![]() |
![]() |
VILLE DE GENÈVE >Hommage à Kazem Radjavi >Les droits de l'homme au Collège >Le respect du droit de la personne ÉTAT DE GENÈVE GENÈVE
|
|
| Par 63,7% de "non" contre 36,3% de "oui", les Suisses ont refusé le 24 septembre 2000 de limiter à 18% le nombre d'étrangers autorisés à résider dans le pays. C'est "un NON cinglant à la xénophobie", titre le quotidien "Le Temps" (Genève).
Tous les cantons se sont opposés à cette initiative populaire "pour une réglementation de l'immigration", la sixième en trente ans, lancée par un député conservateur du parti radical, désavoué par sa formation politique. Les cantons romands (francophones) ont rejeté l'initiative par plus de 70% des votants: 76,1% à Genève, 75,7 % dans le canton de Vaud (Lausanne), 74,4% dans les cantons du Jura et de Neuchâtel et 72,4& dans le canton du Valais. Actuellement, la Suisse compte 19,3% d'étrangers, soit 1,3 millions d'étrangers pour 7 millions d'habitants. Dans une "déclaration" faite le 7 septembre 2000, le Conseil d'Etat genevois avait invité à rejeté une initiative contraire à "la tradition genevoise du refuge, faite de solidarité et d'accueil". |
En ce premier jeudi du mois de septembre, Genève, fidèle à une tradition séculaire, commémore le Jeûne genevois.
Cette commémoration nous rappelle depuis 1640 la tradition genevoise du Refuge, faite de solidarité et d'accueil, qui a profondément marqué l'histoire de notre Cité et de notre République.
Au cours des siècles, Genève a été enrichie humainement, culturellement et économiquement par l'apport de celles et ceux qui ont fait le choix de venir s'y établir. Leur destinée personnelle est intimement liée à notre histoire collective. Ils ont façonné les événements les plus importants de l'histoire de Genève, à l'image des réformateurs ou des héros de l'escalade qui, pour la plupart d'entre eux, étaient étrangers à la citoyenneté genevoise.
Plus récemment, le canton de Genève a toujours compté à l'exception de quelques périodes de crise économique, une population étrangère représentant près de 40% de ses résidents.
Cette population qui représente la majorité des personnes actives fait de Genève une République largement ouverte au monde, représentant tout à la fois une capitale des organisations internationales et une place importante dans la finance et le commerce international.
Aujourd'hui, une initiative entend limiter à 18% la population étrangère vivant dans notre pays.
Cette initiative, si elle était acceptée, aurait des effets désastreux sur notre économie. Au-delà de cela, elle représente la négation des valeurs d'ouverture à l'autre, de tolérance et de respect sur lesquelles s'est construite notre Cité et que nous commémorons a l'occasion du Jeûne genevois.
En ce jour, le Conseil d'Etat entend solennellement affirmer à nouveau qu'une société consciente de ses valeurs et de la force de ses institutions ne peut être qu'enrichie par les apports de celles et ceux qui ont décidé de s'y intégrer.
Il invite les Genevoises et les Genevois à rejeter l'initiative fédérale "pour une limitation de l'immigration", dite initiative des 18%.
Au nom du Conseil d'Etat : Guy-Olivier Segond, président; Carlo Lamprecht, vice-président; Gérard Ramseyer, doyen; Martine Brunschwig Graf, conseillère d'Etat; Micheline Calmy-Rey, conseillère d'Etat; Laurent Moutinot conseiller d'Etat; Robert Cramer, conseiller d'Etat; Robert Hensler, chancelier d'Etat.
Genève, 7 septembre 2000.