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Genève, pour mieux comprendre son rôle d'aujourd'hui
Il convient de souligner que cette série n'aurait jamais pu voir le jour sans la précieuse et active collaboration des Archives d'Etat de Genève et, en particulier, de Mme Catherine Santschi, archiviste d'Etat. Je voudrais également exprimer ma gratitude tant à Mme Elisabeth Reusse-Decrey, Présidente du Grand Conseil, qu'à M. Raphaël Mahler, secrétaire général du Pouvoir judiciaire, qui ont contribué à la publication des textes consacrés au Pouvoir législatif d'une part, au Pouvoir judiciaire, d'autre part. L'Esprit de GenèveC'est dans la Vieille-Ville, au sein des bâtiments publics qui ont bravé les siècles et les régimes, que l'on entend le mieux battre le coeur de notre République et canton. C'est aussi du sommet des tours de la cathédrale Saint-Pierre
que le regard porte au loin et embrasse au-delà du lac,
la silhouette des bâtiments formant le coeur de l'autre
Genève, celle qui porte haut les couleurs de la communauté
internationale. Tout au long des colonnes publiées au cours de l'été sur Genève et ses institutions, le lecteur aura pu mesurer combien Genève est riche d'une histoire et de personnalités d'ici et d'ailleurs tant politiques qu'économiques juridiques ou culturelles, qui ont fait d'elle ce lieu, cette cité d'immigration, de refuge, en quelque sorte ce résumé des nations cher à Denis de Rougement ou Robert de Traz. Ce dernier rappelait d'ailleurs dans son essai sur l'Esprit de Genève qu'"en trois occasions principales - la Réforme, Rousseau, la Croix-Rouge -, Genève a débordé sur le monde". Mais, poursuivait-il, "le monde a constamment reflué sur Genève". L'histoire de Genève et celle de ses institutions démontre plus que toute autre, que la prospérité de la République a été étroitement liée à celle de la région qui l'entoure. Très tôt, Genève s'est, dans l'histoire, résolument engagée au profit d'une solidarité concrète avec le monde. Genève comptait, au moment de l'Escalade de 1602, une population d'environ 13'000 habitants. Elle avait accueilli entre 1549 et 1560 plus de 5'000 nouveaux immigrés. Genève, une ville carrefourGenève a aussi très rapidement perçu le fait qu'elle ne pouvait pas vivre isolée, mais qu'elle se trouvait insérée dans un environnement qui, dès les anciens traités de combourgeoisie puis, plus encore dès la Restauration de décembre 1813, s'est appelé la Suisse, puis l'Europe. Au bénéfice d'une situation géographique privilégiée, Genève était déjà une ville carrefour dès la période romaine. Quelques siècles plus tard, ce seront les foires de Genève qui constitueront une plaque tournante européenne tant en ce qui concerne l'échange des marchandises que les transactions financières, notamment avec l'établissement à Genève de la banque florentine des Médicis en 1424. Au cours du Moyen Age, Genève doit à son implantation géographique une fréquentation internationale avant la lettre. Les marchands de toute l'Europe y affluent et véhiculent déjà cet esprit d'ouverture qui caractérise Genève aujourd'hui. "La science qui s'écarte de la justice doit être
qualifiée d'habileté plutôt que de sagesse"
disait Théodore de Bèze, premier recteur de l'Académie,
le 5 juin 1559. Les Genevois ont laissé des traces profondes
dans la culture européenne et mondiale. Aujourd'hui,
nos sociétés évoluent vers une économie
immatérielle stimulée par l'explosion des technologies
nouvelles et Théodore de Bèze, s'il pouvait revenir
parmi nous, constaterait que l'avenir appartient pour une bonne
part à celles et ceux qui ont acquis la maîtrise
des réseaux de communication et adaptés leurs compétences
dans ces domaines. L'adhésion de la Suisse à la Société des NationsCette société mondiale de l'information en devenir porte non seulement sur la maîtrise des nouvelles technologies, mais encore sur la compréhension plus vaste de notre temps, sur la diffusion des cultures et celle des idées. Elle porte en elle les germes d'un futur en perpétuel mouvement. Elle nous interroge aussi, nourrissant les doutes des uns et les espoirs des autres. Une manifestation de l'envergure de TELECOM constitue, par exemple, un événement irremplaçable, permettant de confronter les points de vue, de promouvoir la connaissance et de réfléchir ensemble sur les enjeux des télécommunications de l'avenir. Dans un monde à la recherche de repères, il est heureux que l'atmosphère de Genève continue, plus encore que par le passé, son uvre dans le cadre des grands forums internationaux, Genève pouvant alors jouer pleinement son rôle de "laboratoire de l'esprit" au service d'une société plus équitable, en un mot, plus humaine. C'était déjà le cas en 1920, alors que le corps électoral s'exprimait à 84% de manière positive en faveur de l'adhésion de la Suisse à la Société des Nations dont la première assemblée générale s'ouvrait le 15 novembre 1920. Promouvoir une société plus toléranteCe fut encore le cas le 5 juin 1998 lorsque le Palais Wilson fut remis à l'Organisation des Nations Unies en présence des autorités cantonales, fédérales et diplomatiques. Siège du Haut-commissariat des droits de l'homme, c'est des bords de notre rade que sont lancées les opérations concrètes visant à aider et à sauver. Visant aussi à aller au-delà des frontières et des égoïsmes pour promouvoir les idéaux d'une société plus tolérante. Sachons nous en souvenir à l'heure où après avoir été partenaire de l'ONU au cours des 50 dernières années, notre pays s'apprête à se déterminer l'an prochain sur sa place réelle au sein de la communauté internationale. Il importe que nous soyons membre à part entière des Nations Unies en occupant une place conforme à notre tradition et à nos idéaux, au sein de l'Assemblée générale de l'ONU. Monsieur Kofi Annan, Secrétaire général de l'ONU, rappelait en 1999 dans un message adressé à la communauté internationale établie à Genève que "quel que soit le pays où nous sommes nés, c'est le même coeur qui bat dans nos poitrines". C'est tout l'Esprit de Genève qui est résumé en cette belle phrase. Robert Hensler, Chancelier d'Etat, août 2001. | |||||