Genève, ville des droits de l'homme Manuel Tornare, Ville de Genève : Imaginer un nouvel humanisme à la lumière des droits de l’homme


Genève, ville des droits de l'homme


1999


VILLE DE GENÈVE

>L’Université d’été
des droits de l’homme

>10e anniversaire de la Convention sur les droits de l’enfant


ÉTAT DE GENÈVE

>”Pratiques citoyennes”


__Manuel Tornare, Ville de Genève : Imaginer un nouvel humanisme à la lumière des droits de l’homme


Manuel TornareAllocution de M. Manuel Tornare, Conseiller administratif de la Ville de Genève, prononcée le 16 août 1999, à Genève, à l'occasion de l'Université d'été des droits de l'homme organisée par l'Organisation internationale pour le développement de la liberté d'enseignement (OIDEL) et Entraide universitaire mondiale (EMU).

La Ville de Genève est très heureuse d'accueillir, au Palais Eynard, les "militants" d'une cause, d'un combat, qui va, je n'en doute pas, fonder l'action politique au XXIe siècle, et nous amener à imaginer un nouvel humanisme à la lumière des droits de l'homme. Je vous apporte le salut cordial du Conseil administratif de la Ville - Ville qui, au fil des années, n'a cessé de redire son attachement à des valeurs et des droits qui n'ont d'autres ambition que de placer, en toutes circonstances, "la personne humaine" au centre de tout développement.

Genève, vous le savez, a toujours soutenu tous ceux qui, sur le terrain, s'engagent pour le respect des droits les plus élémentaires des humains. Elle accueille le Haut commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, la Commission des droits de l'homme et les Comités - indépendants - qui veillent, non sans difficultés, à l'application d'un droit international nouveau qui doit faire coïncider l'exigence d'universalité et le respect des droits nationaux. Elle est le berceau de la Croix-Rouge et du droit international humanitaire - et les Conventions de Genève, dont nous fêtons aujourd'hui le 50e anniversaire, nous rappellent que des textes sont, de plus en plus, un recours efficace face à la guerre et à la barbarie - du nazisme à l'ex-Yougoslavie.Up

Le rôle décisif des organisations non gouvernementales

Cette action internationale n'est pas toujours satisfaisante, pas toujours suffisante. La "société civile" - en particulier les organisations non gouvernementales - jouent aujourd'hui un rôle décisif dans la promotion et la défense des droits de l'homme. C'est elle qui, le plus souvent, fait échec aux remises en questions répétées de l'universalité des droits de l'homme. C'est elle, qui, au nom d'une communauté humaine rassemblée autour de valeurs - le respect et la dignité -, est la dépositaire d'une notion d'humanité qui va de pair avec une réinvention tout autant des institutions internationales que du sens de l'éthique - et de l'existence.

C'est à Genève qu'est née la Déclaration sur les défenseurs des droits de l'homme, grâce à l'action concerté des ONG. Il n'est pas de grands domaines où la question des droits de l'homme - et d'un nouvel humanisme - ne se pose pas: dans les relations des cultures entre elles, dans les réflexions sur l'éducation, dans le rapport des sciences et de l'éthique , dans ce qui résiste à la loi du marché... Je ne peux que citer ce constat fait, il y a quelques jours, à Genève, dans le cadre de la Sous commission des droits de l'homme: les politiques de libéralisation du commerce, des investissements et des finances à l'échelle internationale ont un impact négatif sur la jouissance de tous les droits de l'homme...

Des interrogations fondamentales de notre époque

Le siècle à venir va avoir du pain sur la planche. Ce qui est en jeu, ce sont des interrogations fondamentales de l'époque. C'est dire l'importance d'une "éducation aux droits de l'homme", que réclame Mary Robinson, la Haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, et dont votre Université d'été est, à Genève, le fer de lance.

Vous souhaitez, au travers de votre action, participer à la fondation "d'un monde plus juste et plus solidaire" et qui réaffirme la primauté du droit sur la violence - que ce soit celle de la guerre ou de l'épuration ethnique. Soyez sûrs de l'appui de la Ville de Genève à votre action. Soyez sûrs de mon soutien: vos préoccupations, vos interrogations sont les miennes: j'ai, comme vous, le souci d'apporter un soutien déterminé aux enfants, aux femmes et aux hommes victimes d'atteintes aux droits de l'homme.

Cette action, nous devons la mener ensemble, de manière coordonnée. [...] Travaillons ensemble à faire connaître, à la population genevoise comme à un très large public francophone, les principes de portée universelle qui sont au coeur des droits de l'homme. La tâche est immense: elle mérite le meilleur de nos convictions et de nos obstinations.Up