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2002, LINSTALLATION DE LA COUR PENALE INTERNATIONALE
__Mary Robinson: un cadre pénal universel pour mettre un terme à l'impunité des atteintes les plus odieuses au droit international
Mary Robinson, haut commissaire des Nations unies aux
droits de l'homme, a fait le 11 avril 2002, à Genève,
une déclaration à l'occasion du dépôt
du 60e instrument de ratification du Statut de Rome de
la Cour pénale internationale, qui marque l'entrée
en vigueur du statut. |
La haut commissaire a rappelé que le 17 juillet 1998,
la communauté internationale était parvenue à
un tournant de son histoire quand 120 Etats avaient voté
l'adoption du Statut de Rome de la Cour pénale internationale.
Aujourd'hui, a-t-elle poursuivi, avec le dépôt du
60e instrument de ratification du Statut, la communauté
internationale a atteint un autre tournant, puisqu'un tribunal
pénal international deviendra bientôt une réalité.
Un cadre pénal universel a été adopté
pour mettre un terme à l'impunité des atteintes
les plus odieuses au droit international perpétrées
aussi bien par les Etats que par les acteurs non étatiques.
Les tribunaux établis pour l'ex-Yougoslavie
et le Rwanda ont envoyé un message sans équivoque,
affirmant que lorsque l'ordre juridique national a été
démantelé ou quand les autorités nationales
ne veulent ou ne peuvent punir les violations flagrantes des droits
de l'homme et du droit international humanitaire, il est du devoir
de la communauté internationale de réagir. Avec
l'entrée en vigueur du Statut de Rome, la communauté
internationale a accepté cette responsabilité de
manière permanente.
Une juridiction universelle pour les crimes internationaux graves
Mary Robinson s'est déclarée d'accord avec ceux
pour qui la création de la Cour pénale internationale
est une étape capitale dans l'élaboration du principe
d'une juridiction universelle pour les crimes internationaux graves.
En outre, la Cour a des caractéristiques uniques parmi
les institutions internationales, étant le fruit d'un formidable
partenariat entre diverses parties prenantes: des gouvernements,
des organisations internationales régionales et mondiales,
les tribunaux pénaux internationaux ad hoc, des experts
nationaux et internationaux individuels, et la communauté
mondiale des ONG.
Elle a également souhaité que la création
de la Cour pénale internationale encourage les Etats à
s'acquitter avec plus de diligence de leurs obligations fondamentales
et, le cas échéant, à lancer des enquêtes
et des poursuites pour crimes internationaux dans leurs systèmes
judiciaires nationaux.
Les dispositions du statut de Rome
L'importance des dispositions du Statut de Rome pour les victimes
des infractions aux droits de l'homme, pour les défenseurs
des droits de l'homme et pour les agents des institutions humanitaires,
qui se trouvent parfois en première ligne des violations
couvertes par les Etats, est considérable, a-t-elle souligné.
La Cour pénale internationale aura à élaborer
des directives qui font cruellement défaut pour les autorités
nationales et les juridictions internes dans l'application du
droit international humanitaire et des instruments internationaux
relatifs aux droits de l'homme.
En conclusion, Mary Robinson a rappelé que la lutte
contre l'impunité ne saurait être entreprise et ne
pourra être gagnée que si tous les membres de la
communauté des nations s'y associent.
Sources: Nations unies, Genève, 11 avril 2002.
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