17 MAI 2009 | JOURNEE INTERNATIONALE CONTRE L'HOMOPHOBIE
__Mobilisation mondiale contre la pénalisation de l'homosexualité
OnuSida veut améliorer l'accès à l'information des homosexuels
A la veille de la Journée internationale contre l'homophobie, le 17 mai 2009, la secrétaire d'Etat française aux droits de l'homme, Rama Yade, a lancé, le 15 mai 2009, un appel en faveur de la dépénalisation universelle de l'homosexualité.
"Nous devons [...] faire en sorte que ce qui est acceptable pour certains à un moment donné devienne intolérable pour tous", a-t-elle affirmé lors du Congrès mondial pour les droits de l'homme, l'orientation sexuelle et l'identité de genre, organisé à Paris, avec le soutien des Pays-Bas et de la Norvège.
Aujourd'hui, 80 pays, principalement situés en Asie et en Afrique, pénalisent l'homosexualité. Sept la sanctionnent même de la peine de mort. "Bien que beaucoup de pays n'appliquent pas systématiquement leurs lois homophobes, la simple existence de telles lois conforte une culture au sein de laquelle une partie significative des citoyens doit se cacher du reste de la population par simple peur", souligne l'Association internationale des lesbiennes, des gays, des personnes bisexuelles, trans et intersexuelles (Ilga) dans une enquête publiée en mai.
L’enquête dresse un vaste panorama de ce monde où les homosexuels sont pourchassés : en Arabie saoudite, la mort par lapidation sanctionne tout acte de sodomie commis par un non musulman avec un musulman. Au Bangladesh, toute "relation charnelle contre l'ordre de la nature avec un homme, une femme ou un animal" peut être punie d'un emprisonnement à vie.
Dans une Déclaration relative aux droits de l’homme et à l’orientation sexuelle et l’identité de genre, présentée par la France et les Pays-Bas, le 18 décembre 2008, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, 66 pays ont lancé un appel à la dépénalisation universelle de l'homosexualité. Rejoints, en mars 2009, par les Etats-Unis, ils demandent, dans ce texte, que "l'orientation sexuelle et l'identité de genre" ne puissent jamais constituer le fondement d'une sanction pénale.
Les 67 pays, qui demandent "instamment aux Etats de prendre toutes les mesures nécessaires, notamment législatives et administratives, pour garantir que l'orientation sexuelle et l'identité de genre ne soient, en aucune circonstance, le fondement de sanctions pénales, en particulier d'exécutions, d'arrestations ou de détention", se sont retrouvés, le 15 mai 2009, à Paris, afin de "renforcer la dynamique internationale" créée par cette Déclaration de New York.
Présent au Congrès de Paris, l'ex-ministre de la justice Robert Badinter, qui fut, en France, l'artisan de la dépénalisation de l'homosexualité en 1981, est venu soutenir la Déclaration de New York. "Victor Hugo disait que la peine de mort était le signe permanent et universel de la barbarie humaine, a-t-il rappelé. Je dis qu'il en va de même de la répression de l'homosexualité".
En France
A l'occasion de la Journée internationale contre l'homophobie, qui a pour thème, cette année, la lutte contre la "transphobie" - ou rejet des personnes transsexuelles -, le quotidien Le Monde a publié un appel en faveur du respect des droits des transsexuel(le)s signé notamment par plusieurs personnalités politiques.
La ministre de la santé, Roselyne Bachelot, a annoncé son intention de "publier un décret déclassifiant la transsexualité des affections psychiatriques de longue durée". "Cette classification au titre d’affection psychiatrique de longue durée (ALD 23) est vécue par les transsexuels de manière très stigmatisante en ce qu’elle introduit une confusion entre trouble de l’identité de genre et affection psychiatrique", a-t-elle souligné.
En Europe
L'Union européenne (UE) a condamné la violence et la discrimination à l'encontre des hommes et femmes homosexuels à l'occasion de cette journée internationale contre l'homophobie.
"L'Union européenne rejette et condamne toute manifestation d'homophobie car ce phénomène est une violation flagrante de la dignité humaine", a déclaré la présidence tchèque de l'Union, invitant tous les pays à prendre toutes les mesures nécessaires pour "s'assurer que l'orientation sexuelle et l'identité de genre ne puissent en aucun cas servir de fondement à des sanctions pénales" et que de telles violations des droits de l’Homme soient sanctionnées en justice.
Mai 2009.
