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En 1920, en effet, la Suisse adhère à la Société des Nations (SdN). Elle s'associe ainsi à la volonté partagée de tous les Etats membres d'éradiquer la guerre en établissant une système de sécurité collective basé sur la coopération, la conciliation et l'interdiction du recours à la guerre dans les relations entre Etats, ainsi que l'application d'un régime de sanctions. Neutre, la Suisse obtient la reconnaissance de son statut particulier. Elle est en effet déliée de l'obligation d'appliquer les sanctions de type militaire décidées par la SdN. Eu égard à la présence du Comité international de la Croix-Rouge, à son caractère républicain, à son héritage calviniste et à sa tradition humanitaire, Genève est choisie pour être le siège cette nouvelle organisation. En 1945, lorsque s'ouvre à San Francisco la conférence
qui donnera naissance à l'Organisation des Nations Unies,
c'est tout naturellement que la Suisse se pose la question d'une
adhésion à une telle organisation, et c'est presque
tout aussi naturellement qu'une commission d'experts remet au
Conseil fédéral un préavis positif, assorti
de la même condition que l'avait été la participation
de la Suisse à la SdN : la reconnaissance de la neutralité
suisse. Le Conseil fédéral décide de ne pas
suivre cet avis. D'abord, parce que le système de sécurité collective élaboré dans la Charte des Nations Unies prévoyant la mise à disposition du Conseil de sécurité par les Etats membres de contingents nationaux en cas de menace ou de rupture de la paix, semblait peu compatible avec l'impératif de neutralité. D'autre part, en raison du contexte historique, la Suisse aurait dû déclarer la guerre aux puissances de l'Axe, car les "Nations Unies" étaient contre ces dernières. Pour ces différents motifs, la Suisse écarte donc toute idée d'adhésion. En 1946, Genève devient le deuxième centre, après New York, de l'organisation des Nations Unies. En 1966, la question de l'adhésion de la Suisse à l'ONU est reposée. Saisi, le Conseil fédéral publie plusieurs rapports, en 1969, 1971 et 1977. A chaque fois, y est déclaré que l'adhésion de la Suisse serait non seulement possible, c'est-à-dire compatible avec sa ligne de politique étrangère, mais qu'elle serait encore utile. Ainsi en 1981, le Conseil fédéral adresse au Conseil national un message proposant formellement l'adhésion de la Suisse à l'ONU. Trois ans plus tard, ce dernier ainsi que le Conseil des Etats adoptent l'arrêté fédéral. En 1986, vient au peuple de se prononcer sur la question. C'est à plus 75% des suffrages, que l'idée d'une adhésion est rejetée par le peuple suisse. Après une nouvelle tentative, la question soulevée par le biais d'une initiative populaire aboutit en mars 2000 devant le Conseil fédéral, qui soumet aux Chambres fédérales un message portant acceptation de l'initiative et donc de l'adhésion de la Suisse à l'ONU. Adopté en 2001 par le Conseil national et le Conseil des Etats, le projet est soumis à votation populaire le 3 mars 2002. A une majorité des cantons arrachée de justesse et à une large majorité du peuple, la Suisse choisit de rejoindre l'Organisation des Nations Unies, 57 ans après sa mise sur pied. RAPPEL DE QUELQUES DATES
Sources: Chancellerie d'Etat, Etat de Genève,
et quotidien La Tribune de Genève, septembre 2002. |