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Vingt-deux historiens, politologues et sociologues se sont penchés sur la question de la réminiscence des mouvements d'extrême droite en Europe.
Soixante ans après la défaite du nazisme allemand et du fascisme italien, un demi-siècle après la mort de Staline, la pensée totalitaire et les pratiques qu'elle induit hantent-elles toujours l'Europe ? Pourquoi nos sociétés opposent-elles tant d'obstacles à un travail d'histoire et de mémoire des totalitarismes européens ? Pourquoi la pensée totalitaire, fondée essentiellement sur l'idéologie révolutionnaire et l'utopie, continue-t-elle de trouver bon accueil dans nos sociétés démocratiques ? C'est à toutes ces questions qu'une équipe de vingt-deux historiens, sociologues et politologues venus de toute l'Europe consacre sa réflexion, dans cet ouvrage qui poursuit une recherche déjà engagée dans Quand tombe la nuit - Origines et émergence des régimes totalitaires en Europe, 1900-1934 (L'Age d'homme, 2002) et Une si longue nuit - L'apogée des régimes totalitaires en Europe, 1935-1953 (Editions du Rocher, 2003) [Présentation de l'éditeur].
En novembre 1997, Stéphane Courtois et ses collaborateurs publient "Le Livre Noir du Communisme" qui dresse un bilan catastrophique de l'application de l'idéologie marxiste à travers le monde. Cet ouvrage a provoqué l'émoi d'une partie de l'intelligentsia de la gauche française. Depuis la publication de cet ouvrage, Stéphane Courtois a élargi ses recherches à l'ensemble des totalitarismes. Le jour se lève : l'héritage du totalitarisme en Europe, 1953-2005, sous la direction de Stéphane Courtois. Editions du Rocher, 494 pp., janvier 2006, 22 euros.
On l'aura compris, Le jour se lève s'intéresse presque exclusivement à la prégnance du communisme drapé dans l'altermondialisme ou paré de nouvelles radicalités. Et ne devrait pas laisser de marbre sympathisants de gauche et militants d'extrême gauche. Les auteurs estiment que le nazisme et le fascisme, "condamnés sur le plan moral, juridique et politique", sont largement "délégitimés par les démocraties". [ ] La vingtaine de chercheurs ici rassemblés dissèquent l'idéologie sans frontière : cet "héritage bolchevique" dont "certains de ces éléments constituants ont été recyclés, plus particulièrement l'idéologie et l'utopie, désormais dégagées d'une histoire sur laquelle nombre de chercheurs et militants refusent de se pencher", écrit Yolène Dilas-Rocherieux dans un article décapant sur les traces de la pensée totalitaire dans la gauche radicale actuelle, "hypercritique et indécise du point de vue doctrinal". Qui a pris une "dimension fourre-tout" pour "célébrer le retour de l'utopie". Arnaud Vaulerin, quotidien Libération, Paris, 2 mai 2006. |