|
|
|
|
2004 / LA CAMPAGNE D'AMNESTY CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES __IRAK : violences domestiques, enlèvements, viols et assassinats "Il était furieux et a pris sa kalachnikov Les voisins lui ont dit : "Laisse-la tranquille." Mais ça ne l'a pas arrêté, et il m'a tiré dans les jambes. Je ne les sentais plus, elles étaient comme anesthésiées. Le soleil se couchait ; j'ai regardé le ciel et j'ai dit aux hommes : "Je ne veux pas mourir."Ils m'ont conduite à l'hôpital".
Elle a tenté de se réfugier chez ses parents, mais son mari est venu l'y chercher et lui a ordonné de revenir. Devant le refus de la jeune femme, il s'est emporté et a pris un morceau de bois pour la frapper. Lorsque celui-ci s'est brisé, il est devenu fou de colère, a saisi son pistolet et tiré sur Fatima. Malgré le nombre de personnes ayant assisté à la scène et la gravité du crime, nul dans la famille ou à l'hôpital n'a porté l'affaire à la connaissance de la police, et le mari n'a pas été arrêté. La famille a estimé que le problème devait être réglé au sein de la tribu. A sa sortie de l'hôpital, Fatima est revenue chez son père. Son mari a exprimé des regrets, lui a proposé une indemnisation et a tenté d'obtenir la réconciliation par le biais des anciens de la tribu de la jeune femme. Cependant, malgré les pressions, Fatima refuse de retourner auprès de lui. Depuis des dizaines d'années, les Irakiennes vivent un véritable calvaire :
Sous la présidence de Saddam Hussein, des femmes ont été arrêtées de façon arbitraire, torturées, ont "disparu" ou ont été exécutées par les autorités pour des raisons politiques. En 2000, des dizaines de femmes accusées d'être des prostituées auraient été décapitées en public par un groupe paramilitaire.
Selon la Ligue des femmes irakiennes, une organisation de défense des droits des femmes, plus de 400 femmes ont été "enlevées, violées et parfois vendues" entre le mois d'avril, qui a marqué la fin de la guerre, et le mois d'août 2003. Même chez elles, les Irakiennes ne sont pas toujours en sécurité. Le chaos consécutif à la chute de Bagdad, le démantèlement des effectifs de police par les forces d'occupation et la prolifération des armes à feu ont contribué à la recrudescence des "crimes d'honneur" et de la violence domestique. Ces crimes sont souvent négligés par la police, comme dans le cas de Fatima. Certains dirigeants islamistes profitent de l'instabilité de la situation en Irak pour répandre certaines de leurs idées, qui, si elles trouvaient un écho favorable, conduiraient à une restriction des libertés d'expression et de mouvement pour les femmes. |