
LA CAMPAGNE
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La brochure
EXCISION
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Stop violences contre les femmes
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FRANCE, AVRIL 2009 | LES VIOLENCES CONTRE LES FEMMES
__Lancement d'une campagne pour lutter contre l'excision et les mariages forcés
Le gouvernement français a lancé, le 14 avril 2009, à Paris, une nouvelle campagne pour "briser le silence" des violences faites aux femmes, en particulier les mariages forcés et les mutilations sexuelles.
En France, plus de 140’000 jeunes filles seraient aujourd’hui menacées par ces violences dites coutumières. Les mutilations génitales féminines et leurs graves conséquences sur la santé concernent quelque 120 millions de femmes et de fillettes sur le seul continent africain, soit le tiers de la population féminine
"Aujourd'hui, il faut savoir que, encore sur notre territoire national, chaque année 70’000 femmes sont menacées de mariage forcé, et il y a entre 55’000 et 65'000 femmes et jeunes filles excisées ou menacées de l’être", a précisé Valérie Létard, secrétaire d'Etat à la Solidarité. "C'est une réalité présente ici en France". Elle a qualifié ces pratiques de "fléau barbare, anachronique et injustifiable".
Comme pour les mariages forcés, "ni la tradition ni la coutume ne peuvent justifier une telle remise en cause des droits fondamentaux" de l'être humain. "Il faut dire aux jeunes filles qu'elles ne sont pas seules, leur donner des outils, des contacts utiles, leur dire que leur entourage - un professeur, une assistante sociale, une association spécialisée - peut les accompagner, les orienter et même les protéger", a expliqué Valérie Létard, qui a rappelé que "la loi française est applicable à toutes les jeunes filles, quelle que soit leur origine ethnique".
En France, la lutte contre les mariages forcés a été renforcée par la loi d'avril 2006 qui a porté à 18 ans l'âge minimum pour se marier. Le viol conjugal est inscrit dans le Code pénal et le vol des papiers par l'époux est considéré comme un délit.
Mariages forcés et mutilations sexuelles - que ce soit l'excision qui consiste en l'ablation du clitoris ou bien l'infibulation qui consiste à coudre les grandes lèvres - "ne sont pas l'apanage d'une culture particulière", a ajouté Valérie Létard, se refusant à "stigmatiser une catégorie sociale et religieuse".
Deux brochures d’information
Deux brochures "visant à atteindre les jeunes filles et les femmes le plus en amont possible" - "Combattre les mariages forcés", où l'on voit une main rouge à laquelle on tente de mettre une alliance faite de fil de fer barbelé, et "Combattre l'excision", représentant une lame de rasoir, souvent utilisée pour pratiquer l'excision, barrée d'un trait noir -, éditées par le gouvernement, rappellent que la loi interdit ces deux pratiques et recensent les services et les associations auxquels s'adresser.
La distribution de 100’000 brochures dans les établissements scolaires, maisons de quartier, MJC, clubs sportifs, mairies ou bibliothèques, mais aussi dans des dispensaires, hôpitaux, maternités, s'accompagne d'une campagne d'affichage. Les femmes qui se sentent en danger peuvent aussi consulter un site internet stop-violences-femmes.gouv.fr.
Prise de conscience
Pour Ernestine Ronai, responsable de l'Observatoire des violences faites aux femmes en Seine-Saint-Denis, ces campagnes ont leur utilité pour faire évoluer les mentalités.
"Quand il y a des campagnes de prévention, les filles parlent plus, il y a une prise de conscience plus forte de la part des jeunes filles et de la société tout entière", a-t-elle déclaré sur France Info.
Pour mieux lutter contre les mariages forcés, elle réclame "une politique nationale concertée qui permette à l'ensemble des professionnels de connaître les moyens de lutte notamment en ce qui concerne l'hébergement, pour qu'une fille à un moment donné, pour une durée peut-être limitée, puisse partir de chez elle".
Khady Koita, présidente du Réseau européen pour la prévention et l'éradication des mutilations génitales féminines, voit elle aussi les mentalités évoluer peu à peu. Selon elle, ces pratiques "d'un autre âge" ne sont pas justifiées par la religion.
"Ces dernières années, les réactions ont été plus positives. Beaucoup de parents disent désormais "je ne le fais plus, mais le problème c'est quand je retourne en Afrique, il y a beaucoup de pression", a-t-elle déclaré à l’agence à Reuters. "Les jeunes filles sont coincées là-bas et on ne peut pas les faire sortir", a déploré Khady Koïta, elle-même victime de mariage forcé et de mutilation sexuelle dans son enfance.
Khady Koïta a plaidé pour une meilleure "coopération" entre l'Europe et l'Afrique car, de plus en plus souvent, les fillettes et jeunes femmes sont victimes de mariages forcés et de mutilations sexuelles lorsqu'elles vont en vacances dans le pays d'origine de leur famille, y compris quand elles sont déjà adolescentes.
"Ce sont des archaïsmes qui doivent être combattus", a souligné Gaye Petek, directrice de l'association Elele, qui aide les immigrés venus de Turquie. "Il ne suffit pas de faire des lois", a-t-elle rappelé, car il faut "les accompagner par la formation des esprits", notant que s'il faut aider les victimes, il faut aussi tenter d'atteindre "ceux qui mettent en scène ces pratiques".
Isabelle Gillette-Faye, directrice du Groupe pour l'abolition des mutilations sexuelles (Gams), a pour sa part salué "la première campagne nationale contre le mariage forcé".
Sources : Secrétariat d’Etat à la Solidarité et agences de presse, avril 2009.

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