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JUSTICE INTERNATIONALE, 2008 | TRIBUNAL SPECIAL POUR LA SIERRA LEONE __La Haye : le procès de l'ex-président libérien Charles Taylor a repris en janvier 2008
Charles Taylor avait boycotté l'ouverture de son procès, en juin 2007, et renvoyé son avocat en réclamant plus de moyens financiers pour assurer sa défense. Le procès a été de report en report. Le 20 août, il avait été ajourné jusqu'au 7 janvier 2008 pour laisser aux nouveaux avocats de Charles Taylor le temps de se préparer. L’ex-président libérien avait en effet refusé de comparaître devant ses juges, à l’ouverture de son procès, le 4 juin : il avait dénoncé, dans une lettre lue par son avocat, le Britannique Karim Khan, l'inégalité des moyens entre l'accusation et la défense. "J'en suis arrivé à la conclusion que je ne bénéficierai pas d'un procès équitable devant le Tribunal spécial à ce stade et je dois refuser d'assister aux audiences". "Je ne peux pas participer à cette comédie qui est injuste pour le peuple du Liberia et pour le peuple de Sierra Leone," avait-t-il poursuivi, avant d'ajouter qu'il n'avait "qu'un avocat pour [se] représenter contre neuf pour l'équipe de l'accusation". Il avait aussitôt récusé son avocat. Un procès historique Charles Taylor est le premier chef d'Etat africain jugé par un tribunal international. "Ce procès a une signification historique parce qu'il traite de crimes graves commis par un ancien chef d'Etat", avait souligné, en juin 2007, le procureur du TSSL, Stephen Rapp. Arrêté fin mars 2006, transféré à La Haye le 20 juin 2006, l’ex-président libérien est accusé d'être l'un des instigateurs des guerres civiles qui ont fait environ 500’000 morts au Liberia et en Sierra Leone entre 1989 et 2003. C'est pour ses crimes dans ce dernier pays qu’il comparaît devant le TSSL. Selon l'acte d'accusation, Charles Taylor, qui plaide non coupable, contrôlait des rebelles en Sierra Leone qui ont tué et mutilé des milliers de civils, contraint des femmes à l'esclavage sexuel et recruté ou forcé des enfants à s'enrôler comme soldats. Il est "visé par onze chefs d’inculpation de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et d’autres graves violations du droit international humanitaire dont meurtre de masse, mutilations, viol, esclavage sexuel et recours aux enfants soldats". Le conflit, qui a fait près de 200’000 morts, a permis à Charles Taylor de développer un trafic de diamants et d'autres ressources naturelles de la Sierra Leone. L’ex-président libérien avait plaidé "non coupable" à l’issue de sa première audience devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone, le 3 avril 2006, à Freetown, quelques jours après son arrestation au Nigeria. Selon ses avocats, il n'est qu'un acteur mineur du conflit, pour avoir soutenu le Front révolutionnaire uni (RUF) et le Conseil des forces armées révolutionnaires (AFRC), des groupes révolutionnaires sierra léonais.
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