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FRANCE, 2005 / LE TRAITE ETABLISSANT UNE CONSTITUTION POUR LEUROPE
__Voter oui pour une Europe plus respectueuse de l'environnement
Un appel des Verts en faveur du traité constitutionnel
S'il est un domaine qui agite relativement peu les débats
actuels sur le Traité constitutionnel européen,
c'est celui de l'environnement, y compris, paradoxalement,
chez les Verts. Et pourtant, selon l'Eurobaromètre publié par la Commission européenne le 29 avril dernier, 85% des Européens "souhaiteraient que les décideurs politiques jugent l'environnement aussi important que l'économie et le social".
Même si le changement de nos comportements individuels
demeure une réponse importante aux grands enjeux environnementaux
de notre société, il ne fait guère de doute
que leur résolution nécessite avant tout des régulations
qui dépassent l'échelon national, insuffisant. Sauf
à penser que les pollutions s'arrêtent à nos
frontières (comme voudrait encore nous le faire croire
le lobby nucléaire avec le nuage de Tchernobyl), le niveau
européen s'est progressivement et naturellement imposé
comme le plus pertinent pour nombre de réglementations
et d'actions qui ont amélioré la qualité
de notre environnement.
Toutes les associations de défense de la nature et toutes
les grandes ONG qui se battent pour la sauvegarde de notre planète
le savent. Citons quatre exemples :
face aux risques environnementaux, notamment la
pollution de l'air qui frappe les grandes villes, la pollution
de l'eau et des sols, le processus d'intégration européenne
a conduit à l'adoption de normes plus restrictives que
les normes françaises existantes;
sans la directive Natura 2000, à laquelle
les pouvoirs publics français ont longtemps résisté,
notre pays aurait été incapable de constituer un
réseau de zones naturelles protégées. Le
dernier rapport de l'Ifen vient de confirmer l'importance de cette
directive en mettant en évidence l'artificialisation croissante
de nos sols, facteur de pollution des eaux, de perte de biodiversité
et d'exposition accrue des populations aux risques naturels;
la directive européenne "oiseau",
appliquée par le juge français sur recours des associations
environnementales, supplée heureusement la lâcheté
des responsables politiques face au lobby de l'ultrachasse et
à ses revendications extrémistes sur les dates d'ouverture
et de fermeture de la chasse souvent exprimées avec brutalité
et violence;
sans l'Union européenne, qui a joué
un rôle moteur essentiel dans la négociation des
accords internationaux de lutte contre le changement climatique,
le protocole de Kyoto n'aurait pas pu être mis en oeuvre.
Et c'est encore l'Union européenne qui est en pointe dans
les négociations de l'après-Kyoto portant sur la
réduction des émissions de gaz à effet de
serre au-delà de 2012.
Les apports de la construction européenne en matière
environnementale sont donc évidents. Le TCE les réaffirme,
il confirme ses objectifs de développement durable et constitutionnalise
les principes de précaution et de pollueur-payeur dont
pourront désormais se prévaloir les défenseurs
de l'environnement. Le TCE va plus loin que la charte de l'environnement
adossée récemment à la Constitution française.
Autre avancée notable qui figure dans la partie
III de ce projet de traité : l'identification d'une compétence
explicite en matière d'énergie; pour la première
fois, sont affirmés un objectif de promotion de l'efficacité
énergétique et des économies d'énergie
ainsi que le développement des énergies nouvelles
et renouvelables. Au-delà de ces dispositions, l'amélioration
et la démocratisation du processus décisionnel européen
permettront une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux
et la conduite de politiques plus actives dans le futur.
l'accroissement du rôle du Parlement par
l'extension de la procédure de codécision permettra
que celui-ci devienne pleinement colégislateur avec le
Conseil des ministres dans 27 nouveaux domaines, parmi lesquels
l'agriculture et la pêche, la recherche et l'industrie.
Ce sera un point d'appui essentiel pour l'adoption de la directive
Reach sur les produits chimiques;
la personnalité juridique dont sera désormais
dotée l'UE permettra enfin son adhésion en tant
que telle à la charte européenne des droits de l'homme
et le recours à la jurisprudence de la Cour de Strasbourg
en matière environnementale. Elle contribuera également
à renforcer la crédibilité de l'Union dans
les conférences internationales dont le rôle est
croissant quant aux réponses à apporter aux grands
enjeux environnementaux;
le rapprochement entre l'Union européenne et
les citoyens que représente le droit de pétition
"du million" ouvre de nouvelles perspectives aux citoyens
écologistes européens pour mener à ce niveau
des batailles environnementales telles que l'interdiction des
OGM. Le traité instituant une Constitution pour l'Europe
marque donc une réelle opportunité pour engager
plus fermement notre continent sur la voie d'un développement
durable plus respectueux de l'environnement et des générations
futures.
Comme ceux qui l'ont précédé, ce traité
n'en demeure pas moins un texte juridique dont la véritable
portée dépendra de la volonté politique des
pays de l'Union et de la capacité de ses citoyens à
créer des rapports de forces plus favorables à la
protection de l'environnement. L'urgence écologique doit
nous obliger à renforcer la mobilisation en faveur d'un
mode de développement plus soutenable. Elle nous commande
également de ne pas refuser les avancées proposées
par le TCE. L'avenir de l'Europe est entre nos mains, à
nous de décider ce que nous voulons bâtir pour les
générations futures.
Cette déclaration commune des Verts est
signée par Denis Baupin (adjoint au maire de Paris), Yves
Cochet (ancien ministre, député de Paris), Alain
Lipietz (député européen), Noël Mamère
(député maire de Bègles), Dominique Voynet
(ancienne ministre, sénatrice de Seine-Saint-Denis) et
Yann Wehrling (secrétaire national des Verts). Paris, 25
mai 2005.
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