Genève, ville des droits de l'homme Il faut mettre l'homme, ses droits et ses libertés, au centre des défis à venir


Genève, ville des droits de l'homme


1997


VILLE DE GENÈVE

>La ville des droits de l'enfant

>Les droits de l’homme


__Il faut mettre l'homme, ses droits et ses libertés, au centre des défis à venir

Michel Rossetti, maire de Genève


Allocution de Michel Rossetti, Maire de Genève, à la séance inaugurale de l'Assemblée générale de la Conférence des organisations non gouvernementales, Bureau international du travail(BIT), Genève, le 3 novembre 1997.


Michel RossettiJe suis très heureux de participer, en ma qualité de maire de la ville de Genève, à la séance inaugurale de la 20e Assemblée générale de la Conférence des organisations non gouvernementales.

Vous avez souhaiter centrer les travaux de votre assemblée sur un débat majeur: Définir l'avenir - en clair, l'avenir du nécessaire partenariat entre les Nations unies et l'ensemble des organisations dites non gouvernementales (ONG). Ce débat prend place au terme d'une réflexion menée conjointement par les Nations unies (ONU) et les ONG - réflexion que le nouveau secrétaire général de l'ONU, M. Kofi Annan, semble vouloir faire avancer très favorablement.

Le XXe siècle s'achève. Le fonctionnement même de nos sociétés - de nos pays, de nos organisations internationales, de nos collectivités publiques - est remis en question. Les projets de réforme, mis en chantier sur tous les continents, visent tout autant à moderniser nos organisations et nos administrations qu'à rappeler, à redéfinir, le sens de leur action. Et l'arrivée du 3e millénaire est un événement propice à de nouvelles réflexions - et à de nouvelles ambitions marquées des valeurs - universelles - de tolérance, de solidarité et de justice sociale.Up

Nous nous trouvons pris , aujourd'hui, dans le tourbillon des mutations techniques et économiques, amplifiées par la mondialisation, qui mettent à mal tous les mécanismes de pensée et de concertation en usage depuis la fin de la dernière Guerre mondiale - tant dans le domaine national qu'international.

Les combats de l'homme

La fin du XXe siècle est donc aussi la fin d'une époque - d'un monde, diront certains. Elle est aussi annonciatrice - c'est mon sentiment - d'espérances nouvelles fondées sur l'acceptation, par tous, des valeurs démocratiques et - au-delà d'une frénésie économique qui traîne dans son sillage pauvreté et exclusion - fondées sur l'absolue nécessité d'un développement économique durable, équilibré, soucieux des grands équilibres humains et écologiques.

Tous les combats de l'homme aident à forger ce futur qui surgit. Les nations, réunies au cours de ce siècle, doivent partager ces combats et retrouver, dans l'exercice du gouvernement et de la négociation, une ambition portée par une éthique de responsabilité. La société civile, elle, doit pouvoir, dans le cadre d'un dialogue démocratique fécond, être en mesure d'imposer le respect d'une éthique de conviction.

Tous les acteurs du grand débat mondial sont présents, ici, à Genève, au coeur même d'une Europe qui cherche à maîtriser son destin. Les Nations unies, ces dernières décennies le point de rencontre obligé entre les grandes puissances de l'Est et de l'Ouest, redéfinissent leurs missions et leurs domaines d'intervention. Les défis se sont déplacés: ils ne pourront être relevés que sur la base de contrats - et de garanties - sans équivoques, c'est-à-dire qui mettent l'homme, ses droits et ses libertés, au centre.

Des droits qui sont universels

Les organisations non gouvernementales sont, sur le plan international, les représentants de cette "société civile" qui rassemble les forces vives de toutes les nations. Je ne peux que souhaiter que leur rôle soit mieux compris et pris en compte; que la réforme, en cours, des Nations unies, leur donne le statut des partenaires associés aux grandes décisions sur l'avenir de notre planète.

Les ONG ont une mission de vigilance. Elles sont la petite flamme, toujours vacillante, qui nous fait souvenir que l'homme est toujours rebelle; qui nous rappelle qu'il n'y a pas, dans l'histoire du monde, d'exemple de sociétés organisées à partir des seuls rapports marchands - et que la diversité des êtres, des cultures comme des civilisations, n'est possible que par le respect têtu de droits qui sont universels et ne connaissent donc pas les frontières.

Des grands rendez-vous vous attendent: le 50e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme en 1998 - anniversaire auquel la Ville de Genève souhaite participer en initiant un forum Internet de discussion mondial sur l'universalité de ces droits - et ,en l'an 2'000, un "forum du millénaire" vous réunissant tous sur le thème de l'avenir des Nations unies.

Je souhaite plein succès à vos travaux - à vos projets comme à vos ambitions.

30 octobre 1997.Up