Genève, ville des droits de l'homme Les droits de l'enfant appartiennent à tous les enfants, sans exception


Genève, ville des droits de l'homme


1997


VILLE DE GENÈVE

>La ville des droits de l'enfant

>Les droits de l’homme


__Les droits de l'enfant appartiennent à tous les enfants, sans exception

Michel Rossetti, maire de Genève


Allocution de M. Michel Rossetti, maire de Genève, au Forum international sur les droits de l'enfant "Défense des enfants", Institut Henri-Dunant, à Genève, le 4 octobre 1997.


Michel RossettiJe suis très heureux, en tant que maire de la ville de Genève, de pouvoir vous adresser quelques mots en ouverture du forum Défense des enfants - et de pouvoir vous apporter le salut cordial des autorités de la ville, en particulier celui de son Conseil administratif.

Votre réunion d'aujourd'hui, qui a pour objectif de contribuer aux travaux des sessions du Comité des droits de l'enfant des Nations unies, est pour Genève très importante - comme toute initiative forte dont le but est de favoriser le mieux-être des enfants dans toutes les parties du monde. Elle renforce l'image de Genève comme LA ville des droits de l'enfant: la première déclaration des droits de l'enfant a été rédigée, ici à Genève en 1923; et Genève accueille le Comité des droits de l'enfant des Nations unies chargé de l'application d'une Convention - celle de 1989 - qui est maintenant ratifiée par presque tous les pays.

Je salue votre volonté d'établir, au travers de ce forum - dont c'est la première édition, une tradition de réflexion sur des thèmes essentiels, liés au respect des droits de l'enfant - en particulier en ce qui concerne l'éducation et la meilleure application de droits qui doivent préserver les enfants, tous les enfants, dans les domaines du travail, des conflits armés et de l'exploitation sexuelle. Je sais, aussi, que vos travaux et votre action s'inscrivent dans la perspective d'une ratification quasi-universelle, de la Convention des Nations unies sur les droits de l'enfant.

Les droits de l'homme de l'enfant

Cette Convention n'est pas une convention comme les autres : véritable convention des droits de l'homme de l'enfant, elle est la seule qui couvre tous les droits, qu'ils soient civils, politiques ou économiques, sociaux et culturels. Elle est, il faut le rappeler, le résultat d'un combat de longue haleine, partagé par beaucoup d'associations comme la vôtre, pour amener, petit à petit, l'ensemble de la communauté internationale à prendre en compte, dans ses textes de loi comme dans son action, le respect dû à l'enfant.

Nous avons tous en mémoire les images de l'exploitation des enfants dans les premières décennies de l'industrialisation, en Europe comme ailleurs. Images terribles que nous pensions bannies de tout horizon humain. Ces images resurgissent, aujourd'hui, sous mille autres formes, toutes autant inacceptables que pernicieuses. Elles montrent toujours des enfants : victimes toutes désignées de la mondialisation de l'économie; otages et victimes de conflits et de guerres qui ravagent encore maints pays; objets et victimes de pratiques sexuelles imposées par certains adultes.

Nos sociétés occidentales qui, de plus en plus, ressemblent à des additions de solitudes, ne sont pas non plus à l'abri de reproches. L'enfant, dans la vie sociale comme dans la famille ou à l'école, est la victime toute désignée de la violence d'un société dont le tissu social se déchire.

Des droits qui portent l'idéal démocratique

Les droits de l'enfant - comme les droits de l'homme, comme les valeurs de tolérance et de justice sociale qui portent l'idéal démocratique - sont universelles. Il faut le redire sans cesse, avec toujours plus de force: ces droits ne peuvent être emprisonnés dans des frontières nationales, ni limités par des appartenances à une religion, à une culture ou par des législations restrictives. Il appartiennent à tous, sans exception.

Votre organisation a raison de mettre l'accent sur la nécessaire éducation de tous à ces droits. La Ville de Genève, pour sa part, multiplie les initiatives qui visent à populariser ces droits - et à les faire appliquer. [...]

Je me félicite que vos réunions, que vos travaux, nous rappellent à notre devoir de vigilance. Restons plus que jamais attentifs, à l'écoute des enfants, de nos enfants. Retrouvons avec eux l'enfant qui sommeille en nous - et qui est seul capable de nous conduire sur les routes de l'aventure humaine.Up