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> Tribune : les femmes dans la guerre

Mars 2001, Genève, Jakob Kellenberger, président du CICR
__Mieux protéger les femmes lors des conflits armés
Les défis que doivent relever les femmes, et tout particulièrement celles qui sont prises dans la tourmente des guerres, sont immenses.


Jacob Kellenberger"Le droit international humanitaire contient toutes les règles pour la protection des femmes et des fillettes" a déclaré, le 6 mars 2001 à Genève, Jacob Kellenberger, président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), présentant les premières conclusions d'une étude consacrée à "l'impact de la guerre sur les femmes", étude dont les conclusions et les recommandations seront publiées d'ici à la fin de l'année.

L'étude, entamée il y a deux ans, révèle que les femmes souffrent essentiellement des effets de la guerre sur leur intégrité physique et psychique, notamment en raison de la violence sexuelle. Les autres causes de leurs souffrances sont le manque de sécurité, les déplacements forcés, la détention et les diverses conséquences de l'absence ou de la disparition de leurs proches masculins. Enfin, elles subissent l'accès limité aux soins, à la nourriture et à d'autres besoins matériels de première nécessité.

"Chacun doit être rendu responsable de l'amélioration du sort des femmes en temps de conflit", a-t-il assuré, ajoutant que "ce n'est pas une chimère, mais un engagement pris et consacré par le droit et qui doit être honoré".


La déclaration de Jakob Kellenberger

"Les défis que doivent relever les femmes, et tout particulièrement celles qui sont prises dans la tourmente des conflits armés, sont immenses.

"Les hommes étant souvent engagés dans les hostilités, les femmes et les jeunes filles constituent habituellement la majorité de la population civile en temps de guerre. Et elles sont souvent directement prises pour cible par les combattants. Comme c'est le cas pour tous les civils pris au piège de la guerre, les femmes sont régulièrement victimes de violences physiques, de déplacements forcés, de tueries aveugles et d'autres atrocités.

"Outre les règles qui garantissent protection et assistance à la population civile en général, le droit international humanitaire contient 40 dispositions spécifiques relatives à la protection spécifique des femmes affectées par les conflits armés. Si ces règles étaient mieux respectées par les belligérants, la situation des femmes et de la population civile dans son ensemble en serait considérablement améliorée.

"La protection des femmes dans la guerre n'est pas uniquement un problème de droit, c'est également une question de responsabilité sociale et de bon sens. En effet, c'est souvent grâce aux femmes que la vie continue dans les périodes de trouble. Faisant partie des civils, les femmes assument des charges particulièrement lourdes lorsqu'un conflit éclate. Comme leurs maris et leurs fils sont dans bien des cas partis au combat, capturés, portés disparus ou tués, il est fréquent que les femmes restent seules. Il leur incombe alors de sauvegarder l'unité de la famille, de prendre soin des enfants et des personnes âgées, et de faire face aux effets dévastateurs des combats.

"C'est de ce point de vue que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) considère le sort tragique des femmes dans la guerre. Il ne les voit pas uniquement comme des individus mais comme des chefs de famille et des membres actifs de leur communauté et de la société en général. En tant que telles, les femmes sont affectées par les conflits de manière de plus en plus complexe et elles ont leurs besoins spécifiques."

Source : CICR, Genève, mars 2001.Haut de page