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XXIe siècle
"Pour un monde sans mines"



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__Le rapport 2000 de la Campagne internationale contre les mines
Des progrès significatifs obtenus dans la lutte contre les mines


Dans un rapport publié le 7 septembre 2000 dans une vingtaine de pays, la "Campagne internationale contre les mines" (ICBL) a publié un rapport faisant un "état des lieux" de la situation actuelle. L'organisation se félicite des avancées considérables de la lutte pour l'éradication des mines antipersonnel mais condamne l'utilisation continue de ces armes par onze gouvernements et de nombreux groupes rebelles.

Rapport 2000"Nous sommes en passe de gagner la guerre contre les mines antipersonnel", souligne Jody Williams, co-lauréat du Prix Nobel de la Paix 1997. "Si des mines continuent d'être posées et de faire beaucoup trop de victimes, la Campagne pour interdire les mines et le traité d'interdiction bénéficient d'un impact indéniable sur la scène internationale. En effet, le nombre d'utilisateurs, de producteurs et d'exportateurs de mines antipersonnel a diminué, de même que celui des victimes. En parallèle, la quantité de mines détruites est en progression constante et l'étendue des zones déminées et de nouveau productives augmente".

Optimisme tempéré par le fait que les grands Etats, en particulier trois membres du Conseil de sécurité des Nations unies, les Etats-Unis, la Russie et la Chine, restent hostiles au traité Ces trois derniers pays détiennent les stocks de mines les plus importants : 110 millions en Chine, 60 à 70 millions en Russie (et 10 à 15 millions en Biélorussie), 11 millions aux Etats-Unis. Parmi les Etats non signataires, figurent également Israël, l'Inde et le Pakistan.

Le rapport "Vers un monde sans mines"

Le Rapport 2000 de l'ICBL : "Vers un monde sans mines" ("Landmine monitor report 2000") fournit des informations détaillées sur l'utilisation, la production, le commerce et le stockage de mines ainsi que sur le déminage et l'assistance aux victimes dans l'ensemble des pays du monde depuis l'entrée en vigueur du traité d'interdiction des mines en mars 1999 jusqu'au milieu de l'année en cours. Haut de page

L'organisation note que des progrès significatifs ont été enregistrés dans la lutte contre les mines : ratification de la Convention par plus d'une centaine de pays; réduction sensible de l'utilisation et baisse de la production; ralentissement du commerce; destruction systématique des stocks dans une cinquantaine de pays; progression du déminage et diminution du nombre des victimes, par exemple en Afghanistan et au Cambodge.

En revanche, le rapport note que 88 pays sont aujourd'hui concernés par la dissémination des mines sur leur sol et que des campagnes d'aide soit au déminage, soit aux victimes, n'existent que dans 41 pays. Plus grave : depuis mars 1999, date de l'entrée en vigueur de la convention, des mines antipersonnel ont été à nouveau utilisées dans une vingtaine de conflits par 11 gouvernements et plus de trente groupes rebelles, classés sous le nom "d'acteurs non étatiques".

L'utilisation continue ou probable de mines par trois pays signataires de la Convention

"La Tchéchénie, les Philippines et le Cachemire sont cités, indique le journal "Le Monde" (9.09.2000), comme la Birmanie et le Sri Lanka où gouvernements et insurgés s'en servent. La République démocratique du Congo, l'Angola, le Burundi et le Soudan, l'Ouganda et la Somalie sont également épinglés, de même que la Colombie ou encore le Népal, ces derniers pour usage par les rebelles".

Le rapport mentionne en effet "l'utilisation continue" de mines par l'Angola, signataire du Traité d'Otawa, ainsi que "l'utilisation probable" de mines par le Burundi et le Soudan, également signataires du traité. Si ces trois pays n'ont pas encore ratifié le document, ils sont toutefois, en qualité de signataires, susceptibles d'être jugés pour violation d'une norme de droit international.

"Le gouvernement angolais a reconnu l'usage de mines contre l'UNITA (mouvement d'opposition armé dirigé par Jonas Savimbi) qui y a également recours", a expliqué Steven Goose, de l'organisation Human Rights Watch (HRW) , coordonnatrice du rapport. L'Ethiopie, qui a également signé la Convention sans y avoir adhéré, est soupçonnée d'avoir posé des mines dans sa récente guerre avec l'Erythrée. Le rapport s'inquiète aussi des "allégations répétées" d'usage de ces engins dans le conflit en République démocratique du Congo par plusieurs groupes armés, y compris par les armées du Rwanda - pays signataire -, de l'Ouganda et du Zimbabwe, deux pays ayant ratifié la Convention. Haut de page

Enfin, selon le rapport, l'opposition armée afghane "Alliance du nord", Israël et des "acteurs non étatiques" au sud-Liban, le gouvernement et dix groupes rebelles de Birmanie, le Pakistan et les militants armés au Cachemire, des groupes rebelles philippins comme celui d'Abu Sayaf, le gouvernement et les Tigres tamouls au Sri Lanka, certains rebelles ou factions en Somalie, au Sénégal, en Ouganda, en Colombie, au Népal, en Géorgie, ont eu probablement recours depuis mars 1999 à ces mines.

21 pays ont détruit l'ensemble de leur stock de mines

"Toute utilisation de mines est condamnable", a déclaré Elizabeth Bernstein, coordinatrice de la Campagne internationale, "mais il est particulièrement regrettable que l'Angola, ainsi que probablement le Burundi et le Soudan, continuent de poser des mines alors qu'ils ont signé la Convention. L'attitude de la Russie et de la Yougoslavie est également particulièrement condamnable dans la mesure où leurs forces armées sont responsables de l'utilisation la plus élevée de mines antipersonnel depuis mars 1999".

Le rapport fait également état de la destruction de plus de 22 millions de mines antipersonnel, dont 10 millions depuis mars 1999, d'une augmentation des ressources consacrées à l'action contre les mines ainsi que d'une extension de l'ensemble des services de réadaptation des victimes de mines.

21 pays (Afrique du Sud, Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Bosnie, Cambodge, Canada, Danemark, France, Guatemala, Hongrie, , Luxembourg, Mali, Namibie, Norvège, Nouvelle Zélande, Philippines, Royaume-Uni, Salvador et Suisse) ont déclaré avoir détruit l'ensemble de leurs stocks de mines.

icbl.orgEn 1992, six organisations non gouvernementales (ONG) lancent une Campagne internationale destinée à faire pression sur les Etats afin d'obtenir une interdiction des mines antipersonnel. La coordination regroupe aujourd'hui plus de 1200 ONG.

Après des périodes difficiles et des échecs dans ne nombreuses négociations avec les nations unies, la Campagne internationale obtient, les 3 et 4 décembre 1997, la signature par 122 pays d'une Convention interdisant les mines antipersonnel. Quelques jours plus tard, la Campagne et sa coordinatrice, Jody Williams, reçoivent le Prix Nobel de la paix 1997.Haut de page

Rapport 2000 "Vers un monde sans mines" disponible à l'adresse: www.icbl.org/lm
Campagne suisse contre les mines antipersonnel : www.stopmines.ch