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L'esprit de Genève
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GENEVE, UN DESTIN INTERNATIONAL __1919, Genève, la Société des Nations
Mais dans quel lieu ancrer la paix future? On pensa d'abord
à Bruxelles, capitale d'un pays neutre qui avait terriblement
souffert des hostilités. Mais l'Allemagne viendrait-elle
dans un pays avec lequel elle avait été en conflit?
C'est alors que s'imposa Genève, dont le nom était
associé à celui de la Croix-Rouge internationale
et ville neutre au centre de l'Europe. Pour emporter la décision,
il fallut la visite à Paris de Gustave Ador, alors président
de la Confédération, qui connaissait personnellement
les "grands" de l'époque: Wilson, Lloyd George
et Clemenceau. Le 28 avril 1919, un télégramme
parvint au Conseil d'Etat genevois: "Ai le plaisir de vous
annoncer que la Conférence a désigné Genève
comme siège de la Ligue des Nations. Signé: Ador". Le lendemain, 29 avril, vit le peuple de Genève accourir devant l'Hôtel de Ville pour entendre le président du Conseil d'Etat John Gignoux lire une proclamation dans laquelle il affirmait que "Genève, qui fut de tout temps une terre de liberté, mettra ce qu'elle possède de meilleur à la disposition de ceux qui viendront chez elle travailler pour la liberté des peuples." La première assemblée
Pourtant, l'Allemagne demande son admission en 1926. En 1932, le Conseil de la SDN décide de tenir une "Conférence sur la limitation et la réduction des armements" qui ajourne ses travaux le 29 juin 1933 au vu de la détérioration de la situation internationale. Malgré tout, Genève se mobilise et trouve les moyens de construire le Palais des Nations, inauguré en 1936. La SDN n'eut jamais les moyens politiques et matériels
des Nations unies d'aujourd'hui; elle parvint pourtant à
régler de nombreux conflits locaux. Ses biens furent
transférés aux Nations unies après la guerre
et le Palais des Nations devint le siège européen
de l'ONU, rendant d'immenses services à la cause de
la paix pendant la "guerre froide". |