|
L'Union européenne
ENTRETIEN

La marche vers l’Union européenne [Pierre Mirel]
|
UNION EUROPENNE, NOVEMBRE 2007 | LE PROCESSUS D’ELARGISSEMENT
__2007 : les rapports de la Commission européenne
| KIOSQUE : LU DANS LA PRESSE FRANÇAISE |
La Commission européenne a publié, le 6 novembre 2007, les rapports sur les progrès accomplis depuis les douze derniers mois par les trois pays candidats à l'adhésion à l'Union européenne (Croatie, Turquie, ancienne République yougoslave de Macédoine) et les quatre pays candidats potentiels (Albanie, Bosnie-et-Herzégovine, Monténégro, Serbie).
Les progrès réalisés dans les Balkans occidentaux ont été "constants, mais inégaux", et la procédure d'adhésion de la Turquie est "bien engagée", selon le rapport annuel sur l'élargissement de l'Union européenne (UE).
L'UE devrait conclure d'ici à la fin 2008 un accord initial avec tous les pays des Balkans occidentaux, ce qui pourrait, à terme, ouvrir la voie à une adhésion à l’Union. Ces pays sont l'Albanie, la Bosnie-et-Herzégovine, la Croatie, l'ancienne République yougoslave de Macédoine, le Monténégro et la Serbie.
"Je pense que toutes les conditions seront remplies en 2008 et que nous serons alors à même de parachever la conclusion d'accords de stabilisation et d'association avec tous les pays de la région", a déclaré Olli Rehn, commissaire chargé de l’élargissement de l’Union.
Mais, il reste des obstacles à franchir. L'Albanie et le Monténégro doivent poursuivre la réforme de leur système électoral et judiciaire pour lutter contre la corruption, qui demeure répandue. Le taux de chômage reste élevé en Bosnie-et-Herzégovine, qui a peu progressé sur la voie d'une économie de marché viable. La Serbie doit continuer de coopérer pleinement avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie afin que tous les inculpés encore en fuite soient arrêtés pour être jugés au tribunal de La Haye. La question du statut futur du Kosovo doit par ailleurs être réglée.
La Turquie poursuit ses progrès et reste sur la bonne voie pour l'adhésion à l'UE. La crise politique déclenchée par les attaques transfrontalières lancées par les combattant kurdes du PKK est gérée démocratiquement et l'économie paraît suffisamment robuste pour affronter les forces du marché de l'UE, à condition que les réformes en cours se poursuivent. En revanche, la question des droits fondamentaux nécessite une attention urgente, en particulier en ce qui concerne la liberté d'expression et de culte.
Le rapport 2007 reflète la conviction profonde que l'UE doit poursuivre et renforcer son propre développement, tout en poursuivant sa stratégie d’élargissement. "L'élargissement est l'essence même du pouvoir d'attraction qu'exerce l'UE en vue d'étendre progressivement la paix, la démocratie et la prospérité en Europe", a souligné Olli Rehn.
Kiosque : lu dans la presse française
"Bruxelles renvoie aux calendes les futurs élargissements", titre La Tribune. La presse française commente la publication du rapport annuel de la Commission européenne sur l'élargissement. Ce document dresse "un tableau mitigé des progrès réalisés par la Turquie et les pays des Balkans (…), douchant l'espoir des partisans d'un élargissement rapide" [La Tribune]
"La route de la Turquie vers l'adhésion à l'Union européenne sera longue. C'est le message subliminal qu'a adressé hier la Commission", rapporte Pierre Avril dans Le Figaro. "Il est nécessaire que la Turquie réinsuffle du dynamisme" dans les négociations, a déclaré le Commissaire à l'élargissement, Olli Rehn, tout en ménageant le gouvernement Erdogan".
Ce pays reconnu candidat à l'adhésion depuis 1999 "a commencé ses négociations il y a deux ans", explique La Croix. Sur les 35 chapitres à traiter, quatre ont déjà été ouverts à la négociation. "En revanche, compte tenu des restrictions turques à la reconnaissance de Chypre, huit chapitres ont été gelés en décembre 2006. La Commission déplore que la Turquie n'a fait depuis lors "aucun progrès pour normaliser ses relations bilatérales avec la République de Chypre".
La Commission attend également de la Turquie "davantage d’efforts significatifs (…) pour garantir la liberté d’expression, limiter l’influence de l’armée sur la politique et garantir le droit des minorités. Ceci fait tout particulièrement référence à l’article 301 du code pénal turc qui fait de 'l’humiliation à l’identité turque' un crime et a entraîné un certain nombre de procès contre des écrivains et des journalistes", note Euractiv.com.
Autre pays candidat, la Croatie obtient "une évaluation plus positive qui confirme son statut de prochain pays à adhérer à l'Union européenne", commente Marc Deger dans La Tribune. Elle est érigée "en exemple pour ses voisins des Balkans occidentaux" [Euronews].
"Mais alors que Zagreb espère rejoindre l'Union en 2009 ou 2010, Bruxelles refuse d'évoquer une échéance et critique le rythme des réformes", poursuit Marc Deger. En effet, de nombreuses lacunes demeurent, "notamment dans la lutte contre la corruption. Corruption, un terme qui revient dans les rapports sur les six pays des Balkans occidentaux évalués" [Euronews].
La Macédoine, qui espérait voir l'ouverture des négociations en 2008, "voit aussi ses espoirs déçus. La Commission recommande de reporter cette échéance à 2009 en raison des tensions persistantes entre Macédoniens de souche et minorité albanophone" [La Tribune].
Quant à la Serbie, "Bruxelles a fait un geste en faveur de [sa] possible adhésion, à long terme" à l'Union européenne, écrit Pierre Avril. Le Commissaire à l'élargissement a annoncé (…) qu'il "allait parapher un accord de stabilisation et d'association (ASA) avec la Serbie en raison de progrès réalisés par Belgrade dans la chasse aux criminels de guerre présumés inculpés par le Tribunal international de La Haye" [Libération]. "La signature de l'ASA, premier pas vers l'adhésion à l'Union, dépend d'une coopération "pleine et entière" menant à l'arrestation des fugitifs", poursuit le quotidien.
Sources : Commission européenne et site Touteleurope.fr.

|