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LA HAYE, 23 JUIN 2004 / LES ETATS-UNIS ET LA CPI
__Les Etats-Unis retirent leur demande d'exemption devant la CPI
Les Etats-Unis ont retiré, le 23 juin 2004,
leur demande d'un renouvellement de l'exemption pour leurs ressortissants
devant la Cour pénale internationale (CPI), auquel est
opposée une majorité des membres du Conseil de sécurité
des Nations unies. La demande américaine s'est heurté
aux réticences d'une majorité des 15 membres du
Conseil, provoquées par les révélations et
enquêtes sur les sévices et tortures subis par des
détenus irakiens aux mains des forces américaines. |
L'Espagne, l'Allemagne, la Chine et la France avaient indiqué
qu'ils s'abstiendraient. Le seul pays à avoir annoncé
qu'il voterait pour l'exemption réclamée par les
Etats-Unis était la Grande-Bretagne. La Russie était
généralement considérée comme devant
voter "pour", de même que les Philippines, l'Angola
et le Pakistan.
Les Etats-Unis avaient obtenu à deux reprises, en 2002
et en 2003, que leurs ressortissants, civils et militaires, soient,
pour un an, exempts de poursuites devant la Cour dans le cadre
des missions de maintien de la paix des Nations unies. Le 17 juin
2004, Kofi Annan avait fermement pris position contre l'exemption
réclamée par les Etats-Unis. "Je pense qu'il
serait malheureux de réclamer une telle exemption, au regard
du mauvais traitement des prisonniers en Irak", avait-t-il
déclaré, ajoutant "qu'en ces circonstances,
il serait peu sage de réclamer une telle exemption, et
qu'il serait encore moins sage de la part du Conseil de sécurité
de l'accorder".
Le secrétaire général des Nations unies
avait notamment fait valoir qu'une telle exemption "discréditerait
le Conseil et les Nations unies qui défendent l'Etat de
droit et la primauté du droit".
La position américaine
"Les Etats-Unis ont décidé ne pas maintenir
la soumission de leur projet pour l'instant afin d'éviter
un débat long et divisé", a déclaré
à la presse, à l'issue de consultations du Conseil
de sécurité, le représentant des Etats-Unis
auprès des Nations unies, James Cunningham, soulignant
que leur projet répondait aux préoccupations de
tous, mais que, tous les membres du Conseil n'étaient pas
d'accord.
Le représentant américain a réitéré
la position des Etats-Unis, qui réfute la compétence
de la Cour pénale internationale aux ressortissants d'Etats
qui ne sont pas partie au Statut de Rome, son texte constitutif.
"Cette objection n'a rien à voir avec le jugement
des individus qui ont commis des crimes odieux, notamment des
crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, chose
que les Etats-Unis soutiennent fermement", a observé
James Cunningham, qui a cité des questions relatives à
la "compétence, à une procédure équitable,
à la politisation et à la responsabilité".
La fin de l'exemption en cours le 30 juin ne signifie cependant
pas que les ressortissants américains puissent être
un jour traduits devant la CPI.
Source : Nations unies, New York, 23 juin 2004.
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