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CPI, LA HAYE, MARS 2006 / LA SITUATION EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
__Le chef de milice congolais Thomas Lubanga remis à la Cour pénale
| Un premier prisonnier, le chef de milice congolais Thomas
Lubanga Dylo, a été remis, le 17 mars
2006, à la Cour pénale internationale de La
Haye. Cette mesure donne date aux débuts de cette instance
créée pour réprimer les crimes de guerre
et les crimes contre l'humanité. Thomas Lubanga Diyo, 45
ans, était incarcéré depuis mars 2005 à
Kinshasa. |
"Pendant 100 ans, une cour internationale était
un rêve, à présent c'est une réalité",
a déclaré le procureur Luis Moreno-Ocampo.
Thomas Lubanga Dylo, chef d'une milice de République
démocratique du Congo (RDC), est soupçonné
de crimes de guerre (pour l'"enrôlement" et la
"conscription d'enfants de moins de quinze ans", contraints
de "participer activement" à des hostilités)
et d'avoir commandité des massacres suivant des critères
ethniques en Ituri fin 2002 et début 2003, des crimes sur
lesquels la CPI enquête depuis juin 2004.
Selon le procureur, il aurait créé les Forces
Patriotiques pour la Libération du Congo (FPLC) comme "aile
militaire de l'UPC (Union des patriotes congolais)" et en
était le commandant en chef.
HRW : la fin de l'impunité au Congo
Pour l'organisation Human Rights Watch (HRW), le transfert
de Thomas Lubanga à La Haye constitue "un
premier pas bienvenu vers la fin de l'impunité au Congo.
Mais il est nécessaire de faire plus", ajoute l'organisation
de défense des droits de l'homme dans un communiqué.
"En plus des abus commis par l'UPC, de graves violations
des droits humains ont été commises par d'autres
groupes, dont le Front nationaliste et intégrationniste
(FNI), une milice dirigée par Floribert Njabu".
"Il est vital que Thomas Lubanga, Floribert Njabu et d'autres
qui ont commis des crimes dans ce conflit mortel soient tenus
pour responsables et traduits en justice", poursuit le texte.
Rappelant que l'Ituri était devenu pendant la dernière
guerre sur le sol congolais (1998-2003) "un champ de bataille
entre les gouvernements de l'Ouganda, du Rwanda et de la RDC",
HRW appelle le procureur de la CPI à "mener une enquête
sur ceux qui ont armé et aidé les groupes de milices
opérant en Ituri, y compris des acteurs clés au
pouvoir à Kinshasa, Kampala et Kigali".
LE COMMUNIQUE DE LA CPI
Le 17 mars 2006, M. Thomas LUBANGA DYILO, de
nationalité congolaise, fondateur et dirigeant présumé
de l'Union des patriotes congolais (UPC), a été
arrêté et remis à la Cour pénale internationale,
à Kinshasa, dans le cadre de la procédure judiciaire
prévue au Statut de Rome ("le Statut"). M.
Thomas Lubanga doit répondre de crimes de guerre visés
à l'article 8 du Statut, commis sur le territoire de la
République démocratique du Congo depuis juillet
2002.
La Chambre préliminaire I a délivré, sous
scellé, un mandat d'arrêt contre M. Lubanga le 10
février 2006. La Chambre préliminaire a conclu qu'il
y avait des motifs raisonnables de croire que M. Lubanga a commis
des crimes de guerre consistant en l'enrôlement, la conscription
d'enfants de moins de quinze ans et à faire participer
activement des enfants de moins de quinze ans à des hostilités.
Elle a demandé à la République démocratique
du Congo de l'arrêter et de le remettre à la Cour.
Le Greffier a procédé à la notification de
la décision aux autorités congolaises le 14 mars
2006, conformément aux instructions de la Chambre préliminaire.
Le 17 mars 2006, la Chambre préliminaire I a levé
les scellés dont faisait l'objet le mandat d'arrêt
contre M. Thomas Lubanga.
Comme le prévoit l'article 59 du Statut, M. Lubanga
a comparu devant l'autorité judiciaire compétente
à Kinshasa. Les autorités congolaises ont coopéré
avec la Cour dans l'esprit du Statut en exécutant de façon
diligente la demande de celle-ci. Aux fins de l'exécution
de la décision de la Chambre préliminaire I, le
Gouvernement français a répondu favorablement à
une demande de coopération de la Cour en mettant à
sa disposition un avion militaire pour procéder au transport
de M. Lubanga. La MONUC a également apporté son
soutien à l'opération.
M. Lubanga est la première personne arrêtée
et remise à la Cour pénale internationale depuis
l'entrée en vigueur du Statut en juillet 2002. Le Procureur
de la Cour a commencé à enquêter en République
démocratique du Congo en 2004, après le renvoi à
la Cour de la situation dans ce pays par le Gouvernement congolais.
La Cour a délivré ses premiers mandats d'arrêt en juillet 2005 dans la situation en Ouganda.
Ces mandats visaient cinq responsables de l'Armée de résistance
du Seigneur. Des enquêtes sont également en cours
en ce qui concerne la situation du Darfour qui a été
déférée au Procureur de la CPI par le Conseil
de sécurité de l'Organisation des Nations unies
le 31 mars 2005.
Source : CPI, La Haye, mars 2006.
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