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JUIN 2004 / LE PROJET DE TRAITE ETABLISSANT UNE CONSTITUTION POUR L'EUROPE
__Le texte du traité : qui fait quoi dans l'Union européenne ?
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Avec 448 articles, le texte du traité établissant une Constitution pour l'Europe - adopté par le Conseil européen le 18 juin 2004 - est structuré en quatre parties, précédées d'un Préambule, et assorties de trente-six protocoles, deux annexes et trente-neuf déclarations.
Ce texte reprend la structure du projet de traité élaboré par la Convention européenne.
Les textes existants se trouvent considérablement simplifiés puisqu'à la faveur de la personnalité juridique unique conférée à l'Union européenne, l'ensemble des anciens traités est fusionné.
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LE PREAMBULE
Il a été convenu de rédiger un Préambule
à la Constitution, innovation au regard des traités
antérieurs, qui se réfère aux "héritages
culturels, religieux et humanistes de l'Europe".
Malgré la demande de certains pays de l'Union, notamment
la Pologne et l'Italie, il ne comporte finalement aucune référence
à la chrétienté.
PARTIE I / Définition et objectifs de l'Union
La première partie définit les valeurs, les objectifs,
les compétences, les procédures décisionnelles
et les institutions de l'Union européenne. Elle porte aussi
sur les symboles, la citoyenneté, la vie démocratique
et les finances de l'Union.
le Titre I définit l'Union européenne
et ses objectifs.
L'Union se fonde sur les valeurs de "respect de la dignité
humaine, de liberté, de démocratie, d'égalité,
de l'Etat de droit, ainsi que de respect des droits de l'Homme,
y inclus des droits des personnes appartenant à des minorités",
l'égalité entre les femmes et les hommes étant
expressément mentionnée parmi ces valeurs. Son but
est de "promouvoir la paix, ses valeurs et le bien-être
de ses peuples". Elle "combat l'exclusion sociale et
les discriminations". (art. I-3)
L'Union européenne est dotée de la personnalité
juridique (art. I-6), et désormais habilitée à
contracter des engagements internationaux.
le Titre II définit les droits fondamentaux
et la citoyenneté de l'Union.
le Titre III clarifie les compétences de
l'Union et distingue clairement :
 les compétences exclusives (art. I-12) : union douanière,
concurrence, politique monétaire pour les Etats qui ont
adopté l'euro, conservation des ressources biologiques
de la mer, politique commerciale,
les compétences partagées (art. I-13) :
marché intérieur, certains aspects de la politique
sociale, cohésion économique, sociale et territoriale,
agriculture et pêche, environnement, protection des consommateurs,
transports, énergie, espace de liberté, de sécurité
et de justice, certains aspects de santé publique,
et les compétences complémentaires (art.
I-16) : protection de la santé, industrie, culture, tourisme,
éducation et formation professionnelle, protection civile,
coopération administrative.
Les compétences de l'Union en matière de politique
étrangère et de sécurité commune (PESC)
(art. I-15) et de coordination des politiques économiques
(art. I-14) sont mentionnées à part, sans changement
en termes de compétences par rapport aux traités
actuels.
le Titre IV concerne les réformes des institutions.
le Titre V concerne l'exercice des compétences.
Il réduit le nombre d'instruments juridiques
à six :
la loi européenne et loi-cadre européenne (actes législatifs),
le règlement et la décision (actes non législatifs)
les recommandations et avis (non contraignants).
Il renforce le pouvoir du Parlement en étendant
à 27 domaines le champ de la procédure de codécision
nommée "procédure législative ordinaire"
qui place le Parlement sur un pied d'égalité avec
le Conseil de l'Union.
Il prévoie des dispositions particulières pour la mise en uvre de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) (art. I-39), de la politique de sécurité et de défense commune (art. I-40) - la PESD continuant à faire partie intégrante de la PESC- ainsi que de l'espace de liberté, de sécurité et de justice (ELSJ)(art. I-41).
Des coopérations renforcées peuvent être
instaurées par 1/3 minimum des Etats membres qui le souhaitent
dans le cadre des compétences non exclusives de l'Union,
y compris pour la PESC et même pour la défense, où
elles prennent alors le nom de "coopérations structurées".
le Titre VI sur la vie démocratique de l'Union
européenne prévoit un droit d'initiative populaire
(art. I-46). Avec au moins un million de signatures recueillies
dans plusieurs Etats membres, la Commission peut être invitée
à prendre une initiative législative à condition
qu'elle soit compatible avec la Constitution.
le Titre VII consacré aux finances de l'Union,
principes budgétaires et financiers, ressources, ouvre
la possibilité d'établir un nouvel impôt ou
d'abroger une catégorie existante (art. I-53). Le cadre
finencier pluriannuel est intégré comme principe
constitutionnel à travers l'art. I-54.
le Titre VIII traite des relations de l'Union avec
son environnement proche.
le Titre IX sur l'appartenance à l' Union reprend
les dispositions déjà existantes sur la suspension
d'un Etat membre après constat de l'existence d'une violation
grave et persistante des sa part (art. I-58) et prévoit
une clause de retrait volontaire (art. I-59).
PARTIE II
Cette partie intègre la Charte des droits fondamentaux.
Adoptée au Conseil européen de Nice le 18 décembre
2000, elle devient ainsi juridiquement contraignante pour
l'Union.
Elle réunit en un seul texte, pour une plus grande visibilité,
les droits fondamentaux (civils, politiques, économiques,
sociaux et de société) en vigueur au niveau de l'Union.
Elle est basée sur des sources nationales diverses, européennes
(notamment la Convention européenne des droits de l'homme
de 1950 et la Charte sociale européenne de 1989)
et internationales. Son élaboration a été
confiée à une enceinte spéciale, la Convention,
composée des représentants des chefs d'Etat et de
gouvernement des Etats membres, de la Commission européenne,
du Parlement européen et des parlements nationaux.
PARTIE III / Les politiques et le fonctionnement de l'Union
La troisième partie décline les politiques communes
et leurs modalités de mise en oeuvre.
L'exception culturelle est maintenue : l'exigence
du vote à l'unanimité est conservée, à
la demande de la France, "dans le domaine du commerce des
services culturels et audiovisuels, lorsqu'ils risquent de porter
atteinte à la diversité culturelle et linguistique
de l'Union" (art. III-217).
Concernant les services d'intérêt général,
l'art. III-6 rappelle "la compétence qu'ont les Etats,
dans le respect de la Constitution, de fournir, de faire exécuter
et de financer ces services".
En matière de politique sociale (art. III-2
bis), une clause sociale transversale est instaurée, qui
impose aux politiques sociales le respect d'un certain nombre
d'exigences sociales. De plus, le sommet social triparite pour
la croissance et l'emploi est constitutionnalisé (art.
I-47).
L'espace de liberté, de sécurité
et de justice. La Constitution supprime le "troisième
pilier" instauré par le Traité de Maastricht,
et établit une quasi-généralisation de la
méthode communautaire en matière de justice et affaires
intérieures (JAI)(art. I-41 et art. III-158). La notion
de "politique commune" se substitue aux "normes
minimales" en matière d'asile et d'immigration.
Enfin, un Parquet européen, dont les compétences
sont toutefois limitées à la protection des intérêts
financiers de l'Union, peut être établi, à
l'unanimité.
La politique étrangère et de sécurité
commune. Les dispositions relatives à l'action extérieure
de l'Union sont regroupées dans un titre unique traitant
de tous les aspects de l'action extérieure (partie III,
titre V) et incluant la définition progressive d'une politique
de défense commune.
PARTIE IV
La quatrième partie contient des dispositions générales
et finales, parmi lesquelles les procédures d'adoption
et de révision de la Constitution.

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