JUILLET 2002, LA NAISSANCE DE LA COUR PENALE INTERNATIONALE __Le premier tribunal pénal international permanent à compétence universelle
La Cour pénale internationale est le premier
tribunal international permanent en mesure de juger des personnes
accusées de crimes comme les génocides, les crimes
contre l'humanité ou les crimes de guerre. "Un chaînon
manquant dans le système judiciaire international est maintenant
en place, a déclaré Kofi Annan, secrétaire
général des Nations unies. "Depuis longtemps
nous avions la Cour internationale de justice, qui s'occupe des
différends entre Etats, mais jusqu'à présent
nous n'avions pas de tribunal international permanent pouvant
juger des individus". Il a ajouté : "Un coup
décisif vient d'être porté à l'impunité". De nombreux pays dont le Canada et la France se sont félicités de l'établissement de la CPI, le Conseil de l'Europe y voyant notamment "un événement d'une portée à la fois historique et mondiale". C'est la première fois qu'une Cour internationale est dotée d'une compétence universelle et sans limites dans le temps pour juger les criminels de guerre, les auteurs de génocide et de crimes contre l'humanité. La nouvelle cour est appelée en effet à remplacer les tribunaux internationaux d'exception, actuellement ceux compétents pour les crimes commis en ex-Yougoslavie (TPIY à La Haye) et pour le génocide au Rwanda (PPIR à Arusha, Tanzanie). Juger les crimes de génocide, les crimes contre l'humanité et les crimes de guerreDepuis sa fondation, l'Organisation des Nations unies a examiné la possibilité de créer une cour pénale internationale permanente. C'est en effet en 1948, dans le sillage des procès de Nuremberg et de Tokyo, que l'Assemblée générale des Nations unies a reconnu pour la première fois la nécessité d'un tel tribunal. Après des années de négociations, une Conférence diplomatique s'est tenue, du 15 juin au 17 juillet 1998, à Rome. Elle a abouti à l'adoption d'un traité amenant la création d'une nouvelle cour placée sous l'égide des Nations unies. Le statut de la Cour a été adopté à l'issue d'un vote, le 17 juillet 1998, avec 120 voix pour, 7 voix contre (dont les Etats-Unis, la Libye, l'Irak et la Chine) et 21 abstentions. Le traité de Rome, acte fondateur de la Cour, a été signé jusqu'à présent par 139 Etats. La Cour pourra être saisie par un EtatLa Cour pénale internationale de La Haye sera compétente pour juger les auteurs présumés de crimes de génocide, crimes contre l'humanité, crimes de guerre ou crimes d'agression, parmi lesquels des supérieurs ou des commandants militaires. Elle pourra être saisie par un Etat signataire du traité, le Conseil de sécurité des Nations unies ou le procureur chargé de recueillir les témoignages et les informations. La Cour pourra exercer sa compétence pour autant que l'Etat sur le territoire duquel l'acte ou que l'Etat dont le suspect est ressortissant, soit partie au statut ou ait accepté la compétence de la Cour. Le procureur pourra engager des poursuites motu proprio [de sa propre initiative]. La Cour a un effet prospectif et non rétroactif. La Cour pénale internationale n'a pas pour but de se substituer aux tribunaux nationaux : elle est censée exercer sa compétence uniquement lorsque l'Etat ne veut pas ou n'est vraiment pas en mesure d'engager des poursuites. C'est toujours aux Etats qu'il incombera en premier de poursuivre les suspects de crime de guerre devant leurs propres tribunaux. Source : Nations unies, New York, avril et juillet 2002.
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