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__1960 La fondation dAmnesty International
| Il pleut sur Londres, ce matin de novembre 1960 quand Peter Benenson, un avocat britannique spécialiste du droit international, âgé d'une quarantaine d'années, se rend à son bureau en métro. Dans le Daily Telegraph, il tombe sur une brève signalant la condamnation de deux étudiants portugais à sept ans de prison pour avoir porté un toast à la liberté dans un restaurant de Lisbonne. |
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Le numéro de The Observer, mai 1961
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Cet article le choque. Ni une ni deux, il descend à la station suivante et se rend à l'ambassade du Portugal pour protester contre la dictature de Salazar. Il réalise rapidement la vanité de sa démarche. Homme de foi, catholique convaincu et défenseur des droits de l'Homme, l'avocat se réfugie dans l'église Saint-Martin-in-the-Fields. Il prie, réfléchit et se dit que la seule manière de faire bouger les choses est de lancer un large mouvement international qui adopterait les prisonniers d'opinion. Avec quelques avocats londoniens, il fonde une organisation baptisée "Justice". Les bases d'Amnesty International sont posées.
Le 28 mai 1961, dans un article publié en première page dans The Observer, Peter Benenson écrit : "Il ne se passe pas de jours sans que, en ouvrant son journal, on apprenne qu'un homme, quelque part dans le monde, a été jeté en prison, torturé ou exécuté, parce que ses opinions ou sa religion déplaisent à son gouvernement...". Sous le titre "prisonniers oubliés", il cite le cas du poète Agostino Neto traité avec une "brutalité révoltante" par la police politique angolaise; traqué jusque dans sa maison, frappé sous les yeux de ses proches, emmené. Il cite encore le cas de Constentin Noica; philosophe, roumain, condamné à 25 ans de réclusion pour "propagande hostile". L'un et l'autre n'ont commis d'autre crime que d'avoir dit ce qu'ils pensaient être juste. L'article est aussitôt repris dans Le Monde, The New York Post, Die Welt, Le journal de Genève En quelques semaines, des milliers de lettres de soutien parviennent.
Une "action humanitaire impartiale et concrète"
A l'entreprise de Peter Benenson s'associent dès le premier jour l'Irlandais Sean Mac Bride et l'Anglais Eric Baker. Ce dernier, membre de la communauté Quakers est chargé en 1958 par la Société des amis d'une enquête à Chypre. Il y rencontre Peter Benenson qui assiste des prisonniers politiques devant les tribunaux d'exception. Le troisième larron, Sean Mac Bride est un juriste international, ancien militant de la cause de l'indépendance irlandaise. Il fut ministre des Affaires étrangères de la jeune république d'Irlande et l'un des premiers membres de la Cour européenne des droits de l'homme. Il présidera le Comité exécutif international d'Amnesty jusqu'en 1974, année où il est nommé Commissaire des Nations unies pour la Namibie.
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Peter Benenson
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Sean Mac Bride
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Erik Baker ( et Louis Bloom-Cooper)
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Sean Mac Bride reçut le prix Nobel de la paix en 1974, trois ans avant que cette distinction ne soit décernée à l'organisation qu'il avait contribué à fonder et dont le jury d'Oslo saluait "l'action humanitaire impartiale et concrète".
Source : Benoît Guillou, "La Chronique - mai 2001, numéro spécial 40ème anniversaire", Amnesty International, Paris, 2001.
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