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XXIe siècle
"Pour un monde sans mines"



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APPEL DE GENEVE
[Geneva Call]

Mars 2000. Associer les mouvements armés au Traité d'Otawa
L'Acte d'Engagement
Les appuis politiques

CE QU'EST L'APPEL

Historique et mission
L'Appel en bref

DECLARATIONS [2001]

Elisabeth Decrey Warner, présidente de l'Appel
Robert Hensler, chancelier de l'Etat de Genève [2001]

Logo appel de GenèveOctobre 2001, l’Appel de Genève

__Robert Hensler, Etat de Genève: ”Genève a une mission à remplir qui consiste avant tout à maintenir et à développer ce climat tant propice à la négociation et à la réflexion”


R. HenslerAllocution de Robert Hensler, Chancelier de l'Etat de Genève, en octobre 2001, à Genève, lors de l'engagement public du Mouvement de libération du Sud Soudan (Soudan People Liberation Army, SPLA) à renoncer à l'usage des mines dans sa lutte armée

Au nom du Gouvernement de la République et canton de Genève, j'ai le plaisir et l'honneur de souhaiter la bienvenue à Genève, carrefour de la concertation internationale aux représentants du mouvement de libération du Sud Soudan. Depuis des siècles, le nom de notre ville et canton est intimement lié à la défense d'idéaux et de principes qui ont pour nom humanisme, paix et démocratie.

Cette vocation de paix est ancienne. C'est en 1830 que Jean-Jacques de Sellon, citoyen de la ville, y fonde la première organisation internationale de l'histoire du monde, "la Société universelle de la paix", qui devait réunir dans l'esprit de son créateur tous les chefs d'Etat du monde civilisé.

Très ancrée dans l'histoire humanitaire, Genève n'a jamais cessé de s'adapter au travers des siècles à la réalité internationale. Cet esprit de Genève illustre en effet la capacité de notre canton à s'adapter en s'imposant aux autres par son innovation et la valeur ajoutée de ses idées. Par les temps qui courent, il est bon de le rappeler. A l'usage de la force militaire, notre petite république a toujours préféré les échanges et la négociation et a acquis ainsi cette image de ville de paix. Au cours de son histoire, en trois occasions principales, la réforme, la Croix-Rouge et l'ONU, Genève a débordé sur le monde, mais le monde a constamment reflué sur elle. Aujourd'hui, l'un des obstacles les plus redoutables et effroyables au retour à la paix est sans aucun doute l'utilisation des mines antipersonnel.Haut de page

Les succès enregistrés avec l'adhésion des Etats au traité d'Ottawa ne suffisent pas

Chaque jour, les mines antipersonnel tuent ou mutilent des centaines de personnes dans le monde, et ce même bien après que les conflits aient cessé. Les mines sont incapables de reconnaître leur cible, c'est pourquoi elles touchent en grande majorité des civils innocents : femmes, hommes et fréquemment des enfants. Les effets des mines sont particulièrement cruels pour ces derniers, souvent grièvement blessés en raison de leur petite taille qui les place plus près du point de l'explosion.

En décembre 1997, 123 pays ont signé le traité d'Ottawa. Ce traité qui, comme vous le savez, interdit la mise au point, la production, le stockage, le transfert et l'emploi des mines antipersonnel. Ce n'est toutefois pas encore suffisant. Il faut qu'un plus grand nombre de pays signent le traité d'Ottawa et que ceux qui l'ont déjà signé le ratifient, afin qu'il fasse partie du droit international. C'est en tout cas le voeu du Gouvernement que je représente ici. Tant qu'il restera des mines, l'action menée contre ces engins se poursuivra.

Face à l'ampleur du fléau, et surtout aux changements intervenus dans la structure des conflits, les succès enregistrés avec l'adhésion des Etats au traité d'Ottawa ne suffisent pas. En effet, ce traité, comme l'ensemble des traités internationaux, ne peut être signé que par les Etats. Or, la plupart des conflits actuels sont des conflits internes qui mettent en jeu des acteurs non-étatiques, des groupes d'opposition, ou des groupes rebelles armés. Combattre les violations des droits de l'homme est l'affaire de tous. A cet égard, il convient de dépasser le stade des professions de foi. Le combat sur le terrain ne peut être que permanent. Et ces actions doivent dépasser les frontières et les égoïsmes.

C'est ce défi que l'Appel de Genève s'est proposé de relever. Un nombre croissant de groupes reconnaît le besoin de discuter le problème des mines. Certains de ces groupes, comme la présence du Mouvement de libération du Sud Soudan en témoigne, s'engagent publiquement à bannir l'utilisation de ces armes. Nous sommes aujourd'hui en présence de représentants officiels du Soudan et des dissidents entourés des Autorités fédérale et cantonale pour défendre ensemble une cause noble et s'engager dans ce sens.

L'Appel de Genève offre une occasion nouvelle de déborder sur le monde.

Dans un livre publié en 1917 et intitulé "L'âme de Genève observée par une Française", Marie-Anne Cochet, réfugiée dans notre cité pendant la Première Guerre mondiale, a parlé de cette Genève qui "donne généreusement, inlassablement, mais qui ne se donne jamais".

Là réside le défi : nous devons apprendre à nous donner davantage, au sens du don de soi, et à concilier la générosité du coeur à celle de l'argent. Genève a une mission à remplir - le terme n'est pas trop fort - qui consiste avant tout à maintenir et à développer ce climat tant propice à la négociation et à la réflexion.

Dans cette stratégie et à cet édifice, Genève, cité symbole de la solidarité internationale, entend apporter sa contribution. Elle est fière d'être le dépositaire et le gardien, par sa Chancellerie d'Etat, de ces engagements à bannir l'usage des mines antipersonnel, guidée par le seul but de se mettre au service d'un monde avec plus de paix et d'humanité.

Robert Hensler, Chancelier d'EtatHaut de page