Logo L’ADHESION DE LA TURQUIE

UNION EUROPEENNE, DECEMBRE 2004 / LES NEGOCIATIONS D’ADHESION AVEC LA TURQUIE
__Les négociations, qui s’ouvriront le 3 octobre 2005, pourraient durer "dix ou quinze ans"

Les dirigeants de l'Union européenne (UE), réunis les 16 et 17 décembre 2004, à Bruxelles, ont décidé d'ouvrir, en octobre 2005, des négociations d'adhésion avec la Turquie. Les dirigeants turcs devront néanmoins s'engager d'ici là sur une reconnaissance de Chypre, en étendant aux dix nouveaux Etats membres de l'Union, dont Chypre, l'accord d'association qui lie la Turquie à l'Europe depuis 1963. Pour des raisons financières, l'adhésion de la Turquie n'est pas envisagée avant 2014.

La réunion de Bruxelles

La réunion de Bruxelles.
Photo Elysée, Paris.

Selon l'accord conclu entre la Turquie et l'Union, le gouvernement turc "confirme qu'il est prêt à signer le protocole" - l'accord d'association -, avant l'ouverture officielle des négociations. "Chypre est un Etat membre, a souligné le président français Jacques Chirac au cours d'une conférence de presse. On ne peut pas imaginer qu'un Etat tiers [candidat à l'adhésion] choisisse les Etats qu'il reconnaît et ceux qu'il ne reconnaît pas. Les négociations ne peuvent s'ouvrir que si la signature a été donnée. C'est à la Turquie de choisir". Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a estimé pour sa part qu'une telle signature, purement "technique", ne serait "en aucune fa4on une reconnaissance" de Chypre.

"Nous pouvons démarrer les négociations avec la Turquie", a déclaré le premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende, président en exercice de l'UE, en soulignant qu'"il n'y a pas de garantie" pour le résultat des négociations. "L'objet de ces négociations est l'adhésion à l'UE. Les débats auront un caractère ouvert, c'est-à-dire que leur conclusion n'est pas garantie. Mais, l'"ancrage" de la Turquie dans la structure européenne est assuré quoiqu'il advienne". "L'UE a ouvert ses portes à la Turquie", a déclaré le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso.

Les négociations, en principe "irréversibles", demeurent cependant soumises à des règles très strictes, notamment dans le domaine des droits de l'homme et du respect des libertés publiques. Jacques Chirac, favorable à ce "mariage" entre l'Union européenne et la Turquie, a prévenu que le chemin serait "long et difficile".

L'Europe et le génocide arménien

Par ailleurs, le président français a affirmé que la Turquie devrait faire le travail de mémoire nécessaire à propos du génocide arménien de 1915, sous peine d'être sanctionnée par les Français lors du référendum validant l'entrée de la Turquie dans l'Union. Il a rappelé que "toute l'histoire de la construction européenne est l'histoire du dialogue, du respect de l'autre et de la reconnaissance des erreurs que nous avons pu faire dans le passé", ajoutant : "Le travail de mémoire doit être considéré comme une nécessité incontournable, je dis bien incontournable. Je ne doute pas un instant que, si ce travail n'est pas fait, les Français en tiendront le plus grand compte dans le jugement qu'ils porteront [par référendum] sur l'éventuel traité d'adhésion."

A propos des Kurdes, Jacques Chirac a souligné que les critères de Copenhague impliquaient le respect des droits de l'homme, "respect dû aussi bien aux Kurdes qu'aux autres".

La Commission européenne s'était prononcée le 6 octobre 2004 pour l'ouverture en 2005 de pourparlers avec la turquie. Elle avait assorti sa recommandation de multiples garde-fous, dont le fait que les pourparlers devraient s'inscrire dans "un processus ouvert dont l'issue ne peut être garantie avant terme".

Sources : Union européenne et presse internationale, décembre 2004.
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