
 |
MARS-JUIN 2003 / LINSTALLATION DE LA COUR PENALE INTERNATIONALE
__La Cour est devenue une réalité", avec ses 18 juges, un Procureur et un siège
18 juges, 11 hommes et 7 femmes
Affirmant que "l'humanité a attendu très
longtemps ce moment", le secrétaire général
des Nations unies, Kofi Annan, a salué le 11
mars 2003, à La Haye, aux Pays-Bas, l'inauguration
de la Cour pénale internationale (CPI), premier
tribunal permanent chargé de juger les auteurs de génocide,
crimes contre l'humanité et crimes de guerre quelle que
soit leur nationalité. La Cour est l'un des instruments
juridiques les plus importants depuis la fin de la Seconde Guerre
mondiale. A ce jour [juin 2003], 90 pays ont ratifié
les Statuts de Rome, du nom du traité fondateur de la Cour,
soit un peu moins de la moitié du nombre d'Etats que comptent
les Nations unies. |
 |
|
|
L'intervention de Kofi Annan. Photo Onu.
|
|
Avec cette inauguration, qui s'est déroulée en
la présence de la Reine Béatrice des Pays-Bas, la
Cour pénale internationale a pris véritablement
corps avec la prestation de serment de ses 18 juges,
qui ont élu à la présidence de la
Cour le Canadien Philippe Kirsch. Parmi les 18 juges qui
ont prêté serment, on compte notamment les anciens
présidents des Tribunaux pénaux internationaux (TPIY)
pour l'ex-Yougoslavie et pour le Rwanda, le Français Claude
Jorda et la Sud-Africaine Navanethem Pillay.
Le nouveau président Philippe Kirsch a salué
"la fin d'une longue période de diplomatie et le début
d'une justice permanente". Il a rappelé que l'institution
est "indépendante, neutre et impartiale", avant
de souligner l'existence d'"interdépendances"
avec la communauté internationale.
Le 16 juin 2003, l'Argentin Luis Moreno-Ocampo
a été officiellement investi dans ses fonctions
de premier Procureur de la Cour, donnant un coup d'envoi effectif
au Tribunal. Philippe Kirsch a souligné le caractère
"historique" de cette investiture, dernière étape
dans la longue marche vers l'établissement d'une justice
internationale, qui avait commencé par les procès
de Nuremberg et Tokyo, à la fin de la deuxième guerre
mondiale. "La Cour pénale internationale a cessé
d'être une inspiration. Elle est devenue une réalité",
avec ses 18 juges, un Procureur et un siège, a-t-il souligné.
La juridiction de la Cour n'est pas rétroactive
L'arrivée des 18 magistrats et la nomination d'un procureur
marquent un pas important pour ce tribunal international, entré
en vigueur le 1er juillet 2002, en dépit de la vive opposition
des Etats-Unis.
La Cour exercera sa juridiction uniquement les crimes commis
après le 1er juillet 2002, date depuis laquelle elle peut
exercer sa compétence, si les Etats échouent à
rendre justice eux-mêmes. Comme les tribunaux pour l'ex-Yougoslavie
et le Rwanda, elle devra compter sur la coopération des
Etats pour mener ses enquêtes et arrêter les suspects.
Il revient à son premier Procureur d'examiner les plaintes
déjà reçues par la Cour, et dont certaines
concernent des dirigeants politiques africains. Les premiers procès
ne devraient pas avoir lieu avant fin 2004.
Source : Nations unies, New York, mars, avril et juin
2003.
|