L'Union européenne à 25

Europe


 Traité simplifié


UNION EUROPEENNE, OCTOBRE 2007 | UN NOUVEAU TRAITE POUR L’EUROPE
__Lu dans la presse française

"Deux ans après l'échec de la Constitution européenne, une page s'est tournée" [Le Monde] grâce à l'accord "sur un nouveau traité destiné à améliorer le fonctionnement des institutions" européenne. Le quotidien rappelle que ce traité est "le premier à avoir été négocié depuis que l'Europe, élargie en 2004 et 2007 aux pays d'Europe centrale, aux pays Baltes, à Malte et à Chypre, a atteint sa nouvelle dimension continentale". L'accord définitif a pourtant été "conclu en quelques heures. Le terrain avait été bien préparé" note Reuters.

Pendant deux ans, "les dirigeants européens [avaient] tenté de sortir de "l’impasse institutionnelle" [Euractiv.com] provoquée par "les échecs des référendums sur le projet de Traité constitutionnel européen en France et aux Pays-Bas". Finalement "les experts juridiques des 27 Etats membres [avaient] présenté une nouvelle version du traité modificatif" au début du mois d'octobre.

Les objections de certains Etats membres devaient cependant encore être résolues lors du sommet de Lisbonne. Pourtant dès le 18 octobre au soir "les vingt-sept chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne (…) sont venus à bout des ultimes résistances de plusieurs Etats membres, au prix de laborieuses tractations révélatrices de leurs difficultés à faire prévaloir l'intérêt européen sur leur agenda national" [Le Monde].

"La Pologne (…) a mis beaucoup d'eau dans son vin" [Reuters]. Varsovie, qui contestait le nouveau système de vote prévu par le traité, a obtenu le renforcement d'un "texte obscur", le mécanisme de Ioannina, qui "figure désormais dans un protocole annexé au traité". Elle "a arraché aussi la désignation d'un avocat général polonais auprès de la Cour européenne de justice", écrivent Thomas Ferenczi et Philippe Ricard [Le Monde]. Lech Kaczynski a confié à Reuters que "la Pologne a obtenu tout ce qu'elle voulait".

L'Italie, "irritée par la nouvelle répartition des sièges au Parlement européen" [Reuters], a obtenu un siège supplémentaire. "Du coup, le nombre total de membres du Parlement européen passera de 750 à 751" [Le Monde]. Romano Prodi a "déclaré que le rôle de l’Italie dans l’Europe [était] désormais reconnu".

Le Premier ministre portugais, José Socrates, a estimé que "L'Europe [était] sortie de sa crise institutionnelle [et était] prête à affronter les défis du futur". Le Président Nicolas Sarkozy a "fait part de sa "très grande satisfaction", notent les journalistes du Monde.

Le traité devra être signé formellement le 13 décembre par les Chefs d'Etat et de gouvernement. L'attention "se portera [ensuite] sur les processus de ratification dans plusieurs pays confrontés à la pression d'un référendum sur le nouveau texte" [Euractiv.com].

L'UE sort de la crise institutionnelle

Souhaitant que la France "donne l'exemple" dans le processus des ratifications, le président français "serait "heureux" que la France soit le premier pays à ratifier ce texte dès après sa signature" [La Tribune].

"Sarkozy a, de nouveau, exclu tout référendum sur ce texte comme il s’y était engagé durant la campagne présidentielle" rapporte Jean Quatremer dans Libération. Pourtant, selon l'Humanité, "de nombreuses voix (…) s'élèvent à gauche, pour exiger la tenue d'un référendum" sur le Traité.

Le Premier ministre britannique, "attendu de pied ferme dans son pays par des eurosceptiques très remontés" selon Les Echos, "minimise la portée du nouveau traité pour justifier sa décision de ne pas organiser de référendum, contrairement à l'engagement pris par le parti travailliste" poursuit le quotidien.

"Le traité de Lisbonne ressemble presque trait pour trait à la défunte Constitution" explique Jean Quatremer dans Libération. Les vingt sept "ont surtout voulu éviter les malentendus apparus lors de la campagne référendaire en abandonnant certaines innovations" poursuit le journaliste.

De "progrès sont indéniables" admet Thomas Ferenczi dans Le Monde, "mais ils masquent mal les carences d'une Europe anémiée" ajoute-il. "A l'évidence, les peuples et les dirigeants européens ne sont pas prêts à poursuivre l'intégration imaginée par les Pères fondateurs".

Selon lui, "l'accord de Lisbonne n'est donc qu'une étape". "Nécessaire, mais pas suffisante". Les Echos rapportent  les regrets de Valéry Giscard d'Estaing qui déclare que "les objectifs d'union politique du continent européen s'estompent".

"Ainsi, le texte de Lisbonne ne touche absolument pas aux politiques existantes et son unique objet est institutionnel" [Libération]. "L'assemblée de Strasbourg, devenue pleinement co-législatrice, est la grande gagnante de la nouvelle configuration institutionnelle" [La Croix].

"Bref, le traité de Lisbonne, c’est la Constitution, mais en moins bien : les Etats n’ont pas envie, pour l’instant, d’aller plus loin" [Libération].

10.2007.Haut de page