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REPUBLIQUE FEDERALE ALLEMANDE, MAI 2005 / LE TRAITE INSTITUANT UNE CONSTITUTION EUROPEENNE
__L'Allemagne dit "oui" à la Constitution européenne
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Le Bundesrat a approuvé à une large majorité,
le 31 mai 2005, le traité établissant une
Constitution pour l'Europe. Le Bundestag ayant déjà voté pour la Constitution le 12 mai 2005, le processus de ratification est maintenant terminé en Allemagne. Le débat au Bundesrat (la chambre des Länder) s'est déroulé dans une grande unanimité et le traité a fait l'objet de louanges de la part de tous les partis.
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Le résultat du vote au Bundesrat dépasse largement
la majorité des deux tiers requise par la Loi fondamentale.
Excepté le Land de Mecklembourg-Poméranie occidentale
qui s'est abstenu, tous les Länder allemands ont voté
pour la Constitution. L'Allemagne est le pays le plus peuplé
de l'Union européenne.
A l'occasion du vote au Bundestag, le chancelier Schröder
a prononcé une déclaration dans laquelle
il a salué la Constitution européenne en ces termes
: "Nous devrions faire du qualificatif "historique"
un usage parcimonieux et raisonnable. Toutefois, la Constitution
de l'Union européenne qui nous occupe aujourd'hui mérite
tout à fait ce grand mot".
Le ministre des Affaires étrangères, Joschka
Fischer, avait souligné auparavant que les fondements
juridiques actuels de l'Union européenne, en l'occurrence
le traité de Nice, ne suffisent plus si l'on veut que l'Union
élargie puisse conserver sa capacité d'action à
l'avenir.
Avec la Constitution, l'Europe se dote d'un cadre qui améliore
sa capacité d'action, en particulier sur le plan de la
politique étrangère, mais qui renforce aussi par
ailleurs les droits des citoyennes et citoyens européens.
L'institutionnalisation des droits fondamentaux, l'extension des
droits du Parlement européen, de même que ceux des
parlements nationaux, débouchent sur une Europe plus démocratique
qu'elle ne l'a jamais été auparavant.
Selon Joschka Fischer, même les plus grands pays de l'Union européenne sont, par rapport au monde entier, trop petits pour pouvoir agir efficacement en matière de politique étrangère et sur le plan économique. La Constitution européenne est selon lui un compromis qui reflète la diversité de l'Europe. L'Europe ne peut pas se permettre un "non", a-t-il déclaré, faisant allusion aux référendums imminents dans d'autres Etats membres.
GERHARD SCHRÖDER : "D'UN POINT DE VUE HISTORIQUE, LA CONSTITUTION SE SITUE DANS LE PROLONGEMENT D'UNE EUROPE QUI A TIRE LES LEÇONS DE L'HISTOIRE DOULOUREUSE DU XXe SIECLE"
Déclaration gouvernementale prononcée,
le 12 mai 2005, par Gerhard Schröder, Chancelier
de la République fédérale d'Allemagne, devant
le Bundestag au sujet de la Constitution européenne".
Les jours qui viennent de s'écouler étaient
placés, en Allemagne comme dans le reste du monde, sous
le signe de la mémoire et du souvenir de la fin de la Seconde
guerre mondiale il y a soixante ans.
C'est avec une émotion toute particulière que
j'ai participé aux cérémonies du soixantième
anniversaire à Moscou. L'invitation que m'avait adressée
le Président Poutine était à mes yeux un
honneur et une distinction pour notre pays, tout comme l'invitation
du Président Chirac en juin [2004] en Normandie et celle
du Ministre-Président Miller en août [2004] à
l'occasion de la commémoration du soulèvement de
Varsovie étaient le signe de leur amitié et de leur
confiance dans notre pays. La participation du Chancelier fédéral
à ces commémorations met en évidence l'estime
dont jouit aujourd'hui l'Allemagne démocratique unie au
sein de la communauté internationale. Soixante ans après
la fin de la guerre que l'Allemagne avait déclenchée,
nous sommes devenus un partenaire respecté et apprécié
dans le monde, et nous devons en être reconnaissant.
Mesdames et Messieurs, nous devons faire un usage parcimonieux
et raisonnable de l'adjectif "historique". Cependant,
la Constitution de l'Union européenne, sur laquelle nous devons voter aujourd'hui, mérite ce qualificatif. Certes, ce n'est que l'uvre d'êtres humains, comment pourrait-il en être autrement? Et de ce fait, elle ne répond pas à toutes les attentes, pas plus qu'elle ne conjure toutes les peurs. Le texte de la Constitution est cependant un très bon compromis, équitable, élaboré par la Convention après un travail approfondi, sous la direction éclairée de Valéry Giscard d'Estaing. C'est en votre nom à tous que j'adresse à Monsieur Giscard d'Estaing et à tous les membres de la Convention, en particulier aux représentants allemands, nos remerciements et notre respect pour ce travail patient, difficile, mais somme toute fructueux.
Je voudrais à cet égard citer deux noms : celui
d'Erwin Teufel qui était encore il y a quelques
jours Ministre-Président du Bade-Wurtemberg et dont Bruxelles
souligne respectueusement les compétences, et celui de
Joschka Fischer qui, durant les mois décisifs de
la Convention (que vous le vouliez ou non), a déployé
toute son énergie et toute sa conviction, mais aussi tout
son art de la négociation et de la médiation, contribuant
ainsi de manière déterminante à la réussite
de cette Constitution.
Tous ceux qui ont travaillé avec eux ont, au long des
jours et des nuits, obtenu le meilleur résultat possible.
Le fait que les Etats membres, la Commission européenne,
le Parlement européen et tous les parlements nationaux
soient représentés au sein de la Convention a donné
à la nouvelle Constitution une forte légitimation
démocratique.
Grâce à la Constitution, l'Union européenne
sera mieux à même de prendre des décisions
tout en restant facile à gouverner. Grâce à
la Constitution, l'Union européenne sera plus démocratique
et plus proche du citoyen. Le Parlement européen est renforcé
et bénéficie d'un droit de codécision plus
fort. Les parlements nationaux ont un rôle d'information
et de contrôle accru. Le gouvernement fédéral
est prêt à en tenir compte dans un accord avec le
Bundestag.
La Constitution européenne sépare plus clairement
les compétences nationales et les compétences européennes.
Grâce à la prise de décisions à la
double majorité, elle respecte véritablement le
principe fondamental de la démocratie "une personne,
une voix". Il ne saurait donc y avoir aucun doute : pour
avoir plus de démocratie en Europe, il faut voter pour
cette Constitution.
Mesdames et Messieurs, je vous invite vivement aujourd'hui à ne pas trop pinailler, à ne pas regarder de trop près tel bout de phrase de tel paragraphe (qui peut-être ne correspond pas totalement à nos attentes) de l'uvre dans son ensemble, mais à faire une pause, voire même à reculer de quelques pas, pour examiner la décision que nous devons prendre aujourd'hui avec les yeux de nos ancêtres, des témoins et des victimes des dévastations du XXème siècle, avec ceux de nos parents et de nos grands-parents dont précisément ces jours de commémoration nous ont permis de nous rapprocher, soixante ans après la fin de la catastrophe européenne.
Lequel d'entre eux aurait alors osé rêver d'une
Constitution européenne, d'une Europe unie dans la paix,
la liberté et la prospérité ? Qui aurait
osé alors, dans les décombres des villes, lorsque
les portes des camps de concentration ont enfin volé en
éclats et que les peuples ont découvert avec horreur
les montagnes de cadavres et les squelettes décharnés,
lorsque les portes des camps de prisonniers de guerre se sont
refermées pour de longs mois et de longues années
sur des millions de soldats allemands, lorsque s'est installé
un sentiment de délivrance qui, comme l'a expliqué
Richard von Weizsäcker quarante années plus tard dans
un discours courageux et porteur d'avenir, s'est peu à
peu transformé en sentiment de libération après
qu'il eut été mis fin au travail sanguinaire des
meurtriers commandos des SS et de la Feldgendarmerie, et enfin
avec la chute de la dictature nazie, soutenue par ses partisans
et par toux ceux qui ont suivi sans rien dire, qui avait infligé
à l'Europe souffrances, mort et destruction ?
Personne. Il ne serait pas venu alors à l'idée
des survivants de rêver d'une Constitution européenne
pour les peuples du continent, des peuples qui vivent pacifiquement
en bons voisins. Aucun d'entre eux n'osait espérer
que cet espace humain de paix, de solidarité et de liberté
deviendrait un jour réalité et marquerait notre
vie quotidienne. Aucun? Pas tout à fait: à Buchenwald,
à Dachau, à Flossenburg et à Mauthausen,
dans les cellules de la résistance dans les camps et les
prisons, la nécessité d'une Europe unie était
évoquée, même si ce n'était qu'à
voix basse.
Je citerai à titre d'exemple les noms d'Eugen Kogon,
Jorge Semprun, Joseph Rovan, Fritz Erler, Helmuth von Moltke et
Eugen Gerstenmaier. Dans la résistance des peuples européens
au fascisme, même dans les années les plus sombres
de notre histoire, la lampe de l'Europe unifiée s'allumait
pour la première fois, timidement. Il est clair que l'Europe
est née du besoin, de la nécessité, au sens
premier du terme, d'une nécessité à laquelle
la raison finissait par obéir. C'est de la misère
humaine qu'est née une nouvelle conscience, un nouvel esprit.
La guerre n'était pas encore terminée que là-bas,
à Washington, Jean Monnet, alors représentant de
la France Libre pour l'approvisionnement des armées qui
luttaient de l'autre côté de l'Atlantique, commençait
à esquisser les premiers plans d'une intégration
européenne avec ses collègues américains,
parmi lesquels George Ball que nous avons appris à connaître
et à estimer par la suite lorsqu'il devint l'architecte
de la politique étrangère de John F. Kennedy. N'oublions
pas, surtout pas aujourd'hui, que les principaux acteurs de la
diplomatie américaine après la guerre ont été
parmi les pères de l'Europe.
George F. Kennan et Dean Acheson, artisans du plan Marshall,
ont insisté pour que les Européens se regroupent
au sein d'un organe pour assumer ensemble la responsabilité
de l'administration des milliards américains et pour que
l'Allemagne de l'Ouest, d'abord représentée par
les puissances occupantes, y soit associée. Le projet de
Monnet concernant le contrôle commun de l'industrie allemande
et française du charbon et de l'acier a vu le jour par
la suite sous le nom de plan Schuman. Jean Monnet et Robert Schuman
ont trouvé des partenaires formidables en la personne de
Konrad Adenauer, du chrétien-démocrate italien de
Gasperi et du socialiste belge Paul-Henri Spaak, pères
fondateurs de l'Europe.
En 1954, Charles de Gaulle, fervent défenseur
de l'Etat national classique, a fait échouer le projet
d'Union européenne de la défense de Monnet. Le fait
qu'à son retour au pouvoir, il se soit plié à
la logique de l'histoire est une chance : de Gaulle reconnut alors
la coopération franco-allemande comme le noyau productif
de l'Europe et lui conféra dès lors un rôle
moteur dans le processus d'unification européenne. Ce fut
là un retournement admirable qui témoigne de la
grandeur de cette personnalité exceptionnelle. Sans la
réconciliation franco-allemande, sans le partenariat franco-allemand,
l'unification européenne n'aurait pas été
possible. Cela aussi, il faut le souligner, nous engage.
Nous avons célébré avec nos partenaires
et amis français l'entente entre de Gaulle et Konrad
Adenauer, ainsi que l'uvre commune qu'est le Traité
de l'Élysée, lors d'une séance commune
à l'occasion de son quarantième anniversaire. C'est
là aussi un événement qu'aucun Allemand et
sans doute aucun Français n'aurait pu imaginer en 1945.
Cela aussi nous engage tous. Tous les successeurs de Charles de
Gaulle et de Konrad Adenauer ont ensuite mené leur action
politique en appliquant la loi de l'unité européenne
et la logique de la coopération franco-allemande. Cette
relation spéciale qui unit l'Allemagne et la France dont
nous avons hérité et dont hériteront les
générations à venir est également
synonyme d'engagement.
Nombreux sont ceux qui voient Willy Brandt sous un seul
angle et ne le considèrent que comme le stratège
de l'Ostpolitik. Loin de moi l'idée de sous-estimer cette
rupture historique et cette formidable performance. En effet,
la politique de détente de la coalition social-libérale
de l'époque a été véritablement à
l'origine de la transformation et du bouleversement qu'a connus
l'Europe dans son ensemble.
Willy Brandt a réaffirmé à plusieurs reprises, car c'était là sa profonde conviction, que son Ostpolitik était la conséquence logique de la politique occidentale de Konrad Adenauer, qu'elle n'aurait pas été pensable sans l'élément fondamental qu'était la Communauté européenne et qu'elle n'aurait certainement pas été possible sans l'intégration dans l'Alliance atlantique. Helmut Schmidt, mais aussi Helmut Kohl ont poursuivi l'uvre de Willy Brandt. On l'oublie trop souvent, Willy Brandt a décidé avec le Président Pompidou, à La Haye en 1970, de faire évoluer la Communauté européenne
en une Union européenne, une Union économique
et monétaire dotée d'une banque centrale. L'objectif
était à l'époque 1980. Cela était
un peu optimiste, comme nous le savons. Nous avons dû patienter
un peu plus longtemps. Cela dit, ce furent Brandt et Pompidou
qui réussirent à amener dans le même bateau
la Grande-Bretagne, alors dirigée par le conservateur Edward
Heath, qui était et reste un Européen convaincu.
Ce furent eux également qui ouvrirent les portes de l'Europe
à l'Espagne, au Portugal et à la Grèce libérés
de leur régime autoritaire.
Le social-démocrate Helmut Schmidt et le libéral
Giscard d'Estaing ont à leur tour poursuivi l'uvre européenne, à la fois par passion et par conviction. Grâce au "serpent européen", ils ont ouvert la voie à l'euro. Enfin, ce furent le chrétien-démocrate Helmut Kohl et le socialiste François Mitterrand
qui, avec le Traité de Maastricht, créèrent
le cadre de l'Union européenne, un cadre valable pour l'Europe
tout entière, comprenant aussi les peuples et Etats qui
sont entrés dans l'Union européenne l'année
dernière et qui s'apprête à accueillir ceux
qui y adhéreront en 2007.
Il ne faudrait cependant pas oublier, en rendant cet hommage
politique, que ce sont François Mitterrand et Helmut Kohl
qui ont intégré l'unité allemande dans l'Europe.
Dans cette tradition et cette continuité, Jacques Chirac
et moi-même entendons approfondir et développer
encore le partenariat franco-allemand. Permettez-moi de faire
remarquer ici avec gratitude que ma collaboration avec le Président
français, par son intensité, sa franchise, sa fiabilité
et sa cordialité, n'a rien à envier à celle
de nos prédécesseurs.
Lors des délibérations sur la Constitution européenne,
le partenariat franco-allemand s'est affirmé une fois de
plus dans l'intérêt de nos deux peuples et de l'ensemble
de la Communauté européenne. Cette Constitution
sur laquelle nous votons aujourd'hui est l'aboutissement d'un
processus démocratique sans aucun précédent
dans l'histoire de l'intégration européenne. D'un
point de vue historique, la Constitution se situe dans le prolongement
d'une Europe qui a tiré les leçons de l'histoire
douloureuse du XXème siècle. C'est un document
qui confirme notre identité, mais qui traduit aussi la
manière dont l'Europe unie se perçoit au XXIème
siècle.
C'est une Europe qui, en tant que communauté de valeurs,
repose sur les valeurs universelles et sur les droits de l'homme
inaliénables. C'est une Europe qui associe démocratie,
productivité économique et solidarité sociale
pour construire un modèle social qui lui est propre. C'est
une Europe qui, en tant que communauté sociale, économique,
culturelle et politique, veut, en pleine conscience, être
davantage qu'une entité purement géographique, davantage
qu'un marché intérieur et une zone de libre-échange.
C'est une Europe qui veut apparaître et agir comme une entité
interne, en s'appuyant sur la ferme conviction qu'ensemble, nous,
Européens, pourrons obtenir davantage que nous ne l'avons
jamais fait en agissant séparément. C'est une Europe
qui entend être une voix en faveur de la paix et du multilatéralisme
et un partenaire solide dans un monde juste et solidaire.
Cela suppose également un partenariat stable avec
les Etats-Unis d'Amérique.
La Constitution ne créera pas cette Europe. Mais
elle offre le cadre, les institutions et les procédures
qui permettront à l'Europe élargie de poursuivre
son chemin. Elle insuffle au processus d'intégration européenne
un nouveau souffle, une nouvelle dynamique. Européens,
nous nous dotons ainsi en toute liberté d'un nouveau système
qui réunit les fragments des traités européens
en vigueur sous une forme améliorée et harmonisée.
La Constitution européenne ne s'oppose pas à
l'approfondissement de l'Union européenne, bien au contraire
: au sein de l'Europe élargie précisément,
le besoin de formes de coopération renforcée se
fait sentir de manière particulièrement pressante.
Cela est plus particulièrement vrai à mes yeux en
ce qui concerne la politique étrangère, de sécurité
et de défense européenne commune, mais aussi la
politique européenne des étrangers et de l'immigration.
La Constitution ne modifie pas l'équilibre, ni même
l'architecture de l'Europe commune. Elle ne connaît pas
de domination, ne crée pas une Europe française,
encore moins une Europe allemande, mais une Europe véritablement
européenne.
L'unification européenne est une histoire à
succès sans précédent, qui a certes connu
des doutes et des revers. Cependant, malgré tous les
doutes, tous les revers et toutes les crises qui n'ont pas manqué
depuis les années 50, nous avons beaucoup avancé.
Le processus d'unification européenne ainsi que l'Alliance
atlantique ont offert à nos peuples soixante années
de paix. Jamais auparavant les peuples de notre continent n'avaient
eu cette chance.
Mais la paix n'est pas le seul bienfait : jamais non plus dans
l'histoire de ce continent les habitants n'avaient connu une telle
prospérité, malgré les graves problèmes
économiques que nous connaissons aujourd'hui.
La continuité de la politique européenne fait
l'objet d'un consensus fondamental chez tous les gouvernements
allemands et chez tous les démocrates allemands. J'irai
jusqu'à dire que l'Europe est notre raison d'être,
la garantie d'une vie dans la liberté et la dignité.
La Constitution européenne souligne à la perfection
cette garantie. La Constitution est provisoirement l'uvre maîtresse du travail politique de deux ou trois générations.
Le vote d'aujourd'hui nous permet de témoigner que nous
savons nous montrer dignes de leur héritage.
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