Les droits de l'enfant
La violence faite aux femmes


Droits des femmes




LA VIOLENCE FAITE AUX FEMMES
> La campagne 2004 d'Amnesty
> Entretien avec Irene Khan
[Le Monde]

> La campagne d’Amnesty

Chine Défenseur(e)s des droits humains
Espagne Violences domestiques
Irak Violences domestiques, enlèvements, viols et assassinats
Mexique Femmes enlevées et assassinées
République Démocratique du Congo Violences dans les conflits armés


Amnesty Rapports 2001

2004 / LA CAMPAGNE D'AMNESTY CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES
 __IRAK : violences domestiques, enlèvements, viols et assassinats

"Il était furieux et a pris sa kalachnikov… Les voisins lui ont dit : "Laisse-la tranquille." Mais ça ne l'a pas arrêté, et il m'a tiré dans les jambes. Je ne les sentais plus, elles étaient comme anesthésiées. Le soleil se couchait ; j'ai regardé le ciel et j'ai dit aux hommes : "Je ne veux pas mourir."Ils m'ont conduite à l'hôpital".

FatimaC'est son mari qui, le 21 mai 2003, devant sa propre famille et des voisins, a tiré dans les jambes de Fatima [le nom a été modifié], dix-neuf ans. Mariée à douze ans, elle était considérée comme une domestique dans la maison familiale de son époux et était régulièrement battue.

Elle a tenté de se réfugier chez ses parents, mais son mari est venu l'y chercher et lui a ordonné de revenir. Devant le refus de la jeune femme, il s'est emporté et a pris un morceau de bois pour la frapper. Lorsque celui-ci s'est brisé, il est devenu fou de colère, a saisi son pistolet et tiré sur Fatima.

Malgré le nombre de personnes ayant assisté à la scène et la gravité du crime, nul dans la famille ou à l'hôpital n'a porté l'affaire à la connaissance de la police, et le mari n'a pas été arrêté.

La famille a estimé que le problème devait être réglé au sein de la tribu. A sa sortie de l'hôpital, Fatima est revenue chez son père. Son mari a exprimé des regrets, lui a proposé une indemnisation et a tenté d'obtenir la réconciliation par le biais des anciens de la tribu de la jeune femme. Cependant, malgré les pressions, Fatima refuse de retourner auprès de lui.

Depuis des dizaines d'années, les Irakiennes vivent un véritable calvaire :

décès d'hommes de leur famille durant la guerre Iran-Irak (1980-1988);
expulsions massives vers l'Iran de familles entières déclarées "d'origine iranienne" par les autorités;
répression d'Etat, notamment les attaques chimiques lancées contre les Kurdes à Halabja en 1988;
la guerre du Golfe en 1991, et l'étouffement du soulèvement chiite qui s'en est suivi;
treize ans de sanctions imposées par les Nations unies de 1990 à 2003;
enfin, l'action militaire menée par les Etats-Unis en 2003.

Sous la présidence de Saddam Hussein, des femmes ont été arrêtées de façon arbitraire, torturées, ont "disparu" ou ont été exécutées par les autorités pour des raisons politiques. En 2000, des dizaines de femmes accusées d'être des prostituées auraient été décapitées en public par un groupe paramilitaire.

Femme irakienneLe vide politique et sécuritaire qui s'est installé en Irak à la suite de l'intervention militaire des forces de la coalition en 2003 a fourni un terrain favorable à la multiplication des pillages et des crimes par armes à feu. Les informations publiées dans les journaux quotidiens faisant état d'enlèvements et de viols ont conduit un grand nombre de femmes à abandonner leur emploi ou leurs études; elles restent désormais cloîtrées chez elles.

Selon la Ligue des femmes irakiennes, une organisation de défense des droits des femmes, plus de 400 femmes ont été "enlevées, violées et parfois vendues" entre le mois d'avril, qui a marqué la fin de la guerre, et le mois d'août 2003.

Même chez elles, les Irakiennes ne sont pas toujours en sécurité. Le chaos consécutif à la chute de Bagdad, le démantèlement des effectifs de police par les forces d'occupation et la prolifération des armes à feu ont contribué à la recrudescence des "crimes d'honneur" et de la violence domestique. Ces crimes sont souvent négligés par la police, comme dans le cas de Fatima.

Certains dirigeants islamistes profitent de l'instabilité de la situation en Irak pour répandre certaines de leurs idées, qui, si elles trouvaient un écho favorable, conduiraient à une restriction des libertés d'expression et de mouvement pour les femmes.

Source : Amnesty International, France, mars 2004.
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