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2001-2003 / LA PREPARATION DE LA FUTURE CONSTITUTION EUROPEENNE
__Le projet de Constitution : une importante réforme des institutions européennes
| Le projet de Constitution comporte quatre parties, précédées
d'un court Préambule. La première
définit les objectifs, les compétences et les institutions
de l'Union ["L'architecture constitutionnelle de l'Union"].
La deuxième reprend la Charte des droits fondamentaux,
adoptée au Conseil européen de Nice en décembre
2000. La troisième porte sur les politiques de l'Union
["Les politiques et actions internes"]. La quatrième
énonce les dispositions générales et finales.
Cette structure répond à l'un des objectifs de la
Convention, qui était de simplifier les textes en vigueur
en rassemblant dans la nouvelle Constitution les différents
traités existants. |
Hommage à la Grèce antique, mère
de la civilisation européenne, la Constitution s'ouvre
sur une citation de Thucydide, historien du Ve siècle
avant J.-C. : "Notre Constitution est appelée démocratie
parce que le pouvoir est entre les mains non d'une minorité,
mais du plus grand nombre".
PREAMBULE
La principale nouveauté, qui fait l'objet de vives
controverses, est la référence aux "héritages
culturels, religieux et humanistes de l'Europe" dont
"les valeurs sont toujours présentes dans son patrimoine".
VALEURS ET OBJECTIFS
L'Union se fonde sur les valeurs de "respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d'égalité, de l'Etat de droit, ainsi que de respect des droits de l'homme". Son but est de "promouvoir la paix, ses valeurs et le bien-être de ses peuples". Elle uvre pour le "développement durable fondé sur une croissance économique équilibrée, une économie sociale de marché hautement compétitive, visant le plein emploi et le progrès social, un niveau élevé de protection et d'amélioration de la qualité de l'environnement". Elle "combat l'exclusion sociale et les discriminations". Elle est dotée de la personnalité juridique.
COMPETENCES
Le texte distingue les domaines :
de compétences exclusives de l'Union (politique
monétaire pour les Etats qui ont adopté l'euro,
politique commerciale, union douanière, conservation des
ressources biologiques de la mer),
de compétence partagée (marché
intérieur, espace de liberté, de sécurité
et de justice, agriculture et pêche, transport, énergie,
politique sociale, cohésion économique, sociale
et territoriale, environnement, protection des consommateurs,
recherche et développement technologique, coopération
au développement et aide humanitaire),
d'action d'appui, de coordination ou de complément
(industrie, protection et amélioration de la santé,
éducation, formation professionnelle, culture, protection
civile).
Il mentionne également, parmi les compétences
de l'Union, la coordination des politiques économiques
et de l'emploi, ainsi que la politique étrangère
et de sécurité commune.
INSTITUTIONS
Un Président élu, un Parlement et un Conseil
européens renforcés.
Les innovations du projet de Constitution européenne
portent aussi bien sur le fonctionnement des institutions que
sur les procédures de vote ou sur l'exercice de la démocratie
par les citoyens.
Conseil européen. Organe d'impulsion et d'orientation
de l'Union, qui réunit les chefs d'Etat et de gouvernement,
le Conseil européen se donne, à la majorité
qualifiée, un président, pour une durée
de deux ans et demi renouvelable une fois par les chefs d'Etat
et de gouvernement, et dont le rôle sera de présider
et d'animer ses travaux.
Dépourvu d'administration propre, le président
est chargé de préparer, de présider, d'animer
les sommets de l'Union européenne (UE) et d'assurer la
continuité de ses décisions. Il représente
l'UE à l'extérieur pour les "matières
relevant de la politique étrangère et de sécurité
communes". 
Conseil des ministres. La Constitution crée un
"Conseil législatif", qui siége en public,
et non plus à huis clos comme aujourd'hui, et qui est seul
habilité à adopter les lois européennes.
Le représentant de l'Etat qui y siégera est un véritable
"Premier ministre bis".
Ce conseil des ministres exerce, conjointement avec le Parlement
européen, les fonctions législative et budgétaire.
Il statue, sauf exceptions, à la majorité qualifiée,
définie, à partir de novembre 2009, comme la majorité
des Etats membres, représentant au moins les trois cinquièmes
de la population de l'Union.
Les différentes formations du Conseil des ministres
(Ecofin, justice et affaires intérieures...) seront, quant
à elles, présidées par un ministre pour un
an, avec un système de rotation "égale"
entre Etats membres.
La Commission, composée, à partir de novembre
2009, selon un principe de "rotation égalitaire"
entre les Etats, de quinze membres [dont le Président
et le ministre des Affaires étrangères], auxquels
s'ajouteront des commissaires sans droit de vote [nommés
pour que tous les pays puissent être représentée
au sein de la même Commission], dispose seule, sauf exceptions,
du pouvoir de proposer des actes législatifs.
Le président de la Commission est élu à
la majorité simple par le Parlement européen, sur
proposition du Conseil européen, qui doit tenir compte
dans son choix du résultat des dernières élections
au Parlement européen. Le Parlement européen peut
censurer collectivement la Commission.
Ministre des affaires étrangères. Un ministre
des affaires étrangères de l'Union est nommé
à la majorité qualifiée par le Conseil européen.
Mandataire du Conseil conduit la politique étrangère
et de sécurité commune, il est aussi vice-président
de la Commission, chargé des relations extérieures.
Parlement européen. Le Parlement européen,
dont les pouvoirs législatifs sont accrus, gagne un pouvoir
de codécision dans de nombreux domaines. C'est le cas,
en particulier, dans le domaine sensible de la justice et des
affaires intérieures, Il a le dernier mot sur toutes les
dépenses européennes, et pas seulement sur certaines
d'entre elles.
Le nombre maximum de députés est fixé
à 732. La composition du Parlement restera sans doute
pour longtemps celle fixée par le traité de Nice
qui avantage l'Allemagne et les petits pays. La Constitution prévoit
que cette composition pourra être modifiée avant
juin 2009 afin de mieux tenir compte de la population réelle
des Etats, mais seulement sur proposition du Parlement et après
approbation unanime du Conseil européen...
Majorités. La majorité qualifiée
progresse, mais des droits de veto demeurent : dans une Union
à 25, l'unanimité des Etats membres risque d'être
extrêmement difficile à atteindre. La future Constitution
étend donc le champ des votes à la majorité
qualifiée en Conseil des ministres, par exemple en matière
d'asile et d'immigration.
En revanche, l'unanimité demeure la règle
en matière de politique étrangère commune,
à l'exception de quelques cas précis. Le droit
de veto est également maintenu sur la fiscalité.
La Constitution prévoit que le Conseil européen
peut décider à l'unanimité de passer à
la majorité qualifiée dans des domaines où
l'unanimité prévaut.
Une majorité qualifiée simplifiée
: à partir de 2009, une décision sera adoptée
à la majorité qualifiée en conseil des ministres
si elle obtient le soutien d'une majorité des Etats membres
représentant en outre 60 % de la population européenne.
Ce système mettrait fin à la pondération
des voix extrêmement complexe issue du traité de
Nice.
Défense. Des coopérations renforcées
en matière de défense deviennent possibles entre
Etats membres volontaires. Une "clause de solidarité"
est instituée entre tous les Etats membres pour lutter
contre une attaque terroriste.
Droit d'initiative populaire. Si un million de citoyens
européens (répartis dans un nombre de pays à
préciser ultérieurement) le demandent, la Commission
est "invitée à soumettre" une proposition
législative sur un sujet donné.
Sources : quotidiens Le Monde et Libération,
Paris, juin 2003,
et site Internet de la Convention : http://european-convention.eu.int
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