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__Le "Livre noir de Saddam Hussein", un ouvrage collectif
"La première arme de destruction massive de lIrak, cétait Saddam Hussein"
Saddam Hussein, c'est 35 ans de dictature, plus de 1
million de morts civils et 2 millions de victimes. Réalisé
et dirigé par les plus grands spécialistes - chercheurs,
journalistes, historiens, juristes - de l'Irak, Le Livre noir
de Saddam Hussein propose, à l'heure du procès
de l'ex-dictacteur, de faire le bilan des crimes contre l'humanité
retenus contre Saddam Hussein et les hommes de son parti. Il s'agit
là d'un ouvrage de références qui dresse
le bilan de 35 ans de dictature. Un ouvrage de référence
pour mieux comprendre ce qui se joue aujourd'hui dans cette partie
du monde.
Cet ouvrage de 700 pages est dirigé par Chris Kutschera,
écrivain et journaliste sensibilisé à la
question kurde depuis plus de 30 ans et auteur de livres de référence
sur le sujet.
L'ancien ministre socialiste Bernard Kouchner, qui a travaillé
en 1974 dans le Kurdistan irakien avec Médecins sans frontières,
dont il est l'un des fondateurs, estime que "Saddam fut l'un
des pires tyrans de l'Histoire du monde", et qu'il "était
urgent et nécessaire de s'en débarrasser".
Le président d'honneur de la FIDH (Fédération
internationale des droits de l'homme), Patrick Baudouin, souligne
que la politique de Saddam Hussein comporte des "crimes de
guerre", "crimes contre l'humanité" et "génocide",
et évoque aussi les "déplacements forcés"
de population en Irak même, ainsi que les "tortures"
des opposants.
La "campagne d'Anfal" contre les Kurdes, début
1988 qui, selon M. Kutschera a fait entre 100 et 180'000 morts
et disparus, le bombardement d'Halabja à l'arme chimique
- 5.000 morts - mais aussi "la disparition de 8'000 Barzani",
de la famille du général Moulla Moustafa Barzani,
dirigeant historique des Kurdes irakiens sont longuement évoqués.
De longs passages sont consacrés aux "déportations",
notamment de kurdes chiites et d'Irakiens d'origine iranienne
en 1980 et à la "répression chiite".
Shariar Khateri, médecin iranien, spécialiste
des armes chimiques décrit les "effets des gaz neurotoxiques
et du gaz moutarde" sur les Iraniens pendant la guerre Iran-Irak
(1908-1988).
Les auteurs, en particulier André Poupart, professeur
de droit à l'Université de Montréal estiment
que Saddam Hussein, en instance de jugement, et détenu
depuis décembre 2003 par les Américains doit être
"jugé par les Irakiens".
"Le Livre noir de Saddam Hussein", ouvrage
collectif dirigé par Chris Kutschera, 704 p., Oh! Editions,
Paris, septembre 2005, 29,90 euros).
[Dirigé par l'un des plus éminents spécialistes
du Moyen-Orient et des Kurdes, le journaliste et écrivain
Chris Kutschera qui a publié de nombreux articles
dans le Nouvel Observateur, le Monde Diplomatique, Les Cahiers
de l'Orient, Al Wasat et The Middle East magazine et écrit
plusieurs ouvrages dont l'ouvrage de référence en
français sur les Kurdes; Le Mouvement National Kurde, Paris,
Flammarion 1979; Le défi Kurde, ou le rêve fou de
l'indépendance, Paris, Bayard, 1997; Le Kurdistan, guide
littéraire, Lausanne, Favre, 1998.
Co-écrit par une vingtaine de spécialistes internationaux
de l'Irak, Leszek Balcerowicz, Patrick Baudouin, Hamit Bozarslan,
Françoise Brie, Faleh Jabar, Sahib al Hakim, Zuhair al
Jezairy, Shariar Khateri, Chris Kutschera, Ibrahim al Marashi,
Emma Nicholson, André Poupart, Jens-Uwe Rahe, Jonathan
Randal, Mohammed al Rumaihi, Hazem Saghieh, Tareq Ali Saleh, Khaled
Salih, Antoine Sfeir, Peter Sluglett, Oles Smolansky, Singe Caren
Stoyke, Sami Zubaida.]
Les crimes de Saddam. Deux ans et demi après la
chute de Saddam Hussein, alors que le procès de l'ancien
président devant un tribunal spécial est annoncé
pour les prochains mois, ce Livre noir de Saddam Hussein
est une somme fort utile. Préfacé par Bernard
Kouchner, l'une des rares personnalités à avoir
apporté un bémol à l'unanimisme français
contre la guerre en Irak, cet ouvrage collectif réunissant
journalistes, chercheurs et diverses personnalités irakiennes
décortique les trente-cinq ans de règne de celui
que les auteurs qualifient de "première arme de destruction
massive" de son pays. Il accorde une large place à
la répression que le régime baassiste a fait subir
à son peuple, particulièrement aux chiites et aux
Kurdes qui tentent aujourd'hui d'imposer leurs vues à la
minorité sunnite. Insistant sur les crimes de guerre commis
contre les Iraniens ou les Koweïtiens, les auteurs n'épargnent
pas la communauté internationale, en consacrant un chapitre
à l'épineuse question des soutiens notamment
français dont a bénéficié l'ancien
dictateur. V.S. Le Nouvel Observateur, 1er septembre 2005.
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