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DROITS DES FEMMES, 2008 | LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES
__La ville de Paris publie un guide de prévention des mariages forcés

Kofi Annan

A l'occasion de la Journée internationale contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre, la Ville de Paris publie un guide de prévention des mariages forcés à l'usage des maires d'arrondissement, des élus et agents de l'état civil.

Présenté le 19 novembre 2008 par Fatima Lalem, adjointe chargée de l'égalité femme/homme, et diffusé à 2’000 exemplaires, ce guide doit permettre à ceux qui célèbrent les mariages de repérer et prévenir ces unions sans consentement. Des unions qui arrivent "trois ou quatre fois par an", témoigne Jacques Bravo, maire du 11e, et qui font l'objet d'une "vigilance croissante".

C'est la première fois qu'une collectivité locale réalise un tel guide, où des repères juridiques et opérationnels sont mis en exergue de façon pédagogique.

En outre, la Ville de Paris entreprend de réviser le Contrat de sécurité parisien. L’objectif est de développer la lutte contre les violences faites aux femmes en l’intégrant dans ce Contrat "rénové", et de promouvoir une déclinaison des moyens d’action dans le cadre des Conseils de sécurité et de prévention de la délinquance en arrondissement, des Contrats de sécurité d’arrondissement et des réseaux d’aide aux victimes.

Dans le futur, le maire de Paris souhaite encore renforcer son action : réaliser deux nouveaux centres d’hébergement pour les femmes victimes de violences et développer la formation et la sensibilisation des acteurs. Et enfin, parce que la jeunesse est concernée au premier chef, il est prévu de multiplier les actions de prévention des violences sexistes et d’éducation à la sexualité et au respect.

ELUS ET JUGES CONFRONTES AUX MARIAGES FORCES | LE MONDE

Le nombre de mariages forcés impliquant des jeunes filles françaises ou nées en France est-il en hausse ?, s’interroge le quotidien Le Monde.

"Cette pratique, liée à des traditions culturelles ou religieuses prégnantes dans les familles originaires de Turquie, du Maghreb, d'Afrique noire et d'Asie, est difficilement chiffrable, relève Stéphanie Le Bars. Entre les "70’000 adolescentes concernées en France par le mariage forcé" - un chiffre maladroitement extrapolé par le Haut-Commissariat à l'intégration en 2003, qui correspondait en fait au nombre de jeunes filles de 15 à 18 ans originaires des pays où existe cette pratique -, et les quelques centaines de cas effectivement pris en charge par les associations spécialisées, nul ne se risque à une évaluation. Une seule étude statistique, menée en 2006 auprès de 1’600 jeunes filles vivant en Seine-Saint-Denis, indiquait que 40 s'étaient vu "proposer un fiancé" et que, parmi elles, 13% avaient été contraintes au mariage.

"Une chose est sûre, depuis une dizaine d'années, le travail des associations et les mobilisations médiatiques lancées à partir d'établissements scolaires ont libéré la parole, ainsi que le souligne le sociologue Smaïn Laacher, auteur de "Femmes invisibles" (éd. Calmann-Lévy), la première étude sur les violences faites aux femmes issues de l'immigration. "Parallèlement aux violences conjugales, semblables à celles que l'on retrouve dans tous les milieux, le mariage forcé constitue la violence dominante dénoncée par ces jeunes filles", constate le chercheur, qui a eu accès aux centaines de témoignages recueillis par les associations "Voix de femmes" (VDF) et "Ni putes ni soumises".

"L'évolution démographique entraîne une hausse automatique du nombre de jeunes filles potentiellement concernées vivant en France", estime par ailleurs Isabelle Gillette-Faye, directrice du Gams, (Groupe pour l'abolition des mutilations sexuelles féminines), qui accueille tous les ans quelque 200 jeunes filles touchées par cette pratique. […]

"Le guide publié par la Mairie de Paris rappelle que, en cas de doute, un élu ou un agent de l'état civil peut saisir le procureur et surseoir à la cérémonie. "Beaucoup d'élus nous font part de leur désarroi", assure Fatima Lalem, adjointe chargée de l'égalité à la Mairie de Paris. Le passage de ces couples à la mairie intervient souvent après un mariage dans le pays d'origine ou une célébration religieuse dans la famille; cette cérémonie, sans statut officiel, vaut engagement aux yeux de la communauté et rend licites les relations sexuelles, ce qui provoque, en outre, des grossesses non désirées". Le Monde, 20 novembre 2008.
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