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JUILLET 2002, LINSTALLATION DE LA COUR PENALE INTERNATIONALE
__Le Conseil de sécurité suspend pour un an la compétence de la Cour pénale internationale à poursuivre en justice le personnel des missions de maintien des Nations unies
A l'unanimité, le Conseil de sécurité a adopté, le 12 juillet 2002, une résolution [1422] qui assure, pour un an renouvelable, l'immunité devant la Cour pénale internationale (CPI) à tous les personnels - Casques bleus ou autres - des pays contribuant à des opérations de paix des Nations unies, mais n'ayant pas signé le traité de Rome qui a créé la CPI, sauf s'il en décide autrement.
Le 27 juin 2002, devant le Conseil, les Etats-Unis avaient demandé l'immunité systématique et perpétuelle de poursuite devant la CPI de tout citoyen d'un pays n'ayant pas signé le traité de Rome participant à une opération de maintien de la paix. Considérant comme "illégitime" toute éventuelle détention d'un ressortissant américain par la CPI, ils avaient menacé de s'opposer au renouvellement des opérations de maintien de paix des Nations unies à travers le monde, au fur et à mesure de l'expiration de leur mandat, s'ils n'obtenaient pas pour leurs ressortissants une protection jugée par eux suffisante.
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La résolution, adoptée dans le cadre du Chapitre VII de la Charte des Nations unies qui prévoit l'utilisation de la force, demande à la CPI, dont le Statut est entré en vigueur le 1er juillet 2002, de n'entreprendre aucune enquête ou action judiciaire pendant une période d'un an a partir du 1er juillet 2002 contre le personnel des opérations de maintien de la paix de l'ONU. Cette immunité, aux termes de la résolution, est accordée pour une durée d'un an, mais le Conseil "exprime l'intention de renouveler, dans les mêmes conditions, aussi longtemps que cela sera nécessaire [
], le 1er juillet de chaque année, pour une nouvelle période de12 mois".
"Un monde réel dans lequel les Etats-Unis font la loi"
"Cette décision de compromis a été
saluée par les Etats-Unis, qui l'ont instigué, mais
aussi par la France et la Grande-Bretagne, écrit le quotidien
Le Monde, dans son édition du 14 juillet 2002. Elle
a été rejetée par les activistes des droits
de l'homme. "Dans un monde idéal, nous n'aurions jamais
dû voter une telle résolution sur un traité
international, commente un ambassadeur membre du Conseil, mais
nous sommes dans un monde réel dans lequel les Etats-Unis
font la loi, et nous avons été obligés de
faire des concessions."
"Concessions aussi, et surtout, de la part de Washington
qui, au départ, avait exigé l'immunité préventive,
générale et permanente mais qui, face à l'opposition
ouverte et énergique d'une grande majorité des Etats-membres,
a dû se contenter d'une immunité limitée à
un an "si le cas se présente" et "à
moins que le Conseil de sécurité n'en décide
autrement".
Suivant sa décision de suspendre pour un an la compétence
de la CPI à traduire en justice le personnel des opérations
de maintien de la paix, le Conseil de sécurité a
prorogé les mandats des Missions des Nations unies en Bosnie-Herzégovine
(MINUBH) et dans la péninsule de Prevlaka. Le mandat
de la MINUBH a été prorogé jusqu'au 31 décembre
2002, date a laquelle lui succédera une Mission de police de l'Union européenne (UE).
LA RESOLUTION DU CONSEIL DE SECURITE
Voici le texte de la résolution 1422 adoptée
par le Conseil de sécurité des Nations unies
sur le statut des personnels participant à des missions
de paix face à la Cour pénale internationale:
Le Conseil de sécurité,
Prenant acte de l'entrée en vigueur, le 1er juillet
2002, du Statut de la Cour pénale internationale, fait
à Rome le 17 juillet 1998 (le Statut de Rome),
Soulignant l'importance que revêtent les opérations
des Nations Unies pour la paix et la sécurité internationales,
Notant que tous les Etats ne sont pas parties au Statut
de Rome,
Notant que les Etats parties au Statut de Rome ont choisi
d'accepter la compétence de la Cour conformément
au Statut et en particulier au principe de complémentarité,
Notant que les Etats qui ne sont pas parties au Statut
de Rome continueront de s'acquitter de leurs responsabilités
devant leurs juridictions nationales en ce qui concerne les crimes
internationaux,
Considérant que les opérations établies
ou autorisées par le Conseil de sécurité
de l'Organisation des Nations Unies ont pour mission de maintenir
ou de rétablir la paix et la sécurité internationales,
Considérant en outre qu'il est dans l'intérêt
de la paix et de la sécurité internationales de
faire en sorte que les Etats Membres soient en mesure de concourir
aux opérations décidées ou autorisées
par le Conseil de sécurité,
Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations
unies,
1. Demande, conformément à l'article
16 du Statut de Rome, que, s'il survenait une affaire concernant
des responsables ou des personnels en activité ou d'anciens
responsables ou personnels d'un Etat contributeur qui n'est pas
partie au Statut de Rome à raison d'actes ou d'omissions
liés à des opérations établies ou
autorisées par l'Organisation des Nations Unies, la Cour
pénale internationale, pendant une période de 12
mois commençant le 1er juillet 2002, n'engage ni ne mène
aucune enquête ou aucune poursuite, sauf si le Conseil de
sécurité en décide autrement;
2. Exprime l'intention de renouveler, dans les mêmes
conditions, aussi longtemps que cela sera nécessaire la
demande visée au paragraphe 1, le 1er juillet de chaque
année, pour une nouvelle période de12 mois;
3. Décide que les Etats Membres ne prendront
aucune mesure qui ne soit pas conforme à la demande visée
au paragraphe 1 et à leurs obligations internationales;
4. Décide de rester saisi de la question.
Source : Nations unies, New York, 12 juillet 2002.
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