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2001-2003 / LA PREPARATION DE LA FUTURE CONSTITUTION EUROPEENNE
__Les propositions de la Convention européenne en réponse au mandat de Laeken
| "L'Union doit devenir plus démocratique, plus transparente
et plus efficace". Tel était le mandat fixé
par le Conseil européen de Laeken à
la Convention pour l'avenir de l'Europe.
Après16 mois de travaux (mars 2002 - juin 2003) , la Convention
a proposé aux chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union
européenne (UE) un projet constitutionnel
destiné à permettre à l'Union de relever
le double défi de l'élargissement et de l'approfondissement,
tout en se rapprochant des citoyens.
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Ces travaux ont été achevés sur les deux
premières parties du Traité (la partie I
porte sur les objectifs, les compétences et les institutions
de l'Union européenne; la partie II Intègre
la Charte des droits fondamentaux dans le Traité).
Il reste à finaliser les travaux sur la IIIème
(portant sur les politiques de l'Union) et la IVème
partie (dispositions générales et finales du
Traité).
I. UNE EUROPE PLUS DEMOCRATIQUE
La première question posée par le Conseil
européen de Laeken était de savoir "comment
augmenter la légitimité démocratique de l'Union"
et comment rapprocher les institutions européennes des
citoyens ?
A cette question, la Convention propose les réponses
suivantes :
l'incorporation de la Charte des droits fondamentaux
dans la Constitution afin de renforcer la protection des droits
fondamentaux des citoyens et de mettre en évidence les
engagements éthiques de l'Union européenne;
 l'extension de la codécision à un grand
nombre de nouveaux secteurs ;
l'élection du président de la Commission
par le Parlement européen sur la base des résultats
des élections européennes, ce qui renforcerait sa
légitimité puisqu'il émanerait d'une majorité
parlementaire élue;
l'adoption des décisions à terme par le
système de la double majorité (une majorité
d'Etats membres rassemblant au moins 60% de la population de l'Union);
la consécration du dialogue social et du dialogue
civil, à travers divers mécanismes de consultation;
le contrôle du respect de la subsidiarité
par les parlements nationaux, grâce à un "mécanisme
d'alerte précoce" et la possibilité de saisir
la Cour de Justice en cas de violation du principe;
le renforcement des compétences budgétaires
du Parlement européen avec un droit d'approbation sur le
cadre financier pluriannuel et sur les modalités des ressources
propres de l'Union et des pouvoirs accrus dans le cadre de la
procédure budgétaire annuelle;
un droit d'initiative citoyenne, qui permettrait à
un million de citoyens de l'Union, issus de différents
Etats membres, d'inviter la Commission à soumettre une
proposition législative;
la pérennisation de la méthode de la Convention
pour les révisions futures de la Constitution.
II. UNE EUROPE PLUS EFFICACE
La deuxième question fondamentale portait sur les moyens
"d'améliorer l'efficacité du processus décisionnel
et le fonctionnement des institutions" dans une Union élargie,
autrement dit : "Comment l'Union pourrait-elle mieux fixer
ses objectifs et ses priorités et en assurer une meilleure
mise en uvre ?".
La Convention préconise les réformes
suivantes :
l'extension de la majorité qualifiée
à toute une série de nouveaux secteurs;
le renforcement de la Commission, notamment en resserrant
sa composition : à partir de 2009, le collège sera
composé de quinze membres (y inclus le Président
de la Commission et le Ministre des affaires étrangères);
le renforcement de l'autorité du président
de la Commission dans la constitution de son équipe : il
nomme des commissaires sans droit de vote; il peut demander à
un commissaire de démissionner;
la présidence stable du Conseil européen pour deux ans et demi renouvelables une fois, par le Conseil européen à la majorité qualifiée, qui donne plus de continuité et de cohérence aux travaux du Conseil tout en respectant l'équilibre inter institutionnel existant;
une présidence plus stable du Conseil des ministres
puisqu'elle est désormais allongée à une
durée d'au moins un an au lieu de six mois;
la création d'un Ministre des affaires étrangères,
qui cumulera les fonctions du Haut représentant pour la
PESC et de commissaire chargé des relations extérieures;
un service diplomatique européen qui permettra
de réunir l'unité politique du Conseil, des services
de la Commission et des diplomates nationaux détachés;
la consécration du pouvoir décisionnel de
l'Eurogroupe qui permettra d'améliorer la prise de décisions
dans une Union élargie;
le renforcement de la politique européenne de sécurité
et de défense : clause de solidarité civile et militaire,
coopérations pour le renforcement des capacités
militaires et mise en place d'une défense collective, création
d'une Agence européenne de l'armement ;
la reconnaissance de la personnalité juridique
de l'Union (capacité à contracter et à représenter)
qui se substituera aux personnalités juridiques préexistantes;
la simplification des procédures budgétaires
et l'extension de la majorité qualifiée dans ce
domaine.
III. UNE EUROPE PLUS PROCHE DES CITOYENS
Le Conseil européen de Laeken a souligné que
"le citoyen nourrit souvent à l'égard de l'Union
des attentes auxquelles elle ne répond pas toujours"
et que, "à l'inverse, il a parfois l'impression que
l'Union en fait trop dans des domaines où son intervention
n'est pas toujours indispensable".
A ce problème, la Convention suggère les
solutions suivantes :
une identité plus claire de l'Union européenne,
avec la disparition des " Communautés européennes
" et une Constitution unique fusionnant le Traité
sur l'Union européenne et le Traité sur la Communauté
européenne;
une simplification des instruments et des procédures
par une réduction du nombre et le choix d'un vocabulaire
plus aisément compréhensible (lois et lois-cadres
européennes, procédure législative, etc..
);
la transparence des travaux du Conseil lorsque ce dernier
délibère et statue sur une proposition législative,
ce qui permet une réelle information et participation de
la société civile, et la responsabilisation des
membres du Conseil;
une répartition des compétences plus claire
qui permette de distinguer les compétences exclusives de
l'Union, les compétences partagées entre l'Union
et les Etats membres et les domaines où les Etats membres
demeurent totalement compétents mais où l'Union
peut mener des actions d'appui ou de coordination;
une meilleure application du principe de subsidiarité,
qui prend en compte l'échelon régional et local
et dont l'application peut être contrôlée par
les intéressés (Parlements nationaux et Comité
des régions);
des procédures et des instruments plus intégrateurs
au service de la réalisation d'un espace de liberté,
de sécurité et de justice : par la substitution
d'une logique communautaire (généralisation de la
majorité qualifiée et de la codécision)
à la logique intergouvernementale qui prévalait
jusque là. Certaines adaptations procédurales sont
toutefois prévues pour tenir compte de la dimension régalienne
de la matière (partage de l'initiative entre les Etats
membres et la Commission, forte implication des Parlements nationaux);
des avancées substantielles dans le domaine social,
par une reconnaissance accrue du principe de non-discrimination,
du rôle des partenaires sociaux et du dialogue social et
par une extension du vote à la majorité qualifiée
à de nouveaux domaines;
de nouveaux objectifs et de nouvelles valeurs qui
sont plus proches des préoccupations concrètes des
citoyens : la justice sociale, le progrès social, le plein
emploi, l'économie sociale de marché, le combat
contre l'exclusion sociale, la cohésion territoriale et
la diversité culturelle et linguistique.
Source : Présidence de la République,
France, juin 2003.
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