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Le président soudanais accusé de crime de génocide

Les Ong. Un "pas significatif" vers la fin de l'impunité au Darfour

Le Monde. Solidarité africaine

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La requête du procureur [ 260 ko]
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COUR PENALE INTERNATIONALE, JUILLET 2008 | LA SITUATION AU SOUDAN-DARFOUR
__Solidarite africaine, un éditorial du "Monde"
Après le Zimbabwe, le Soudan. A quelques semaines d'intervalle, deux dirigeants africains mis en cause sur la scène internationale pour des crises, et des crimes, qui frappent en premier lieu leurs populations appellent leurs pairs à leur secours, constate le quotidien Le Monde, dans son éditorial du 15 juiullet 2008.
Robert Mugabe, le président zimbabwéen, a pu compter sur la solidarité continentale, au sein de plusieurs organisations, notamment l'Union africaine (UA), pour se protéger. Mais des voix africaines discordantes, lassées de son entêtement à se maintenir au pouvoir à tout prix, fût-ce en ruinant son pays, commencent à émerger. […]
Omar Al-Bachir, son homologue soudanais, est le premier président en exercice mis en cause par la Cour pénale internationale (CPI). Il l'est sur la base d'accusations présentées […] par le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, pour son rôle dans la tragédie du Darfour. […]
Le président Al-Bachir compte sur des réflexes d'autodéfense pour que l'UA et la Ligue arabe s'emploient à torpiller une éventuelle action de la CPI. Les premiers résultats sont déjà visibles. Hisham Youssef, chef du bureau du secrétaire général de la Ligue arabe, a enjoint la CPI de "ne pas politiser" son action et de ne pas s'immiscer dans les affaires intérieures soudanaises, contestant ainsi la légitimité de la juridiction, désignée en filigrane comme le bras judiciaire des pays occidentaux. Une réunion de la direction de l'UA s'est conclue, elle, par un communiqué rappelant "la préoccupation de l'UA face à la mise en accusation abusive de dirigeants africains".
Pourtant, tous savent à quel point Omar Al-Bachir est coupable. La dignité serait pour la Ligue comme pour l'UA de se désolidariser de ceux qui humilient et martyrisent l'Afrique et le monde arabe. Le Monde, Paris, 15 juillet 2008.
CHRONOLOGIE | 25 JANVIER 2005. Une commission d'enquête, mandatée par le Conseil de sécurité des Nations unies, estime que des crimes contre l'humanité sont commis au Darfour et dresse une liste de 51 responsables.
31 MARS. Le Conseil de sécurité saisit le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) sur les crimes commis au Darfour. Le président soudanais Ahmad Al-Bachir affirme qu'il ne livrera aucun Soudanais à "une cour étrangère".
1ER JUIN. Le procureur de la CPI ouvre une enquête sur le Darfour pour les crimes commis depuis le 1er juillet 2002.
14 JUIN 2006. Le procureur informe le Conseil de sécurité des problèmes de protection des témoins et de sécurité. Il précise que ses enquêtes sont conduites hors du Darfour.
27 FÉVRIER 2007. Le procureur demande aux juges d'assigner ou de délivrer des mandats d'arrêt à l'encontre d'Ahmad Muhammad Harun, ancien ministre de l'intérieur du gouvernement soudanais, et d'Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman, l'un des commandants des milices "janjawid" alliées aux forces gouvernementales.

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