre nos responsables politiques, économiques,
syndicaux, associatifs, représentants des médias,
personnalités du monde culturel, nous proposons qu'une
Conférence franco-allemande les réunisse chaque
année, afin de leur permettre de débattre des grandes
questions qui intéressent nos deux sociétés.
20. Nous souhaitons le lancement, dès cette année,
des négociations visant à l'élaboration d'une
Convention internationale sur la diversité culturelle dans
le cadre de l'UNESCO. Cette diversité doit trouver à
s'exprimer notamment dans les secteurs audiovisuels et des nouvelles
technologies de l'information et de la communication. La promotion
de nos industries culturelles doit également y contribuer.
Nous appelons au développement des échanges de journalistes
entre nos deux pays. Nous demandons à nos ministres d'engager
des projets culturels communs dans les Etats tiers, notamment
en mobilisant le fonds de financement conjoint créé
à cet effet par les deux ministères des affaires
étrangères et de rechercher une implantation commune
pour nos instituts culturels à Moscou..
21. Nous encourageons l'ouverture européenne
de la chaîne culturelle ARTE, tout en conservant son identité
franco-allemande, notamment en soutenant la mise en place par
la chaîne d'une banque de programmes européens et
l'invitons à promouvoir le rapprochement de nos sociétés.
Nous soulignons l'importance de garantir la présence dans
le paysage audiovisuel français et allemand d'au moins
une chaîne du pays partenaire et d'encourager la réalisation
et la diffusion de programmes communs par les organismes de radiodiffusion
et de télévision des deux pays. Nous souhaitons
que nos deux pays poursuivent la réflexion sur l'avenir
de la chaîne européenne d'information Euronews.
Harmonisation du droit
22. Afin d'intensifier le rapprochement de nos sociétés
et dans la perspective de nouveaux progrès à réaliser
au niveau européen, nous veillerons à harmoniser
nos législations nationales dans les domaines principaux
qui intéressent la vie de nos citoyens. Nous appelons nos
ministres, lors de la préparation des projets de loi, à
consulter systématiquement leurs homologues et à
mieux prendre en compte l'état et l'évolution de
la législation du pays partenaire afin de rechercher toutes
les convergences possibles. Nous souhaitons en particulier que
soient présentés des projets visant à un
rapprochement des législations sur le droit civil, notamment
le droit de la famille. Nous devons ainsi permettre à nos
ressortissants de bénéficier, s'ils le souhaitent,
de la nationalité de nos deux pays. Nous devons également
réduire et supprimer à terme les difficultés
qui subsistent pour les citoyens dont la vie professionnelle,
familiale et personnelle est partagée entre la France et
l'Allemagne.
Droit de l'éthique
23. Nous sommes attachés à apporter des
réponses communes aux problèmes éthiques
soulevés par les progrès de la recherche et de la
médecine. En tenant compte des réflexions menées
par les Comités éthiques des deux pays, nous souhaitons
présenter des projets étroitement concertés
permettant l'adoption de législations comparables. 
Coopération décentralisée et transfrontalière
24. Nous appelons aussi de nos voeux le renforcement
de la coopération entre collectivités territoriales
afin de favoriser l'émergence de nouveaux liens, notamment
entre régions françaises et Laender allemands, ainsi
que le développement d'une coopération et d'une
intercommunalité transfrontalières. Nous soutenons
la création d'un Eurodistrict Strasbourg-Kehl, bien desservi,
ayant vocation à explorer de nouvelles formes de coopération
et à accueillir des institutions européennes, et
appelons à la mise en place d'autres Eurodistricts.
Politique étrangère
25. La France et l'Allemagne veilleront à adopter
des positions communes dans les instances internationales, y compris
le Conseil de Sécurité, et à définir
des stratégies concertées à l'égard
des pays tiers, tout particulièrement dans le cadre de
la politique étrangère et de sécurité
commune.
26. Nos ministres des affaires étrangères
accentueront la complémentarité entre nos réseaux
diplomatiques et consulaires, notamment par le biais d'implantations
et de services communs. Nous leur demandons également d'examiner
la possibilité de procéder à l'ouverture
d'ambassades communes franco-allemandes.
27. Les services rendus à nos citoyens dans le
pays partenaire devront être améliorés par
une coopération accrue, sous l'égide de nos ministères
des affaires étrangères, entre les services consulaires
et l'administration du pays de résidence. L'assistance
mutuelle apportée à nos concitoyens résidant
dans les pays tiers sera également intensifiée.
Défense
28. Dans le cadre de la politique européenne
de sécurité et de défense, la France et l'Allemagne
soulignent, à cette occasion qui marque également
le quinzième anniversaire de la création du Conseil
franco-allemand de sécurité et de défense,
la qualité et l'importance de leur coopération en
matière de défense ainsi que leur volonté
de la renforcer dans une perspective européenne. Cela concerne
en particulier le développement des capacités militaires,
y compris la mise au point de nouvelles formes de coopération,
notamment par l'harmonisation de la planification des besoins
militaires et la mise en commun de capacités et de ressources,
contribuant à la mise en oeuvre d'une politique européenne
de l'armement et à la diffusion d'une culture européenne
de sécurité et de défense.
Politique économique et financière
29. Afin de renforcer la coordination de nos politiques
économiques et de nos actions, tant au niveau communautaire
qu'international, la France et l'Allemagne développeront,
au sein du Conseil économique et financier franco-allemand
créé par le Protocole de 1988, qui est la pierre
angulaire de nos relations bilatérales, des positions communes
sur les questions fondamentales de la politique économique
et financière qui se posent à moyen et long terme,
telles que celles du financement des retraites, des systèmes
de santé et du marché du travail. Nous approfondirons
également notre coopération en matière de
politique industrielle, commerciale, d'énergie, de technologies
et de transports afin de renforcer, dans le cadre européen,
la compétitivité de nos économies.
30. Afin que l'Europe puisse pleinement contribuer aux
débats internationaux de politique économique, financière
et commerciale et disposer d'une capacité accrue d'analyse
et de proposition, renforçant ainsi sa position dans ces
domaines, la France et l'Allemagne décident de lancer une
initiative européenne afin de créer un Centre européen
d'économie internationale consacré à ces
objectifs. Ce Centre, qui pourrait être localisé
à Bruxelles, devrait pouvoir s'élargir progressivement
à tous les partenaires européens - Etats membres,
institutions communautaires et opérateurs privés.
Aide au développement
31. La France et l'Allemagne renforceront leur coordination
en matière d'aide au développement, notamment dans
la définition des priorités de leur politique bilatérale
et leur évaluation, et s'efforceront de définir
des positions communes dans les différentes enceintes internationales
concernées. Elles renforceront leur coopération
sur le terrain en mettant en oeuvre des projets communs ou complémentaires,
visant à contribuer au développement, en priorité
du continent africain, et à lutter contre des fléaux
tels que la drogue et les grandes pandémies, comme le SIDA.
32. Nous appelons également à la mise en place d'un service de volontaires franco-allemands, afin de permettre à de jeunes Français et de jeunes Allemands de s'engager ensemble dans des projets de coopération en pays tiers, en particulier en direction des pays en développement.
Environnement et développement durable
33. Dans un contexte où les catastrophes et en
particulier les inondations posent de plus en plus fréquemment
en des termes nouveaux la question de la prévention des
risques naturels et la gestion des crises, la France et l'Allemagne
veulent être le moteur d'une politique européenne
en matière de prévention des catastrophes naturelles,
en particulier des inondations. Elles demanderont à la
Commission de soumettre une proposition en vue de la création
d'un Centre européen de prévention et de protection
contre les inondations. Le Conseil franco-allemand de l'environnement
consacrera dans ses travaux une priorité à cette
tâche. Les deux pays examineront la possibilité de
recourir à des moyens d'intervention communs en cas de
catastrophes.
34. Nous agirons en faveur d'une réelle gouvernance
internationale de l'environnement, par le renforcement du Programme
des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), pour viser, à
terme, la création d'une Organisation mondiale de l'environnement
dans le cadre des Nations Unies.
Recherche et développement technologique
35. Nous souhaitons poursuivre le développement
de la coopération franco-allemande pour contribuer à
la création d'un espace européen de recherche, notamment
par des actions en faveur de la mobilité des chercheurs
et du développement des formations doctorales au sein de
l'Université franco-allemande. Nous sommes déterminés
à donner un nouvel élan à notre coopération
spatiale, notamment dans le domaine des lanceurs. Nous sommes
favorables à ce que soit expressément insérée
dans les traités la compétence de l'Union européenne
dans le domaine spatial. Etant donné les derniers développements
connus par cette technique, nous nous prononçons à
nouveau fermement contre le clonage d'êtres humains, dans
le droit fil de l'initiative franco-allemande prise dans le cadre
de l'Organisation des Nations Unies. Nous favoriserons la coopération
entre les établissements de recherche français et
allemands pour leur permettre de s'engager encore plus efficacement,
ensemble, dans la lutte contre le cancer.
Renforcer nos procédures de concertation bilatérale
36. Les Sommets franco-allemands prendront la forme
d'un Conseil des ministres franco-allemand. Il sera préparé
par les ministres des affaires étrangères. Le Conseil
des ministres assurera la coordination de la coopération
franco-allemande au plus haut niveau ainsi que le suivi de sa
mise en oeuvre dans les domaines d'action prioritaire. Des Conseils
des ministres restreints pourront être réunis pour
traiter de sujets spécifiques.
37. Le Comité et le Conseil franco-allemand de
sécurité et de défense se tiendront à
l'occasion du Conseil des ministres franco-allemand.
38. Si un sujet de l'ordre du jour s'y prête,
le ministre concerné du pays partenaire assistera au Conseil
des ministres de l'autre partie et sera invité à
présenter des projets de législation commune franco-allemande.
39. Les ministres de nos deux pays devront se rencontrer
également, en sus des Conseils de l'Union européenne,
de manière plus systématique et plus fréquente,
tout particulièrement pour préparer l'ordre du jour
du Conseil des ministres franco-allemand.
40. Le rythme des rencontres de haut niveau entre le
Président et le Chancelier, en présence des deux
ministres des affaires étrangères, sera maintenu
et pourra être intensifié, en tant que besoin.
41. Un Secrétaire général pour
la coopération franco-allemande sera institué dans
chaque pays. Personnalité de haut niveau, il sera rattaché
personnellement au Chancelier et au Premier ministre et disposera
d'une structure appropriée au ministère des Affaires
étrangères. Il coordonnera la préparation,
la mise en oeuvre, le suivi des décisions des instances
politiques de concertation et le rapprochement de nos deux pays
dans les instances européennes. Il sera assisté
d'un adjoint du pays partenaire.
Le Secrétaire général pour la coopération
franco-allemande participera au Conseil des ministres franco-allemand.
Il présidera la Commission interministérielle pour
la coopération entre les deux pays.
42. Afin d'améliorer la connaissance réciproque
des pratiques administratives et l'efficacité de notre
travail en commun au sein des administrations publiques de nos
deux pays, nous demandons à nos ministres de généraliser
l'affectation de fonctionnaires auprès du pays partenaire,
au niveau national comme au niveau local, de rendre systématiques
les contacts entre responsables des mêmes dossiers dans
les deux Etats, d'accroître les échanges d'information,
d'améliorer la connaissance de la langue du partenaire
et de mettre en place des formations conjointes, particulièrement
pour l'encadrement. Nous les invitons également à
intégrer dans leur équipe, au sein de leur cabinet,
un ressortissant du pays partenaire. Nous invitons également
les collectivités territoriales à mettre en place
de tels échanges.
43. La mise en oeuvre de la présente déclaration
relève de la responsabilité conjointe des ministères
des deux pays dans leurs domaines de compétence respectifs.
Ceux-ci soumettront, lors du Sommet suivant ce 40ème anniversaire,
un programme conjoint de coopération. Il sera ensuite procédé,
lors de chaque Conseil des ministres franco-allemand, à
l'évaluation de la mise en oeuvre des programmes de coopération
et à l'actualisation de leurs priorités.
Le Président de la République Française,
Jacques CHIRAC / Le Chancelier de la République
fédérale d'Allemagne, Gerhard SCHRÖDER.
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